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La graine et le mulet - Avis +
Onirik -> Cinéma -> Critiques -> Dernière mise à jour : le lundi 24 décembre 2007.

Après La faute à Voltaire et L’esquive (couvert de César), Abdellatif Kechiche nous enchante avec son dernier long-métrage, La graine et le mulet, dédié à son père. Le film est d’une richesse humaine prodigieuse.

film français d’Abdellatif Kechiche (2007)

Résumé

Sur le port de Sète, Slimane (Habib Boufares), la soixantaine, s’épuise sur les chantiers navales. Il n’est plus rentable. On le licencie sans vergogne avec une maigre indemnité. C’est alors qu’il va réaliser son rêve : créer un restaurant sur le port, dans un des vieux rafiots qu’il achète. La famille, d’abord hostile, va finir par se solidariser pour réaliser son projet, mais le plus fort soutien, il le trouvera auprès de Rym (Hafsia Herzi), la fille de sa logeuse avec qui il a une relation amoureuse.

Avis de Luc

Le titre du film, La graine et le mulet, a deux significations. C’est d’abord les deux personnages principaux, la graine étant la nouvelle génération incarnée par une jeune actrice prodigieuse, Hafsia Herz, qui lui donne toute son énergie, le mulet étant l’ancienne génération, celle du père du réalisateur, incarné par un vieux maçon à la retraite, Habib Boufares (ami de son père), et qui porte en lui toutes les souffrances du monde, humilié dans son travail, mais qui relève la tête en réalisant son rêve : monter un restaurant. Il n’est pas aidé par ses fils, qui voudraient le voir rentrer au bled en Tunisie, lui pour qui la France est son véritable pays ! Heureusement, il trouve l’énergie pour réaliser son projet grâce à sa belle-fille Rym (Hafsia Herzi).

L’autre signification du titre, c’est le couscous (la graine) accompagné du mulet (le poisson), que sa première femme, Souad (Bouraouia Marzouk) confectionne avec amour. C’est ce plat, unique, qu’il voudrait proposer dans son futur restaurant, pour leur faire partager son affection.

La scène centrale du film est en effet le couscous dominical qui réunit toute la famille. Ca parle dans tous les sens, en un jaillissement de chaleur humaine proche des comédies italiennes qui ont ravi notre jeunesse. Quelques mots en arabes par un des comédiens des Deschien provoque l’hilarité. On rit en effet beaucoup alors que le fond de l’histoire n’est pas drôle du tout.

Le film prend son temps pour nous faire entrer dans la peau de tous les personnages de cette famille foisonnante qui explose de chaleur humaine et dont l’énergie vient des femmes (tout comme dans le précédent film d’Abdellatif Kechiche, L’esquive).

Alors, quand la fin du film approche, on est tellement pris dans l’intimité de tous les personnages qui ont un coeur et une vie intense, on ne peut qu’être pris par la transe finale. On pleure de joie, de bonheur et de tristesse à la fin, tragique, rappelant le néo-réalisme de Vittorio de Scica dans Le voleur de bicyclette).

Un film qui vous prend aux tripes, 2H30 de chaleur humaine bouleversante, filmée au plus près des personnages, à la manière de John Casavettes.

Du beau, du grand cinéma, très justement primé à Venise (Grand prix du jury et Prix pour la jeune actrice Hafsia Herzi), et qui vient de recevoir le prestigieux Prix Louis Delluc le jour de sa sortie.

Magnifique !

Il ne nous reste plus qu’à déguster du couscous poisson en écoutant de la musique orientale sur le port de Sète.

Fiche technique

Genre : comédie dramatique

Durée : 150 minutes

Sortie en salle : 12 décembre 2007

Avec Habib Boufares, Hafsia Herzi, Sabrina Ouazani, Farida Benkhetache, Mohamed Benabdeslem, Alice Houri, Abdelhamid Aktouche, Bouraouia Marzouk, Abelkader Djeloulli et Leila D’Issernio

L'auteur Luc
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