
Éditeur : Pocket
roman de Harold Cobert
Présentation de l’éditeur
L’histoire incroyable mais vraie de la publication de Mein Kampf en France
1934. Mein Kampf, le manifeste d’Adolf Hitler, rencontre un immense succès en Allemagne et dans le monde. Pourtant, en France, on n’en connaît que des extraits et, sa traduction ayant été interdite par le Führer lui-même, le texte entier reste inédit.
Que peuvent bien contenir ces pages pour que les Français ne soient pas autorisés à le lire ? Tandis que Hitler prône une paix durable entre la France et l’Allemagne, certains soupçonnent des desseins plus sombres derrière les belles paroles.
Face à cette interdiction de publier, une improbable coalition menée avec virtuosité par l’avocat Philippe Lamour se forme : des anciens combattants proches de l’Action française et des militants de la cause juive – ennemis politiques que tout oppose – unissent leurs forces pour révéler au grand jour les véritables intentions du despote.
Avis de Valérie
« La France n’a jamais été notre amie ; elle s’oppose toujours à l’expansion et à la grandeur de l’Allemagne. Un jour viendra où nous lui ferons payer toutes ses outrages. »
(Mein Kampf, Volume 1, chap. sur la politique allemande, 1925)
En 1933, Fernand de Brinon se rend à Berlin pour rencontrer le nouveau chancelier allemand, Adolf Hitler. Sa mission est claire : dresser, pour le journal Le Matin, le portrait d’un homme présenté comme pacifique. Pourtant, en coulisses, certains dignitaires de l’armée française doutent de cette image rassurante relayée par la presse. Ils montent alors une opération aussi risquée que symbolique : permettre la traduction et la diffusion de Mein Kampf en français (contre laquelle Hitler lutte à tout prix), afin de démontrer que cet ouvrage de jeunesse constitue toujours le véritable programme politique du Führer.
Pour mener à bien ce projet, ces militaires doivent s’allier à ceux qu’Hitler désigne déjà comme des ennemis : les Juifs, seuls capables de fournir les fonds nécessaires. Une alliance paradoxale, à l’image d’une époque qui, malgré l’Affaire Dreyfus, reste profondément marquée par l’antisémitisme. En vue du procès qui ne manquera pas d’avoir lieu, les instigateurs engagent un avocat.
Malgré la gravité de son sujet, Le Procès Mein Kampf surprend par son ton. Le roman est vivant, parfois pétillant, voire drôle. Son héros, un avocat hyperactif et passionné, aime tout à la fois sa famille, le droit et la victoire. Lorsqu’on lui propose de défendre un éditeur poursuivi pour violation du droit d’auteur, il refuse d’abord : pourquoi courir à une défaite annoncée ? Mais en s’informant sur la situation allemande, il comprend qu’il existe des causes où l’on perd plus à gagner qu’à refuser de se battre.
Harold Cobert se révèle ici un conteur remarquable. Il entraîne son lecteur dans un récit fluide et accessible, tout en abordant un sujet dont nous connaissons aujourd’hui les conséquences tragiques. Le roman, profondément ancré dans l’histoire, interroge la démocratie, la diplomatie et les mécanismes de compromission.
Une question s’impose alors : comment les responsables politiques français ont-ils pu se laisser berner à ce point ? Tandis qu’Hitler affirmait que Mein Kampf ne reflétait plus sa pensée, il suffisait pourtant de se rendre en Allemagne pour constater les premières persécutions antisémites, visibles dès le début des années 1930. La diffusion massive de l’ouvrage – plus de cinq millions d’exemplaires dans un pays encore marqué par la Grande Guerre – ne pouvait qu’imprégner durablement la population.
En fermant les yeux au nom de la paix, la France n’a pas évité la guerre. Elle a, au contraire, contribué à préparer le terrain de la défaite éclair qui la mettra à genoux. Au cœur du récit apparaît la figure du francophile allemand Otto Abetz1, dont l’ambiguïté éclaire les zones grises de la période.
Interrogé sur ce personnage, Harold Cobert le décrit comme un homme ayant utilisé son attrait sincère pour la France au service du parti puis du régime nazi. Une lecture qui met en lumière toute l’ambivalence d’Abetz : sensible à la culture française, il n’en demeure pas moins un serviteur du Reich, pour qui la francophilie devient un outil d’influence plutôt qu’un engagement envers les Français eux-mêmes.
En mêlant rigueur historique, tension dramatique et ironie, Harold Cobert signe un roman qui questionne la responsabilité individuelle face aux compromissions collectives. Le Procès Mein Kampf rappelle que l’Histoire ne se joue pas seulement dans les discours des dictateurs, mais aussi dans les silences de ceux qui choisissent de ne pas entendre. Un roman d’une grande qualité, qui, malgré le poids de l’Histoire, demeure un véritable plaisir de lecture.
- Le personnage sera le protagoniste principal du prochain film avec Jean Dujardin, Les Rayons et les Ombres ↩︎
Fiche techique
Format : poche
Pages : 384
Éditeur : Pocket
Sortie : 15 janvier 2026
Prix : 9 €
