
Editeur : Pocket
roman de Nicolas Beuglet
Présentation de l’éditeur
Il était une fois…
Encore aujourd’hui, on prétend que le château de Bran, en Transylvanie, était la propriété du comte Dracula. Rares sont ceux qui s’arrêtent dans cet hôtel reculé, cerné par la neige et la glace. L’endroit paraît habité par des fantômes depuis la nuit des temps. C’est là que la jeune inspectrice Mina Dragan est envoyée pour enquêter sur un meurtre étrange. Un cadavre gît dans une chambre. Celui de l’unique client de l’établissement.
Avant de disparaître, l’assassin a inscrit un tatouage énigmatique sur la main de sa victime. Mina Dragan ne le sait pas encore, mais un jeu de piste terrifiant vient de débuter, qui lui fera découvrir la face cachée des contes de fées de notre enfance. Et si la clé de tous ces mystères se trouvait dans un seul livre ? Un livre fondateur. Il était une fois Transylvania …
Avis de Chris
Il était une fois une histoire abracadabrante suivie par Mina Dragan, une jeune agente de police roumaine propulsée comme par magie au rang d’inspectrice sur une affaire bien étrange. Un mystérieux homme a été assassiné dans le château de Dracula, devenu un hôtel pour touristes en mal de sensations fortes. Les indices la mettent sur une piste en lien avec les contes des frères Grimm.
Loin d’être une véritable enquête policière, c’est avant tout une course-poursuite que le lecteur suit avec plus ou moins d’avidité. Si la première partie du roman intrigue et promet une affaire originale, la seconde moitié s’essouffle dans une multitude d’incohérences et de voyages à travers le monde. Le titre du livre est d’ailleurs assez étonnant au vu du peu de temps passé en Transylvanie. Il déçoit quelque peu lorsqu’on comprend que la légende de Dracula n’est finalement qu’un produit d’appel.
L’héroïne, Mina Dragan, est l’archétype de la femme forte à qui rien ni personne ne résiste, pas même le climat ! Cette facilité avec laquelle elle se sort de toutes les situations, sans grandes égratignures et sans aide, la rend malheureusement assez fade. Son don pour les langues étrangères complète le tableau de la femme parfaite. Bien qu’elle explique n’avoir que quelques notions d’allemand, elle réussit à converser avec le GIGN allemand sans le moindre souci. Même chose avec les protagonistes italiens, français, etc. : elle parvient à discuter avec tout le monde sans difficulté. C’est dommage, car la technologie, tant décriée dans ce roman, aurait ici été bien utile, notamment grâce aux traducteurs disponibles sur les smartphones !
Ajoutons qu’elle est une lectrice assidue et donc plus intelligente que la moyenne, plus forte, plus imaginative… Bref, elle n’a aucun défaut. Son commissaire croit en elle à fond et lui laisse les pleins pouvoirs dès le début d’une enquête ô combien difficile, qui plus est internationale… Et toujours en solo !
L’antagoniste ne l’aide pas davantage à sortir de ce carcan. Finalement, c’est le personnage le plus intéressant du roman. Il a beaucoup de choses à dire. C’est parfois un peu trop didactique, mais son dessein reste compréhensible, même s’il est légèrement mégalomane. Ce jeu du chat et de la souris aurait pu être haletant, mais, au bout du compte, on n’attend plus qu’une chose : que cela cesse enfin et qu’on nous donne un os à ronger.
En effet, très vite, on comprend que Transylvania constitue une introduction à un univers bien plus vaste qu’il n’y paraît. La fin nous conforte d’ailleurs dans cette idée, alors que l’on nous tease sans cesse un passé dramatique pour l’héroïne. Pas de bol : vous en saurez plus dans le tome 2… ou le 3, qui sait !
Nicolas Beuglet a toujours une écriture fluide qui attise la curiosité, mais cela ne suffit pas à compenser la déception, qui s’intensifie à mesure que l’histoire s’enlise. Pourtant, les bonnes idées ne manquent pas et sont pertinentes à bien des égards. Malheureusement, elles enfoncent souvent des portes ouvertes, sans grande subtilité.
Fiche technique
Format : poche
Pages : 368
Éditeur : Pocket
Sortie : 13 août 2026
Prix : 9,30 €