Aubusson : flânons dans la vielle ville – Avis +

Lieu : Aubusson (23200)

Aubusson est une ville d’environ 3 000 habitants qui connaît un nouvel élan depuis l’inscription, en 2009, du savoir-faire de la tapisserie d’Aubusson au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Ce savoir-faire possède un lien historique fort avec la ville : les premières traces remontent au XIVe siècle et seraient liées à l’arrivée de tisserands venus de Flandre. La ville est ainsi riche en manufactures à visiter, en ateliers indépendants à découvrir, en galeries et en musées.

Lors de notre passage, une bonne demi-journée permet tout d’abord de parcourir le centre de la vieille ville, d’admirer les anciennes maisons et de pousser les portes des commerces de la rue principale, comme la jolie librairie de la Licorne, l’Atelier A2, ou encore une boulangerie pour déguster un gâteau creusois artisanal à la noisette.

Une randonnée de 8,5 km est proposée par l’Office de tourisme d’Aubusson : Aubusson et sa vallée. Mais notre sens de l’orientation a été mis à mal ! Cela reste néanmoins un objectif pour une prochaine visite de la ville.

Dans un premier temps, on peut se diriger vers les vestiges du château d’Aubusson, détruit en 1632 sur ordre de Richelieu. Il n’en reste aujourd’hui qu’une petite tourelle brisée et quelques pans de mur. Il est d’ailleurs dit que les pierres du château détruit auraient été utilisées pour renforcer des ponts. On trouve également, là-haut, une coupe de la flamme olympique de 1992.

Le point de vue permet d’observer la vallée depuis les hauteurs et de profiter d’un paysage particulièrement verdoyant. Le chemin principal qui descend vers le centre-ville passe ensuite devant l’église Sainte-Croix, qui peut également se visiter en quelques minutes.

De là, on peut se diriger vers la Tour de l’Horloge, qui se trouve de l’autre côté de la vieille ville, elle aussi en hauteur. Il est possible d’emprunter les axes principaux pour la rejoindre, mais on peut également prendre les dédales d’escaliers qui permettent une traversée plus directe de la ville. Attention : les montées comme les descentes sont pentues et font sérieusement travailler cuisses et mollets !

Depuis la Tour de l’Horloge, on profite ainsi du point de vue inverse. Si seule une minuscule parcelle des ruines du château reste visible, l’église précédemment mentionnée apparaît entièrement, ainsi que le bâtiment singulier de l’hôtel de ville. Dans le fond, on peut également apercevoir la Cité internationale de la tapisserie.

Outre l’architecture et les vieilles pierres — profitez également de la placette devant l’office de tourisme, elle est superbe —, on peut découvrir, à différents endroits du centre-ville, de magnifiques fresques murales.

Lors de notre passage, le musée de la Maison de la tapisserie était exceptionnellement fermé, mais nous avons pu participer à une visite guidée de l’Atelier-musée des cartons de tapisserie d’Aubusson. Les deux établissements apportent de précieuses connaissances sur la tapisserie d’Aubusson. Si vous cherchez à voir une lissière en action, c’est du côté de la Maison de la tapisserie qu’il faudra vous tourner ; pour admirer de nombreux cartons de différentes époques, c’est à l’Atelier-musée des cartons qu’il faudra aller.

On pénètre dans le Musée des cartons de tapisserie par la boutique de l’établissement. Dès l’entrée, les rouleaux de papier tapissent les murs, de nombreux fils de laine sont également visibles, ainsi que de petits morceaux de tapisseries. On a l’impression de se trouver dans une petite maison chaleureuse où l’on voudrait tout toucher. On garde néanmoins ses mains dans ses poches, les photographies étant également interdites.

La visite se fait en plusieurs parties et permet de retracer l’histoire de la région et d’Aubusson. On y apprend notamment que l’eau de la Creuse possède une acidité favorable à la fixation des couleurs sur la laine, qu’au début le nombre de couleurs utilisées était très limité et que le rouge était une teinture particulièrement chère.

S’ensuivent de nombreuses explications sur les différentes évolutions de la tapisserie, mais également sur l’évolution technique du carton. Le carton est la base — un dessin réalisé sur papier — sur laquelle le lissier va ensuite s’appuyer pour effectuer son travail. Initialement considéré comme un simple outil de travail, le carton est devenu, selon les artistes à l’œuvre, un véritable objet d’art à part entière.

En plus des explications sur l’évolution du carton de tapisserie, on nous informe également sur les différents métiers liés à ce savoir-faire. Des termes techniques sont utilisés et chaque information passionne, tant le travail semble minutieux et pointu. On change également de pièce plusieurs fois afin que l’agent puisse présenter les évolutions des thèmes des tapisseries, ainsi que différentes techniques utilisées par les artisans.

Nous avons également profité de notre passage pour faire un petit tour dans la salle de conférence, où avait lieu l’exposition du 29e Salon d’ArtAproart1 Renouveau à Aubusson du 28 juillet au 10 septembre 2026. De nombreux artistes étaient exposés : du tableau – peint, dessiné ou réalisé avec des travaux d’aiguille – aux statuettes, on se plonge dans plusieurs univers contemporains et fascinants, qui donnent envie d’en découvrir davantage.


  1. Association Aproart ↩︎
  2. salle de conférences – La Passerelle – ouvert tous les jours de 14H à 18H en entrée libre ↩︎