
Éditeur : Lorestone
roman de Matt Dinniman
Dungeon Crawler Carl : tome 5
Présentation de l’éditeur
Message système. Oyez, oyez. Les portes sont ouvertes. Les chasseurs sont en liberté. Fuyez, fuyez, fuyez.
* * * *
Que devient le duo de choc le plus suivi de l’univers ?
La jungle tropicale du Terrain de chasse regorge de dangers – prédateurs préhistoriques, armées de vampires, concours de beauté ultra-sélect pour familiers, princesses mi-naïades avides de vengeance –, mais aucun n’égale la réelle menace de ce niveau 6 : les touristes extraterrestres venus traquer du crawler. Carl refuse ce rôle de proie, et compte bien tenir la promesse qu’il leur a adressée : avant la fin du compte à rebours, tous ces chasseurs seront morts.
Une annonce vient cependant rebattre les cartes : celle d’une grande fête organisée à la fin du niveau, la Mascarade du boucher, qui réunira les 50 crawlers les plus populaires du jeu et les fameux touristes en quête de trophées. Pour ne rien arranger, Odette transmet à Carl et à Donut un avertissement très inquiétant : l’organisatrice de la soirée, la puissante reine des hauts-elfes, pourrait être incarnée par une Terrienne recouvrée… et pas n’importe laquelle…
Avis de Valérie
Dungeon Crawler Carl tome 6 : Matt Dinniman élève encore le niveau
Oh, merde…
Carl et Donut arrivent dans ce sixième niveau relativement bien préparés. Ils atterrissent sur le Terrain de chasse qui, en plus des mobs (personnages du jeu prêts à tout pour les tuer), va accueillir des aliens venus de toute la galaxie (et même d’au-delà) qui vont s’en donner à cœur joie dans cette chasse à l’homme sanglante.
Les enjeux changent : il ne s’agit plus seulement d’éliminer des personnages créés ou régénérés pour ce jeu grandeur nature sans aucune sécurité, mais de véritables êtres vivants venus des quatre coins de l’univers, dotés de conscience et d’autant plus déterminés à gagner que leur propre vie est en jeu !
Oups, on vous a perdus ? Voilà une petite mise au point.
Afin d’alimenter un jeu de téléréalité intergalactique, de puissants aliens ont asservi la Terre, éliminant des milliards d’humains et forçant les survivants à pénétrer dans un donjon où ils doivent combattre pour rester en vie. Comme dans certains jeux vidéo, chaque erreur peut être fatale, sauf qu’ici les pertes sont définitives.
L’Américain Carl se trouvait dehors en pleine nuit lorsque tout a commencé. Il avait dans les bras le chat persan de son ex, la princesse Donut, et se retrouvait pieds nus, vêtu d’un simple caleçon à cœurs, lorsqu’il a dû débuter l’aventure… pour le plus grand plaisir de l’IA qui gère le jeu et qui semble avoir un gros faible pour ses imposants petons.
Par chance, dès le départ, Donut a ingéré un super-aliment qui lui a conféré l’intelligence d’un être humain ainsi que des pouvoirs phénoménaux. Si elle conserve son apparence féline et son caractère un brin snob, elle est désormais capable de raisonner, de parler, d’écrire et possède tous les souvenirs de sa vie d’avant, qu’elle partage sans filtre dès qu’on lui en donne l’occasion, au grand dam de Carl.
Si Carl était autrefois un homme plutôt effacé, le traumatisme et l’instinct de survie l’ont poussé à se dépasser. Très attaché à son chat, il met tout en œuvre pour la protéger. Ensemble, ils forment une équipe particulièrement complémentaire et nouent des alliances avec d’autres crawlers (joueurs humains) afin de surmonter des épreuves largement au-dessus de leurs capacités. Ils sont également devenus les favoris des spectateurs… tout en attirant la haine de nombreuses factions aliens.
Ce cinquième tome intensifie encore les dangers — on se demande d’ailleurs quels pourront être les prochains enjeux — ainsi que, logiquement, les pertes parmi les crawlers. Carl, devenu une forme d’anarchiste raisonné, n’oublie jamais ceux qui sont désormais sa famille. Son credo, « Vous ne me briserez pas ! », est désormais tempéré par l’affection qu’il porte à ceux qui l’entourent.
Ce qui demeure incroyable, c’est la qualité de l’écriture de Matt Dinniman. On dévore les pages alors même que les millions de détails de cet univers ne peuvent pas tous rester en mémoire. L’auteur maîtrise l’art du rappel avec une habileté remarquable. Il glisse les informations nécessaires sans jamais donner l’impression de faire un résumé. Tout est intelligemment intégré à la narration. C’est invisible pour l’histoire et particulièrement gratifiant pour le lecteur attentif.
S’il fallait trouver un point de vigilance, ce serait peut-être l’ampleur grandissante de l’univers. Là où le premier tome reposait avant tout sur l’humour, l’action et l’effet de découverte, la série développe désormais une politique intergalactique foisonnante, de multiples factions et des enjeux toujours plus complexes. Pourtant, c’est aussi là que réside le talent de Matt Dinniman : malgré cette accumulation de personnages, d’intrigues et de détails, la lecture reste étonnamment fluide. On ne ressent jamais l’impression d’être perdu ou de devoir réviser ses notes avant d’ouvrir le tome suivant. L’auteur parvient à rendre accessible une mécanique devenue gigantesque sans jamais sacrifier le plaisir immédiat du récit.
Aux États-Unis, le succès de la série est phénoménal et touche toutes les catégories de lecteurs, notamment de nombreuses femmes. Son regard satirique sur les médias, le pouvoir et certains mécanismes économiques nourrit également de nombreuses réflexions chez ses lecteurs. On ne peut qu’espérer une réussite proportionnelle sur le vieux continent.
Et n’oublions pas qu’avant toute chose, Dungeon Crawler Carl reste un divertissement absolument génial : addictif, drôle, qui tient son public en haleine, inventif et d’une qualité rare.
Un dernier mot pour saluer le travail de traduction, qui retranscrit parfaitement la fluidité de l’auteur malgré la densité du texte et l’immense quantité d’informations à suivre d’un tome à l’autre. Mention spéciale également pour un prix défiant toute concurrence au regard des près de 800 pages proposées.
Fiche technique
Format : semi-poche
Pages : 768
Éditeur : Lorestone
Sortie : 30 avril 2026
Langue : Français
Prix : 18,90 €
