Darkfever – Avis +

Résumé de l’éditeur

MacKayla Lane’s life is good. She has great friends, a decent job, and a car that breaks down only every other week or so. In other words, she’s your perfectly ordinary twenty-first-century woman. Or so she thinks…until something extraordinary happens.

When her sister is murdered, leaving a single clue to her death – a cryptic message on Mac’s cell phone – Mac journeys to Ireland in search of answers. The quest to find her sister’s killer draws her into a shadowy realm where nothing is as it seems, where good and evil wear the same treacherously seductive mask. She is soon faced with an even greater challenge : staying alive long enough to learn how to handle a power she had no idea she possessed – a gift that allows her to see beyond the world of man, into the dangerous realm of the Fae….

As Mac delves deeper into the mystery of her sister’s death, her every move is shadowed by the dark, mysterious Jericho, a man with no past and only mockery for a future. As she begins to close in on the truth, the ruthless Vlane – an alpha Fae who makes sex an addiction for human women – closes in on her. And as the boundary between worlds begins to crumble, Mac’s true mission becomes clear : find the elusive Sinsar Dubh before someone else claims the all-powerful Dark Book – because whoever gets to it first holds nothing less than complete control of the very fabric of both worlds in their hands….

Avis de Callixta

Karen Marie Moning vous avait peut-être séduit avec ses time travels où de rudes et séduisants Highlanders rencontraient des héroïnes contemporaines et démontraient que ces seigneurs du passé pouvaient donner des leçons de séduction aux jeunes d’aujourd’hui. Elle revient avec une série fantasy qui montre une autre face de son talent même si elle reprend un thème qui lui est cher, celui du folklore celte déjà présent dans ses précédents romans. De plus, la série est liée à sa fameuse saga de Highlanders voyageurs du temps. Certains objets recherchés par notre héroïne figuraient déjà dans la précédente saga et elle s’inscrit dans la lignée même si elle est différente.

Darkfever est le roman d’ouverture du cycle et va monter en puissance lentement pour devenir passionnant. Il faut cependant être patient parce que le début semble nous emmener sur une voie déjà bien empruntée. Jugez plutôt. MacKayla Lane est une jeune femme qui a mené une vie tout à fait tranquille et totalement futile en Géorgie lorsque la mort brutale de sa soeur à Dublin bouleverse sa vie et l’oblige à découvrir ce qu’elle est. Le récit est raconté à la première personne et ce premier tome va montrer son évolution vers une sorte de guerrière qui botte le derrière à tous les méchants. C’est tout simplement le principe d’une série paranormale sur deux actuellement : une héroïne qui se découvre des pouvoirs spéciaux et qui va se transformer complètement.

Ajoutons que Karen Marie Moning ne se contente pas de créer une héroïne au départ totalement ordinaire mais en fait une sorte de Barbie évaporée qui, à vingt deux ans, soigne son bronzage consciencieusement, se fait poursuivre par les études plutôt que l’inverse et a des dilemmes cornéliens chaque matin au moment d’assortir son top rose avec le vernis à ongle de ses orteils. L’évolution est évidemment d’autant plus intéressante que Mac n’est pas aussi sotte que sa proverbiale blondeur le laisse supposer et qu’elle va être confrontée à de sérieux chocs mais Karen Marie Moning en fait peut-être un peu trop tout de même ! Si on ajoute que la mise en place d’un monde complexe et riche prend forcément du temps, on a un début un peu banal qu’il faut savoir dépasser.

La seconde partie du roman devient plus intéressante lorsqu’on plonge enfin dans le roman, et qu’elle admet qu’elle n’est certainement pas la banale jeune femme qu’elle croyait être. Mac part à Dublin pour enquêter sur la mort de sa soeur et découvre qu’elle n’a pas été assassinée par un criminel ordinaire. Elle rencontre immédiatement (et par un hasard qui fait décidément fort bien les choses ! ) des personnages très particuliers dont le mystérieux et superbe Jericho Barrons, un libraire qui n’a rien d’ordinaire. Il va jouer un rôle fondamental dans la prise de conscience de Mac. Ce qu’elle apprend a de quoi surprendre puisqu’elle ne serait pas une femme normale et que les humains seraient entourés d’êtres féériques maléfiques et bénéfiques visiblement en train de monter de bien vilains projets. Karen Marie Moning s’inspire ici du monde celte qu’elle connaît bien et parsème son texte d’allusions aux Seelies et Unseelies. C’est passionnant, riche et suffisamment simple pour qu’on entre dedans sans problème. L’auteur a l’habileté de nous faire découvrir tout cela à la vitesse de son héroïne qui note fort obligeamment toutes les définitions dans un petit mémo qui se trouve à la fin du livre.

Le but du roman est simple : Mac doit découvrir qui est derrière la mort de sa soeur mais s’aperçoit rapidement que cela va sans doute la conduire, contre son gré, à s’investir dans une lutte bien plus large et notamment la découverte d’un livre de magie, le Sinsar Duhb. Ce qu’elle est, est d’ailleurs, très utile pour ça. Sa relation avec Barrons va commencer ainsi. Sans que l’on sache exactement pourquoi, il va être une sorte de Pygmalion pour elle. Il la forme, lui apprend ce qu’il sait, comment elle doit se battre et la protège. Leur relation est assez inhabituelle dans un roman de Karen Marie Moning. Ne vous attendez pas à de longues scènes sensuelles entre ces deux personnages. Si il est évident que Barrons va jouer un rôle important dans la série, il n’y a pas (encore ?) d’idylle entre ces deux êtres qui apprennent à se respecter et à se faire peu à peu confiance. Le tome deux nous en révèlera peut-être davantage sur ce point. Mais il pourrait bien y avoir d’autres superbes mâles dans l’entourage de la jolie Mac. Elle a déjà rencontré un membre des Seelies qui possède l’intéressant pouvoir de provoquer un désir sexuel immédiat chez les humains y compris chez notre héroïne !

Le ton du roman ne manque pas d’un certain décalage humoristique. On sourit lorsque Karen Moning se moque gentiment des lectures de son héroïne qui se plonge parfois dans des time travels ou parle de son incompréhension profonde de l’Etre et le Néant de Sartre. Mac a un regard lucide et rafraichissant sur elle-même. Il manque peut-être une vraie et profonde émotion, trop rare, alors qu’elle est confrontée à de très durs moments. Les scènes de violence ne sont pas trop nombreuses contrairement à celles que l’on peut lire chez d’autres auteurs de séries paranormales. Mac nous ménage en disant souvent qu’elle ne décrira pas les horreurs qu’elle voit !

Quand on referme le roman sur une phrase qui ne fait qu’annoncer de plus grands développements, on a bien entendu envie d’ouvrir le second tome déjà paru aux États-Unis et on ne peut qu’admirer le savoir faire de cet auteur qui en employant des recettes déjà bien éprouvées réussit à tirer son épingle du jeu et à accrocher notre intérêt. Il sera bientôt traduit et publié en France sous le titre: Fièvre Noire par J’ai lu. Il n’y a plus qu’à attendre quelques mois !

Fiche Technique

Format : poche
Pages : 384
Editeur : Dell Publishing Company
Sortie : août 2007
Langue : anglais
Prix : 5,43 €