
Lieu : Sorèze
à partir du 21 mars 2026
Présentation officielle
Le Musée Dom Robert et de la tapisserie du XXe siècle inaugure pour 3 ans son nouvel accrochage.
Prairies animées est une ode à la nature pleine de vie. Ce n’est pas seulement un champ verdoyant, un arbre fleuri ou une mare paisible, mais bien le bourdonnement de l’abeille, le battement d’ailes du papillon, le pépiement de l’oiseau, le bondissement du chien, le chat qui se faufile avec souplesse, les ondulations de la rascasse.
Mis à hauteur de ce monde vibrant, le visiteur se prend à chercher le détail dans la tapisserie, se surprend à entendre, se promène, s’enchante. C’est la nature tarnaise de Dom Robert, les forêts creusoises d’Élie Maingonnat, la sérénité bucolique de Gérard Schlosser. C’est aussi la surprenante installation de Carole Chebron C’est pas coton !, véritable forêt de métal, de laine et de coton.
Avis de Hiro
Qui est Dom Robert ? Pour découvrir l’intéressé, on peut se pencher sur l’ouvrage récent Dom Robert. Moine et Artiste de Sophie Guérin-Gasc aux éditions Hazan, voire lire quelques articles sur le site de l’association Dom Robert, mais on peut également se déplacer jusqu’à Sorèze dans le Tarn1, où se niche au sein de l’école militaire le Musée Dom Robert et la tapisserie du XXe siècle !
La scénographie du lieu a été pensée pour s’inscrire parfaitement dans le monument, en rappeler les fondements et la structure. On monte ainsi au deuxième étage (accessible en ascenseur /PMR) et on découvre la vie incroyable d’un artiste aristocrate du nom de Guy de Chaunac-Lanzac. Il a eu son premier cahier de croquis entre les mains très jeune et son père l’a encouragé à se diriger vers les arts décoratifs. Cela l’intéressait moyennement et il préférait aller au Bois de Boulogne dessiner les chevaux.
Au fil des pas, on remonte sa vie qui a débuté en 1907, il passe de garçon à dandy aimant fréquenter les salons et dessiner. Puis, après la Première Guerre mondiale, vient le temps d’un fort regain religieux en France, il tombe sous le charme de l’abbaye d’En Calcat (Tarn) lors d’une visite puis y revient pour entrer dans les ordres en 1930 et où il fait le choix de se faire nommer Robert, devenant par la suite Dom Robert.
Chez les Bénédictins, il suit la voie des moines, même s’il fait des petits programmes, sa part religieuse est également accomplie. Il est même amené à faire un évangéliaire et quelques enluminures.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, sa palette de couleurs s’assombrit et il adopte un style cubiste. C’est après sa démobilisation que, près de la ferme de Palaja (commune dans l’Aude, banlieue de Carcassonne), il aurait entendu le cri d’un paon. Ce son l’aurait attiré et la vue de la ferme aurait alors façonné son style artistique dont on reconnaît si bien la patte.
On visite d’abord chronologiquement l’exposition. On découvre le style unique de Dom Robert, lumineux, à travers l’ensemble de ses œuvres. Il attire le regard et laisse entrevoir beaucoup d’humour. L’accrochage 2024-2026 est dans le thème Prairies animées mettant en avant son bestiaire flamboyant et on ne peut que se passionner par les formes et couleurs de la nature qu’il reproduit dans ses œuvres.
Dès la photographie de portrait qui ouvre l’exposition, où il croque des genêts2, l’artiste ne nous laisse pas simples spectateurs : il nous fait entrer dans ses tableaux. Cette impression se retrouve également dans ses nouvelles œuvres, qui donnent le sentiment d’être immergé en pleine nature.
Cette image des paons de la ferme de Palaja est fascinante et reste dans l’esprit du visiteur. On comprend alors pourquoi Jean Lurçat a également été subjugué, mais lui par une photographie en noir et blanc. Ce dernier cherche des artistes pour la Cité internationale de Tapisserie d’Aubusson. C’est ainsi que Dom Robert apprend l’art d’être cartonnier. Le cartonnier, c’est celui qui dessine à l’envers le dessin qui deviendra une tapisserie. C’est la maquette où les couleurs et le style sont référencés, c’est la feuille de route du lissier. C’est cette forme d’art qui le fera connaître et pour laquelle il consacrera une bonne partie de sa vie.
Dom Robert n’est pas que cela et il y a beaucoup à découvrir sur lui, mais on peut déjà admirer les œuvres exposées. Les tapisseries sont colorées, admirables, et peuvent parfois être vues sous différents angles. En effet, une des pièces est géniale, car elle permet de les voir en prenant de la hauteur (à l’étage), ou de le voir plus traditionnellement d’en bas. Cette exposition a un accrochage qui change tous les trois ans tant il y a d’œuvres de Dom Robert à découvrir, ainsi la prochaine rotation est pour 20273, mais pour l’instant, vous pouvez encore découvrir de nombreuses tapisseries animalières et fleuries, ainsi qu’une avec une représentation humaine de Dieu façonnant Adam (petite note rigolote : il est en charentaise pour modeler le jeune homme.).
S’ensuit alors dans l’exposition la découverte d’un métier à tisser ainsi que des œuvres d’autres artistes tels que Jean Lurçat présentant un New York babylonien ou d’Elie Maingonnat avec le Tiercelet. Les comparaisons permettent de voir les différences de styles et font ressortir l’aspect unique des œuvres de Dom Robert. Mentionnons également que des oeuvres de Caroles Chebron sont disséminées un peu partout dans la Cité de Sorèze.
Si vous passez dans le Tarn, n’hésitez surtout pas à y faire un détour, c’est une extraordinaire découverte à faire, celle d’un homme avec une vie incroyable et passionnante !
Carole Chebron, Cité de Sorèze, Cité Internationale de Tapisserie d’Aubusson, Dom Robert, Jean Lurçat - Environ une heure de Toulouse ↩︎
- La photographie de l’artiste ainsi que les images des tapisseries dans cet article, sont tirées du dossier presse ↩︎
- Jusqu’au 27 décembre 2026 avant le changement ↩︎







Fiche technique
Adresse : 1 rue Saint Martin – 81540 Sorèze
Horaires : tous les jours de 10H à 12H30 puis de 14H à 18H
Fermeture : 1er mai, 24 et 25 décembre
Tél. : 05 63 50 86 38
Tarif : 9 € (pour la partie Abbaye-Ecole, ses jardins et le Musée Dom Robert)
Plus d’informations : site de la Cité de Sorèze