Le Camino – Avis +

Éditeur ‏: ‎Hauteville

roman de Anya Niewierra

Présentation de l’éditeur

La mort rôde toujours et son visage n’est jamais le même.

Lotte Bonnet, chocolatière-confiseuse à la carrière florissante, vit heureuse aux Pays-Bas avec son époux Emil, un ancien réfugié bosniaque. Après le cancer qu’il vient de vaincre, rien ne la prépare à la nouvelle brutale qu’elle s’apprête à recevoir : Emil s’est suicidé alors qu’il marchait sur le chemin de Compostelle, pour fêter sa guérison.

Dévastée, Lotte se rend en Bosnie pour disperser ses cendres. Là, elle découvre l’impensable : l’homme qu’elle a aimé n’était pas celui qu’il prétendait être. Le passé sanglant de ce pays l’a-t-il poussé à mentir sur son identité ? Lotte décide de faire le Camino, dans les pas de son mari, afin de comprendre. Mais quelqu’un l’observe. Quelqu’un prêt à tout pour enterrer le passé.

Avis de Valérie

En se rendant en Bosnie pour répandre les cendres de son époux Emil Jukic près de son village natal, Lotte Bonnet apprend avec stupeur que le corps du véritable Emil Jukic a été identifié par son ADN quelques années plus tôt parmi les nombreux corps des charniers de la région. Alors qui était l’homme avec qui Lotte a été mariée pendant vingt ans, avec qui elle a eu deux enfants ? Il se prétendait réfugié bosniaque mais, quand il cauchemardait de massacres, de villageois brûlés vifs dans une église, de quel côté se trouvait-il ? Survivant, témoin, déserteur… ou bourreau ?

Un an après la mort de son mari, Lotte décide de faire le Camino, le chemin de Compostelle, celui où Emil s’est suicidé sans explication. Les dates, les étapes, les logements, les visites, elle reproduit jour après jour son dernier voyage, en espérant à la fois comprendre ce qui s’est passé, pourquoi celui qui lui envoyait des photos et des messages joyeux s’est tranché la gorge quelques heures plus tard, mais aussi terminer son travail de deuil.

Le roman débute sur un rythme plutôt lent, dans les pas de cette chocolatière néerlandaise qui se lance dans un pèlerinage sans aucun entraînement. Mais bientôt les accidents se multiplient autour de Lotte, elle a l’impression que quelqu’un la suit, la tension s’intensifie.

En parallèle, certains chapitres reproduisent une lettre dont on ne connaît pas l’auteur, qui raconte à Lotte l’enfance et l’adolescence de trois amis dans ce qui était encore la Yougoslavie : Emil croate catholique, Milan serbe orthodoxe, et le troisième bosniaque musulman. Pas la même ethnie, pas la même religion, mais la même enfance et la même amitié. Jusqu’au moment où la Yougoslavie a explosé…

La beauté des paysages du Camino, l’humanité des rencontres, le travail d’introspection de Lotte contrastent avec la brutalité des événements en Yougoslavie.

Un thriller sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, c’est un mélange surprenant. Si en plus on y ajoute les dramatiques épisodes yougoslaves (très documentés, peut-être trop même sur les détails des massacres, viols et tortures) et les réflexions gourmandes d’une chocolatière, cela donne un cocktail surprenant et parfaitement réussi ! Passionnant, addictif, tendu, angoissant et instructif à la fois. Que demander de plus ? Quelques interrogations morales sur le choix entre vérité historique et tranquillité familiale rendent la fin du roman encore plus troublante.

Anya Niewierra est la romancière la plus vendue aux Pays-Bas où elle a déjà publié six best-sellers. Le Camino est son premier roman traduit en français. Si les autres titres sont du même acabit, on les attend avec impatience.


Fiche technique

Format : broché
Pages : 400
Éditeur ‏: ‎Hauteville
Sortie‏ : ‎1 avril 2026
Prix : 19,95 €