Sous la brume – Avis +

Editeur : Pocket

roman de Yann Bécu

Présentation de l’éditeur

Imaginez une technologie capable de repêcher des sons dans les Objets du passé…

Imaginez une technologie capable de repêcher des sons dans les Objets du passé… Le papyrus Jarf recracherait des pistes audios millénaires : entre Tourah et Gizeh, on entendrait les voix des Égyptiens chargés d’alimenter en pierres la future pyramide de Kheops… Les céramiques mycéniennes nous ouvriraient les portes dérobées de la Grèce antique…

Des pans entiers de l’histoire romaine jailliraient des innombrables poteries samiennes… Quel latin ont parlé les Romains du 1er siècle avant notre ère ? Qu’a chanté le petit peule au sujet d’Antoine et Cléopâtre ? Qu’ont murmuré les potiers de Pompéi juste avant l’éruption du Vésuve ?

Où qu’on se penche, les possibilités seraient prodigieuses et vertigineuses… En 2090, cette technologie existe. Elle se nomme Poséidon ®… Et elle cache un terrible secret.

Avis de Thérèse

Paris, 2090. Dans un futur peu réjouissant, bouleversé à la fois par les crises climatiques et l’omniprésence de la technologie, où l’eau est rationnée, les humains survivent plus qu’ils ne vivent grâce à un revenu universel versé par l’Etat. La plupart des postes sont occupés par des Teks, robots plus ou moins spécialisés, parfaitement efficaces dans la tâche qui leur est assignée mais peu doués pour la nuance.

La société tchèque Poséidon vient d’inventer une technologie qui permet, par l’action de la Brume, d’extraire des objets les sons qu’ils ont enregistrés pendant leur création. Si on mettait la Joconde dans un casier empli de Brume, on pourrait entendre la voix de Léonard de Vinci, le rire de Mona Lisa, leurs échanges, les bruits de leur environnement… mais pour ce faire le tableau serait détruit.

Arthur Pivert, veuf paumé et endetté, se rend dans un centre Poséidon avec un vieux tableau familial. Mais rien ne va se passer comme il l’imaginait. Manon Chabal, capitaine de police, enquête sur des détournements de Brume qui semblent laisser indifférents les actionnaires de Poséidon .

Dans ce nouveau roman tout aussi singulier que les précédents, Yann Bécu dresse un portrait sans complaisance d’un avenir qui pourrait être le nôtre. Derrière une intrigue originale, sans s’y appesantir et de façon souvent assez caustique, il aborde des sujets politiques, sociologiques, économiques, technologiques de cette époque pas si lointaine. Au centre, la question du rapport à la culture et aux souvenirs. Si les personnages sont moins loufoques que ceux des Bras de Morphée ou de L’effet coccinelle, les pointes d’humour noir sont tout de même nombreuses.

Mélange inclassable d’anticipation, de policier et de thriller, Sous la brume est un texte complexe, troublant et intrigant. C’est une sorte de puzzle dont les différents éléments se mettent en place peu à peu. Mais, quand vous avez l’impression d’être sur le point de le reconstituer, Yann Bécu vous balance une toute nouvelle pièce qui renverse tout, qui vous oblige à réfléchir à ce que vous avez lu jusque-là et à ce que vous pensiez de certains personnages… Après une révélation finale totalement inattendue, on referme le livre avec le sentiment d’avoir pris une grande claque, en s’interrogeant sur la valeur des choses.


Fiche technique

Format : poche
Pages : 576
Éditeur‏ : ‎Pocket
Sortie : ‎27 août 2026
Prix : 11,20 €