
film en coproduction de György Pálfi (2026)
Présentation de l’éditeur
À grand pouvoir, grandes responsabilités – mais si l’héroïne était une poule ? Échappée d’un élevage industriel, elle trouve refuge dans la cour d’un restaurant en ruine. Là, elle découvre l’amour, défie la loi du bec et se bat pour protéger ses œufs. Sa quête, tendre et ironique, résonne avec les combats silencieux et petits arrangements de la vie humaine.
Avis de Valérie
Cocotte est née et élevée en Grèce pour finir comme viande de consommation. Elle se distingue pourtant immédiatement des autres congénères : son plumage est entièrement noir. Par une succession de hasards heureux, elle échappe à son destin et se retrouve livrée à elle-même en pleine nature, avant d’être recueillie par un restaurateur à la retraite.
Cette liberté nouvelle aiguise peu à peu son instinct et son intelligence. Mais lorsqu’elle est enfermée avec des poules pondeuses, Cocotte découvre rapidement une autre forme de cruauté : hiérarchie brutale, loi du plus fort et agressivité du groupe. Refusant cette condition, elle finit par trouver un moyen de s’échapper et erre librement autour de la propriété de son bienfaiteur…
Véritable grain de sable dans un monde déjà fragile, cette courageuse poulette devient alors le centre d’une véritable tragédie grecque.
Avec ce long métrage aussi singulier qu’inattendu, le réalisateur hongrois György Pálfi mêle naturalisme animalier, satire sociale et cruauté humaine dans une fable aux résonances antiques. La prouesse technique impressionne constamment : le cinéaste parvient à filmer ses volailles avec une telle précision que le spectateur finit par projeter sur Cocotte des émotions très humaines, sans que cela paraisse artificiel.
La direction d’acteurs participe également à cette étrange immersion, donnant parfois l’impression que la narration se construit naturellement sous nos yeux.
En revanche, Cocotte adopte une construction narrative atypique, plus libre et contemplative que ce à quoi le cinéma occidental nous habitue souvent. Le film ne cherche jamais vraiment à délivrer un message clair ou démonstratif : au spectateur d’accepter cette déambulation singulière, ou d’y projeter sa propre lecture.
Mais malgré quelques longueurs et une narration parfois déroutante, difficile de ne pas saluer le véritable tour de force que représente ce film, capable de faire vivre une histoire entière à travers le regard de simples poules.




Fiche technique
Sortie : 27 mai 2026
Durée : 97 minutes
Genre : drame
Avec Maria Diakopanayotou, Argyris Pandazaras, Yannis Kokiasmenos et les poules
Titre original : Kota