
film d’animation brésilo-japonais de Célia Catunda (2026)
Présentation officielle
Sao Paulo, années 1980… Noboru doit préparer pour l’école un exposé sur ses origines japonaises qu’il a toujours cherché à gommer. Il doit alors se tourner vers son grand-père grincheux, Hideo, pour apprendre à connaître en profondeur sa famille et l’histoire de l’arrivée de ce dernier au Brésil en 1920, quand il était encore un jeune homme.
Ayant toujours voulu éviter d’évoquer son passé et son déracinement, poussé par son épouse, adorable grand-mère, Hideo accepte à contre-cœur de raconter à Noboru son histoire et son installation en Amérique du Sud. Au fur et à mesure que ce dernier plonge dans le récit de l’exil de ses ancêtres, le jeune écolier se plaira à s’approprier cette culture de l’autre bout du monde et découvrira même l’existence d’un oncle inconnu…
Avis de Valérie
Ma famille de samouraïs : les racines japonaises d’une famille au Brésil
Noboru, petit-fils d’immigrés japonais au Brésil, doit travailler sur les racines de sa famille pour l’école. Malgré l’affection qu’il porte à ses grands-parents, il a du mal avec son papi, rigide, empreint d’habitudes d’un autre temps… et d’un autre pays. Noboru n’a pas honte de son ascendance, mais il ne souhaite qu’une chose : résonner avec son époque et ses amis.
Ma famille de samouraïs est une très jolie découverte, qui réussit à parler de transmission, d’immigration et de passage à l’âge de la compréhension avec beaucoup de finesse.
À travers cette histoire familiale très originale, le film nous entraîne sur les traces de l’immigration japonaise au Brésil. Arrivés avec des rêves de richesse, les immigrés japonais sont mal accueillis et malmenés, exploités. Avec la guerre, certains se retrouvent même emprisonnés en raison de leurs idées, alors que le pays d’origine entre en conflit avec celui qui les accueille, ou parce que leurs convictions sont très différentes de celles qui prévalent sur le sol qui les nourrit. Alors que l’on suit un aventure moderne, la narration propose également un véritable travail de mémoire sur une histoire très peu connue en France.
C’est aussi la description de ce moment charnière qui permet à l’enfant de grandir et de comprendre, sans forcément les juger, ses parents et ses grands-parents. Il commence à réaliser que les adultes ont leur propre histoire, avec leurs silences, leurs blessures et leurs choix. La transmission devient alors essentielle : comprendre d’où l’on vient pour mieux saisir qui l’on est.
Derrière l’animation et une histoire accessible, Ma famille de samouraïs aborde des thèmes qui dépassent largement le simple divertissement pour enfants, et ceci avec sensibilité. C’est une belle manière de découvrir une histoire méconnue tout en partageant un récit familial sensible et universel.
Visuellement, le film est également une belle surprise. Son animation en 2D possède une esthétique très personnelle, avec des décors qui semblent parfois peints et des personnages aux mouvements légèrement stylisés. Cette simplicité lui donne beaucoup de charme et crée une atmosphère particulière, loin des productions d’animation plus formatées. La direction artistique s’inspire notamment du travail du peintre nippo-brésilien Oscar Oiwa, ce qui renforce encore le lien entre les deux cultures au cœur du récit.
Un film tendre et intelligent, qui nous rappelle que connaître son histoire permet parfois de mieux comprendre le présent et de trouver sa propre place dans le monde.




Fiche technique
Sortie : 16 septembre 2026
Durée : 82 minutes
Genre : animation familiale
Avec (voix) Justine Hostekint, Laurent Pasquier, Angélique Heller
Titre original : Meu Avô é um Nihonjin