Cité de Sorèze et l’exposition « Garde à vous » – Avis + Ok Marielle

Lieu : Sorèze (81450)

jusqu’au 27 décembre 2026

Présentation officielle

En 2026, la Cité de Sorèze invitera les visiteurs à plonger au cœur de l’École royale militaire fondée par le roi Louis XVI et le comte de Saint-Germain. Cette exposition immersive dévoilera le quotidien des cadets-gentilshommes à travers des documents d’archives, des objets emblématiques et des créations contemporaines.

Destinée à des élèves âgés de 8 à 16 ans, l’École sera présentée « à hauteur d’enfant » grâce aux illustrations de Julie Eugène, dessinatrice jeunesse, et aux scènes Playmobil imaginées par Vincent Rousseau (Playmo du Sud). Une manière vivante et accessible de redécouvrir cet univers historique exceptionnel.

Avis de Hiro

L’école de Sorèze a une longue histoire. Avant même qu’elle n’obtienne le titre d’école royale militaire par décret de Louis XVI en 1776, l’éducation des gentilshommes y était déjà essentielle. C’est grâce à cette réputation de qualité et de rigueur que l’école a pu rester ouverte jusqu’en 1991. Certes, son statut a évolué : le collège est passé d’école royale militaire à établissement privé, mais jamais la qualité de son enseignement n’a été abandonnée.

La Cité de Sorèze met en lumière les 250 ans de cette nomination en tant qu’école royale militaire et l’arrivée de 50 cadets-gentilshommes à travers l’exposition temporaire Garde à vous. Suite à une heureuse coïncidence, il apparaît qu’un ancêtre de Dom Robert, Louis de Chaunac Lanzac, a intégré l’établissement à la fin du XVIIIe siècle, permettant ainsi au visiteur de suivre sa scolarité.

De manière générale, l’exposition permanente permet de découvrir les différents lieux emblématiques de l’école de Sorèze. On pénètre dans l’établissement en passant par la Grande Cour (la Cour des Rouges), réservée autrefois aux élèves les plus âgés. On y remarque de nombreux noms gravés dans la pierre : une tradition des élèves pour marquer leur passage. Cet accès donne sur l’auditorium – ancien théâtre à l’italienne construit entre 1793 et 1796 – où l’on peut découvrir un mini-film d’environ deux minutes consacré à l’évolution architecturale du site. Ce court métrage est aussi fascinant qu’impressionnant : les transformations s’enchaînent rapidement et montrent à quel point le lieu a pris de l’ampleur au fil des années.

Au cours de la visite, on découvre également plusieurs maquettes Playmobil mettant en scène la vie quotidienne des élèves. Certes, elles ne constituent pas des reproductions parfaitement fidèles, mais petits et grands prendront plaisir à examiner chacune de ces scènes disséminées dans l’exposition.

On nous permet ensuite d’aller voir la salle des pas perdus1 et à l’impressionnante salle des Illustres, où sont exposés différents bustes d’anciens élèves. Cette pièce a connu plusieurs usages au fil du temps : d’abord salle de récréation couverte et chauffée, elle fut ensuite transformée en salle des fêtes sous la direction du Père Lacordaire.

Depuis la salle des pas perdus, on aperçoit également la chapelle, qui séparait physiquement la « Cour des Jaunes » de la « Cour des Bleus ». Néanmoins, celle-ci ne se visite pas en raison de la fragilité de ses fondations. L’exposition temporaire et le jardin donnent eux aussi sur cette vaste salle, tout comme les escaliers menant au premier étage. Là-haut, on découvre la chambre et le bureau du Père Lacordaire, des cellules individuelles d’élèves ainsi qu’une salle de classe.

Du côté de l’exposition temporaire, on sent tout le travail de recherche accompli. Une reconstitution parfaitement exacte reste impossible en raison du manque d’informations concernant cette période. Toutefois, les indices disponibles sont nombreux et permettent de reconstituer le quotidien de Louis de Chaunac Lauzac2 eet de ses camarades. Celui-ci est illustré par seize dessins de Julie Eugène, retraçant le parcours de Louis depuis son arrivée à l’école jusqu’à l’obtention de son diplôme.

De grands panneaux expliquent également le coût d’une telle scolarité ainsi que le fonctionnement du système éducatif de l’époque. Plusieurs objets anciens jalonnent le parcours, accompagnés de documents rédigés par les élèves et d’autres œuvres d’art.

On apprend également que, malgré l’appellation « école militaire », c’est surtout une éducation spécifique qui était recherchée. Si certains élèves sont effectivement devenus militaires, ce ne fut pas le cas de tous. Un passage à Sorèze garantissait avant tout un statut ouvrant l’accès à de hautes fonctions dans des domaines variés.

La visite se termine par le jardin, lui aussi agréable et ludique. Des jeux y sont installés un peu partout — oui, il est même possible de reproduire différents nœuds ! — et les visiteurs sont invités à toucher, essayer, observer. On peut également y découvrir un petit cabinet de curiosités ainsi que l’ancienne piscine des élèves3. De nombreux arbres attirent aussi l’attention grâce à la diversité des espèces présentes dans le parc, dont certaines particulièrement inhabituelles.

C’est dans une petite salle de classe qu’ont lieu les activités créatives proposées par la Cité de Sorèze. En ce moment, elles sont en lien avec l’exposition et permettent notamment de créer des personnages Playmobil. Si l’activité vous intéresse, il faut penser à réserver un créneau en supplément.

La Cité de Sorèze est une découverte à la fois ludique, passionnante et enrichissante. Mieux vaut prévoir suffisamment de temps pour profiter pleinement de la visite, tant il y a de choses à découvrir.


Fiche technique

Adresse : 1, rue Saint-Martin – 81540 Sorèze
Horaires : tous les jours de 10H à 12H30 puis de 14H à 18H
Fermeture : 1er mai, 24 et 25 décembre
Tél. : 05 63 50 86 38
Tarif : 9 € (pour la partie Abbaye-Ecole, ses jardins et le Musée Dom Robert)
Plus d’informations sur le site de la Cité de Sorèze

Focus sur la Cité de Sorèze

Focus sur l’exposition temporaire Garde à vous

  1. Seul endroit où les élèves des différents niveaux pouvaient se croiser à la fin du 19e siècle, car chaque niveau avait son propre espace. ↩︎
  2. Ancêtre de Dom Robert ↩︎
  3. Interdiction d’y faire une petite plonge ↩︎