Onirik
This is not a love song - Avis +/-
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le dimanche 28 novembre 2010.

Dans ce récit mi-tragique mi-ironique, Jean-Philippe Blondel met en scène un héros qui a bien réussi sa vie mais qui va découvrir, lors d’un retour aux sources, et contre toute attente, qu’il a payé bien cher cette vie idéale.



Editeur : Pocket

roman de Jean-Philippe Blondel

Présentation de l’éditeur

" Le temps s’étire et se contracte. Deux journées en une. Deux, cent, mille. Mon corps se dédouble. Franco-Anglais. Entrepreneur SDF. Fidèle adultère. Sauveur coupable. Frère et faux. Faux frère. Ma main voudrait caresser - mais elle s’agrippe, ripe, s’accroche - les doigts sont des griffes, elle est ma proie - la déchiqueter, la réduire en pièces, un amas de chair, des cheveux qui se détachent, des dents qui se déboîtent.

La phrase lancinante, entre les tempes. This is not a love song. Je veux l’entendre crier - pas gémir. Des hurlements de louve à qui l’on prend ses petits. Il y a une heure. Il y a deux heures. Je n’ai pas voulu me laisser entraîner. J’ai refusé la rencontre avec Étienne. J’ai refusé que nous nous rendions à l’endroit exact. Là où. J’ai refusé en bloc les souvenirs et les regrets. Je ne plongerai pas dans un février où je n’étais pas. "

Vincent a la quarantaine conquérante de ceux qui ont su se faire une place au soleil, loin de la lose de leurs années de jeunesse. Jusqu’à ce mois de juillet où il revient dans sa ville natale, dix ans après l’avoir fuie sans un regard pour ceux qu’il laissait derrière lui.

Avis de Lady Clare

Le roman de Jean-Philippe Blondel porte très bien son titre. En effet, même s’il est question d’amour (le héros aime sa femme, ses filles, sa vie comblée d’entrepreneur à succès à Londres), les vérités auxquelles il va être confronté lors d’un retour dans sa ville natale sont loin d’être tendres...

Vincent a très bien réussi sa vie, marié à une riche anglaise, il a lancé son propre concept de cuisine haut de gamme à Londres, et même dans toute l’Angleterre, image d’Epinal d’un self made man accompli. Cette réussite a un prix, il a tout quitté sur le continent, ses parents, son frère, ses amis, et surtout son meilleur ami, Etienne, avec lequel l’amitié s’est étiolée sans qu’il puisse rien y faire...

Un jour, Susan, sa femme, lui propose que chacun parte en vacances chez ses parents respectifs, elle en Angleterre, et lui dans son ancienne ville de province française, étouffante, il en a la nausée rien que d’y penser, mais se dit qu’une semaine, il devrait pouvoir le supporter. Après tout, cela fait dix ans qu’il n’y est pas revenu, on ne compte pas les deux ou trois jours de passage en route avec la famille pour l’Espagne ou quelque autre destination ensoleillée... Les parents de Vincent se déplacent d’ordinaire à Londres, ravis de la réussite de leur fils et de sa vie si parfaite... tellement parfaite que personne n’ose lui parler pour lui dire tout ce qui s’est passé au pays pendant dix ans...

Et cette semaine qui s’annonçait morne et ennuyeuse pour Vincent va le faire aller de surprise en surprise, chaque chapitre du roman égrenant un jour de la semaine, le rythme s’accélère au fur et à mesure des révélations. Vincent redécouvre des gens qu’il pensait bien connaître et les voit d’un autre œil, on s’amuse à ressentir les mêmes sentiments que lui.

Tout d’abord, il ne se passe rien, Vincent s’ennuie, le récit s’étire, puis Vincent se rebelle contre sa condition, il ne rêve que de rentrer chez lui et porte des jugements sans concession sur ceux qui l’entourent. Il est acerbe, et l’on ressent alors très peu d’empathie pour ce personnage qui ne semble supporter rien ni personne... Puis viennent les révélations, et Vincent découvre, médusé, tous les événements importants qui ont touché la vie de tous ses proches, et surtout pourquoi personne n’a eu le courage de lui en parler... Et la femme qui ose enfin lui dire la vérité est celle sans doute pour laquelle il avait le moins d’estime, sa réaction à son égard sera à la fois surprenante et proche du désespoir...

C’est un roman sur la rupture, sur ce que l’on emporte de son passé quand on décide de changer radicalement de vie, que l’on a réussi et que l’on est heureux... Le roman est un peu dérangeant car il nous pousse sans arrêt à nous interroger... Que reste-t-il à ceux qui restent ? Sont-ils responsables à sa place des drames ou des changements qui auraient dû toucher l’autre de plein fouet s’il était resté ? Et qui doit prendre la responsabilité de dire les choses et ainsi de prendre le risque de faire voler en éclat le miroir de vie idéale que nous renvoie celui qui est parti ?

Des interrogations qui trouvent leurs réponses dans la découverte de ce roman, simple et agréable à lire, même si les choix du héros peuvent nous surprendre et nous mettre ainsi un peu mal à l’aise.

Fiche technique

Format : poche
Pages : 186
Editeur : Pocket
Sortie : 3 septembre 2009
Prix : 6,50 €

L'auteur Claire Saim
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