Réflexion sur le don d’organes

Don d’organes : et si une conversation faisait toute la différence ?

À l’approche de la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, et de reconnaissance aux donneurs, célébrée le 22 juin, l’Agence de la biomédecine lance un appel :

Rappelez à vos proches que vous êtes donneur. Si on le disait tous, des milliers de vies seraient sauvées chaque année, car le don ne se fait jamais sans consulter l’entourage du défunt1. Faute de conversation préalable, le doute pousse parfois l’entourage à s’abstenir, ce qui bloque plus d’un tiers des dons – alors que 8 Français sur 10 sont favorables au don de leurs organes après leur mort. Mais seul un Français sur deux a transmis sa position.

1 590 personnes ont fait don de leurs organes en 2025, et ont ainsi offert une seconde chance à des milliers de patients, en permettant 6 148 greffes. Rien de tout cela ne serait possible sans ce geste généreux. Malgré cette activité en progression, au 1er janvier 2026, 23 294 patients étaient toujours en attente d’une greffe qui pourrait leur sauver la vie.

966 patients sont décédés en 2025 alors qu’ils figuraient sur liste d’attente. Un seul donneur peut pourtant permettre de sauver jusqu’à 7 vies.

Conditions du don d’organe :

  • Le don n’est pas automatique. En l’absence d’inscription sur le registre national des refus, les proches sont toujours consultés avant tout prélèvement.
  • La carte de donneur n’existe pas. Aucun document n’est nécessaire. C’est la parole transmise à vos proches qui compte.
  • Il n’y a pas de limite d’âge. On peut donner après 80 ans : c’est l’état des organes qui est évalué, pas l’âge du donneur.
  • L’attribution est équitable. Chaque greffe est attribuée selon des critères médicaux stricts. Le patient dont l’état est le plus urgent est greffé en priorité.
  • Le don est compatible avec les religions. Les trois principales religions monothéistes pratiquées en France l’autorisent, et le don n’empêche pas les rites funéraires.
  • Le corps est respecté. Le prélèvement est une intervention chirurgicale réalisée au bloc opératoire. Le corps est ensuite restauré — incisions refermées, pansements posés — et restitué à la famille.

  1. loi Cavaillet du 22 décembre 1976, chacun est considéré comme donneur d’organes par défaut, sauf s’il a exprimé son refus de son vivant. Ainsi, les soignants ont l’obligation de vérifier, en consultant le Registre national des refus puis en interrogeant les proches, que le défunt n’était pas opposé au don, avant d’envisager tout prélèvement. ↩︎