
Editeur : City Editions
roman de Deborah Aubard
Présentation de l’éditeur
Evangeline serait une parfaite lady si elle n’était pas si rebelle. Quand elle apprend que son père veut la marier avec un fils Emerson, la famille la plus puissante de Londres au XVIIIe siècle, Evangeline élabore un plan. Hors de question pour cette jeune femme intrépide de passer sa vie avec ce lord qu’elle n’aime pas. D’ailleurs, elle lui préfère son frère, Night, chasseur de pirates au caractère complexe.
Audacieuse et déterminée, elle simule sa mort avant de se faire passer pour un homme et d’embarquer comme mousse sur le bateau de… Night. Elle va conquérir l’Amérique et sa liberté !
Mais la traversée et les aventures qu’elle vit remettront en question ses valeurs et sa loyauté. Le monde de la piraterie n’est pas exactement ce qu’elle imaginait et Night est bien plus sombre que ce qu’elle pensait…
Avis de Hiro
On ressort de la lecture de ce premier tome de L’Intrépide des mers avec un goût particulier en bouche.
Evangeline est une Lady. Une aristocrate anglaise, mais on ne connaît pas vraiment le titre de son père. Au gré des chapitres, on apprend qu’elle a été élevée à la dure par sa mère corsaire, avant que cette dernière ne disparaisse en mer et soit remplacée par une nurse qu’elle adore et une marâtre qui la maltraite.
La jeune fille de 15 ans a la langue bien pendue, se grime un peu et propose à Night Emerson, le bâtard de l’homme le plus puissant de Londres, de l’épouser. C’est une approche un peu surprenante pour une Lady, surtout lorsqu’elle présente cela comme un contrat des plus basiques. Night Emerson est le moins pire des Emerson, et elle n’a pas envie d’être forcée d’épouser un autre.
Night Emerson rejette sa proposition avec fureur et, son premier plan n’aboutissant pas, elle en établit un nouveau tout en refusant de se soumettre aux puissants. Avec plusieurs coups d’avance, elle se fait disparaître pour rejoindre sa famille du côté de sa mère, à Boston. Alors, quel meilleur endroit pour se cacher que sur le bateau de son ennemi Night Emerson, alias le Rédempteur, alias le chasseur de pirates ? Aucun !
L’histoire rend quand même curieux, mais on ne peut pas s’empêcher de tiquer face à plusieurs éléments, dont le comportement de l’héroïne. Son caractère est très affirmé (ce qu’on aime), mais on dirait qu’elle a déjà vécu mille vies. Il est assez peu vraisemblable que tout fonctionne sans vraiment d’anicroche et elle semble être maîtresse de toutes les situations qu’elle rencontre. Parfaite dans tous les domaines, dotée d’une volonté inébranlable, on ne voit pas Evangeline grandir au fil des pages : elle est déjà grande et au-dessus de tout le monde.
Ajoutons également qu’elle a un côté agaçant à faire la leçon et à ne jamais, elle, se remettre en question, notamment lorsqu’il s’agit de son frère de lait, Archibald Black, descendant d’un esclave affranchi et fils de sa nurse. Et même si le jeune homme est faible sur plusieurs points, elle lui tient de grands discours qui semblent assez déplacés lorsqu’on voit que c’est elle qui le manipule ou le met dans des positions délicates.
Cela, sans parler du commodore Night Emerson. Ce dernier est construit autour d’un sombre passé et de la pression constante exercée par son père. Surnommé le Rédempteur, car il souhaitait devenir un enfant de Dieu, il a vu ce rêve brisé par Lord Graham Emerson, qui a fait de lui son bras armé au sein de la Royal Navy. L’homme est tiraillé par son existence, ses actes et ses désirs.
De plus, au fil de la lecture, on est assez choqués de lire qu’il en est à ses vingt-cinq ans de marine, sachant qu’il a embarqué à l’âge de 10 ans. Celui qui semble être le love interest de notre héroïne a alors 35 ans… On rappelle qu’Evangeline en a 15 ? Voire 16 ? Cela devient dérangeant pour le reste de la lecture (sans oublier qu’il est intrigué par ce qui est censé être « un adolescent de 13 ans », alias l’héroïne travestie).
Ce premier tome de L’Intrépide des mers laisse donc un sentiment mitigé à la fin de la lecture.
L’histoire est fondamentalement fun et pourrait faire un bon feuilleton. Ça bouge tout le temps : la piraterie, on adore, les bateaux aussi, sans oublier l’action et les trahisons ! On sent l’envie de créer une héroïne incroyable, et cela aurait pu fonctionner si elle n’était pas si jeune et issue d’un environnement aussi strict que l’aristocratie anglaise. Il faut toutefois souligner que le style de Déborah Aubard est très fluide ; le roman se lit donc vraiment facilement. Mais cela ne suffit pas à faire oublier les problématiques rencontrées au fil de la lecture.
Fiche technique
Format : broché
Pages : 400
Editeur : City Editions
Sortie : 10 juin 2026
Prix : 19,90 €
