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Un violon sur le toit - Avis +
Onirik -> Culture -> Thêatre - Spectacle -> Dernière mise à jour : le mercredi 24 février 2010.

Une nouvelle adaptation du célèbre musical de Broadway permet une meilleure intégration du livret original à notre siècle, et offre aux spectateurs modernes une version certes plus courte, mais bien plus vivante.



Théâtre : Le Palace

mise en scène et chorégraphie de Jeanne Deschaux

Présentation

Une multitude de personnages pittoresques - marieuse, rabbin, boucher, tailleur, bolchevique, brigadier - et tout le reste d’un village, vont intervenir dans la vie de Tevye, un modeste laitier dont les trois préoccupations majeures sont d’assurer la subsistance de sa joyeuse famille, sa descendance en cherchant de bons maris à ses trois filles capricieuses, et rassurer Dieu quant aux libertés qu’il prend vis-à-vis des traditions et de la religion.

Avis de Marnie

C’est un très agréable spectacle qui nous est offert actuellement au Palace à Paris : une nouvelle adaptation du fameux musical de Broadway, Un violon sur le toit. Ne vous attendez surtout pas à retrouver les trois heures du film, avec les extraits au violon par Isaac Stern... et même si ces envolées aux accents déchirants nous manquent, ne cherchez pas à les retrouver. Avec intelligence, Stéphane Laporte a visiblement souhaité rendre cette oeuvre accessible et crédible au monde moderne, tout en préservant l’identité "yiddish", ce qui n’était vraiment pas évident. Le pari est réussi... déconcertant, mais tout à fait réussi !

En deux heures, impitoyablement, mais avec finesse, Stéphane Laporte a gommé tout ce qui lui semblait peut-être inutile, répétitif notamment dans les monologues, trop pittoresques, pour préserver l’âme du propos, le charme d’un peuple, accentuant quelques passages dramatiques, voulant visiblement et avant tout rendre le message universel. Ce parti pris permet alors aux chants de gagner en profondeur et en émotion. Il faut ainsi noter l’excellente traduction des paroles... Si l’on compare avec le livret du début des années 1970 (dont la célèbre version de "Ah, si j’étais riche" chantée par Yvan Rebroff) ces sonorités sont mille fois plus poétiques et plus profondes ! Ainsi, "Sunrise, sunset", bouleversant en anglais, l’est tout autant dans cette version imagée française.

Alain Wilmet est tout à fait à son aise, dans le rôle principal, avec son interprétation malicieuse et vibrante de Tevvye, le laitier qui a bien du mal à marier ses filles, travailler à la place de son cheval qui fait des siennes, tenir compte de la volonté de sa femme qui le houspille, dialoguer avec Dieu, s’adapter au monde moderne, rêver à des temps meilleurs, et supporter le vent sombre de l’histoire qui s’approche à grands pas. Le fait qu’il ne soit pas un baryton mais seulement un "bon" chanteur pourrait nous gêner (les habitudes ont la vie dure...) mais cela ne fait que rendre plus réaliste et sincère sa composition. Face à lui, Dominique Nobles qui joue Golde, son épouse, est étonnante de naturel, avec en prime une voix chaude et professionnelle, que l’on sent parfaitement à sa place dans ce style de comédie musicale "à l’américaine".

Nous ajoutons trois filles talentueuses, aussi spontanées que rafraîchissantes, avec un petit plus pour Amélie Munier (Tzeitel, l’aînée) qui confirme tout le bien que l’on pense d’elle depuis Grease. Si faire jouer le rôle de grand-mère Tzeitel à une jeune femme comme Laurence Cohen est un clin d’oeil qui sonne juste (mais un peu moins sur le choix du rabbin), c’est l’interprétation de la marieuse, Yente, (Francine Bouffard, qui avait incarné de façon mémorable la "folle" et vengeresse Fruma Sarah dans la précédente version) ) qui emporte les suffrages, jouant à fond la carte "pittoresque" en en faisant des tonnes, sans aucun complexe, et pour notre plus grand plaisir. Si les costumes sont parfaits, le décor aurait mérité que l’on s’y attarde plus.

Si vous avez eu la chance de voir l’adaptation avec de nombreux musiciens et comédiens et chanteurs sur la plus grande scène du théâtre Comédia en 2005, il est vrai que cette version quelque peu "accélérée" et minimaliste que l’on nous propose actuellement est un ton au-dessous pour certains nostalgiques de cette culture qui aime prendre son temps, toutefois, tentez l’aventure, non pour comparer mais juste pour retrouver l’essentiel soit les chants, l’émotion et une dramaturgie douce-amère sensiblement différente tout à fait intéressante !

Fiche Technique

Livret : Joseph Stein
Musique : Jerry Bock
Paroles : Sheldon Harnick
Adaptation française : Stéphane Laporte
Mise en scène et chorégraphie : Jeanne Deschaux

Adresse : Le Palace - 8, rue du faubourg Montmartre - 75009 Paris

Prix : divers prix à consulter sur le site de la production ou si Billetreduc.

Extrait vidéo de billetreduc

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