
Editeur : Solleyre Poche
roman de Lydie Tabarin
Présentation de l’éditeur
Dans le néo-royaume d’Etheros, maintenir les apparences est crucial. Les familles de Mora et Rodrigues, qui excellent dans l’art de confectionner du thé grâce au pouvoir qu’elles dissimulent, ne le savent que trop bien. Reconnues et respectées par tout le pays, y compris par le palais royal, les deux boutiques se mènent une guerre acharnée pour déterminer laquelle réalise les meilleures compositions. Héritières de cette rivalité toxique, Isabel de Mora et Andarina Rodrigues n’aspirent qu’à une chose : surpasser l’autre et devenir une confectionneuse de renom. Le quotidien des deux jeunes femmes se corse le jour où la reine meurt empoisonnée par du thé, dans le plus grand secret, et que les regards de la cour entière se tournent vers elles…
Avis de Hiro
Isabel et Andarina ont des familles qui se détestent. Tout d’abord, elles possèdent toutes deux une boutique de thé ayant pignon sur rue, ce qui en fait des concurrentes directes. Ensuite, la famille Rodriguez n’a pas respecté le deuil à la suite du décès de Luca, le grand frère d’Isabel, ce qui constitue une profonde injure. Les deux jeunes femmes étaient auparavant meilleures amies, mais les menaces qui ont pesé sur Luca, puis le drame, ont mis fin à cette entente.
Depuis, elles ne se supportent plus. La rancune est tenace et les piques fusent. Elles font tout pour se croiser le moins possible, jusqu’au jour où les Flamboyants, représentants de la loi au néo-royaume d’Etheros, viennent les chercher toutes les deux. La reine a été empoisonnée en buvant du thé ; elles sont chargées de retrouver le coupable, sans quoi leurs deux familles seront dénoncées et condamnées.
Nos deux héroïnes sont sous le choc. D’une part, on les oblige à travailler ensemble ; d’autre part, la mission qui leur est confiée est particulièrement lourde. Elles appartiennent à la troisième génération de migrants originaires des archipels du Sud et ne souhaitent pas attirer l’opprobre sur les leurs. Elles possèdent également des pouvoirs et des ressources cachés au reste de la population par crainte de nouvelles chasses aux sorcières. Ces dons, aussi délicats que puissants, attisent bien des convoitises. Isabel et Andarina vont devoir enquêter, faire appel à leurs connaissances, s’introduire dans les cercles de la haute société et déjouer le complot qui se trame dans ce royaume en paix.
En parallèle, on suit le ou la très talentueuse Feng. Originaire d’Aoquin, Feng doit également déjouer le complot. Feng est femme ou homme selon la couleur de la boucle portée à son oreille. C’est une tradition qui ne change rien à ses remarquables compétences au combat comme en espionnage. Sa première apparition est un peu surprenante, car, dans ce genre de roman, l’alternance se fait généralement uniquement entre les deux personnages principaux. Feng constitue une belle exception, puisqu’il nous est permis de suivre l’aventure sous un autre point de vue.
Dans ce roman, les idées, les aventures et l’action ne manquent pas. On se laisse entraîner dans cet univers singulier, avec ses croyances et sa propre histoire. Néanmoins, on a parfois l’impression que certaines facilités scénaristiques viennent simplifier la lecture. On peut notamment s’interroger sur la réelle utilité, pour les Flamboyants, de faire appel aux deux héroïnes, mais aussi sur une résolution peut-être un peu trop rapide de l’intrigue.
Nous n’en dirons pas davantage afin de préserver la surprise, mais, lorsque l’on atteint les derniers chapitres, où la tension est à son comble, tout se conclut en quelques pages à peine, ce qui laisse un léger goût d’inachevé. Il en va de même pour la romance entre les deux héroïnes : si leur relation débute sous le signe de la détestation, les sentiments amoureux, pourtant bien présents, sont finalement assez peu développés.
Les fleurs les plus dangereuses n’ont pas d’épines se concentre clairement davantage sur son intrigue que sur la romance naissante entre Isabel et Andarina. L’évolution de leurs sentiments reste discrète. D’ennemies, elles deviennent alliées, puis amoureuses. C’est un peu frustrant de ne pas assister à davantage de moments de tendresse au fil du récit et de voir cette relation s’épanouir plus progressivement, même si, au final, leur lien apparaît solide et sincère.
Voilà une histoire fort intéressante, portée par des descriptions de thés qui font envie et donnent presque l’impression d’en sentir les fragrances et d’en goûter les saveurs. Elle aurait mérité quelques pages supplémentaires pour approfondir certains aspects, mais on sent aussi que cet univers possède encore un fort potentiel. Alors, pourquoi ne pas retrouver nos héroïnes dans un prochain roman… ou Feng !
Fiche technique
Format : poche
Pages : 408
Editeur : Solleyre poche
Sortie : 4 juin 2026
Prix : 11 €
