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Le Bal des Vampires - Avis +
Onirik -> Culture -> Thêatre - Spectacle -> Dernière mise à jour : le mercredi 22 octobre 2014.

Une comédie musicale de grande envergure, avec une mise en scène et des décors somptueux, mais qui aurait davantage gagné à être plus proche du film originel, notamment au niveau de la musique... Mais soyons francs, c’est tout de même LE spectacle à voir à Paris en ce moment...



Lieu : Paris

Du 16 octobre 2014 au 5 juillet 2015

Présentation officielle

Dans un petit village, dont les habitants sont terrifiés par une étrange présence, Sarah, la fille de l’aubergiste, est soudainement enlevée. Alfred, transi d’amour pour elle, et le professeur Abronsius partent à sa recherche. Elle est retenue au château du terrifiant Comte Von Krolock dont les deux voyageurs parviennent à retrouver la trace.

Mais ils découvrent vite que le château abrite des buveurs de sang. Les vampires sortent de leurs tombes, le bal peut commencer...

Acclamé par plus de 7 millions de spectateurs dans 12 pays, le musical Le Bal des Vampires triomphe dans le monde depuis 17 ans. A l’origine de ce succès, Roman Polanski, réalise en 1967 une parodie de film de vampires, co-écrite avec Gérard Brach et qui en très peu de temps devient un véritable classique.

Entouré de l’auteur à succès Michael Kunze pour le livret et du géant du Rock Jim Steinman pour la musique, Roman Polanski signe un musical exubérant et décalé où humour et horreur se conjuguent pour l’éternité !

Ballades rock, humour renversant, chorégraphies interprétées chaque soir par 36 artistes, dans 230 costumes avec 150 perruques au milieu de décors époustouflants et au son d’un orchestre live, traduisent sur scène l’atmosphère si particulière et le caractère unique du film.

Avis de Claire

Les cinéphiles les plus mordus connaissent bien le cultissime Bal des Vampires, de Roman Polanski, sorti en 1967 et scénarisé par le maestro lui-même avec son complice, le français Gérard Brach. Le film, sorte de panégyrique du film d’horreur britannique, avec son ambiance iconoclaste et son style si caractéristique, est aujourd’hui considéré comme un classique du genre.

Disons-le clairement, si l’on s’attend à voir une sorte de film-bis, en version scénique, on a tout faux. Cette comédie musicale [1] est un objet artistique vraiment à part, bien qu’inspiré du film, avec des éléments de l’intrigue qui diffèrent nettement de l’original.

Allons directement aux choses qui fâchent, et encore c’est un avis totalement subjectif, nous le concédons bien volontiers. La musique... On est bien loin de la partition désopilante du génial compositeur et jazzman polonais Krzysztof Komeda, qui collait tant et si bien aux images qu’elle possédait autant de puissance qu’un rouage scénaristique.

Qui connaît les premières oeuvres de Polanski a en tête les mélodies de Komeda, puisqu’il lui a composé toutes ses bandes-originales jusqu’à sa mort prématurée en 1969. Et autant le dire, sa musique originelle du Bal des Vampires est absolument inoubliable. Et c’est précisément, à notre humble avis, le seul véritable point faible de cette nouvelle mouture.

Il faut savoir que la musique de la comédie musicale n’a pas été créée spécialement pour le spectacle. Elle existait au préalable dans des compositions du musicien Jim Steiner, via des succès planétaires de Meat Loaf ou encore Bonnie Tyler... Ainsi, à chaque fois que l’on entend une chanson, il y a cet étrange petit phénomène de déjà-entendu quelque part, dans un autre contexte...

Par exemple, l’un des airs-phares, qui revient un peu trop souvent, est sur la mélodie de Total eclipse of the heart de Bonnie Tyler, énorme tube de l’été 1983. Autant dire que cela n’a rien à voir avec les vampires, d’autant que les paroles françaises de la chanson Cette nuit restera éternelle sont plutôt hasardeuses. "J’ai souvent rêvé de rencontrer l’amour fou/mais il m’a fauchée j’en ai peur/t’as rien laissé du tout/quand t’as fait s’éclipser mon coeur", chante pourtant avec conviction la jolie Rafaëlle Cohen.

Nous avions évoqué quelques différences par rapport au script originel, et à l’instar d’un Francis Ford Coppola se réappropriant le mythe de Dracula en y ajoutant une romance entre le héros et le personnage de Mina, le livret de Michael Kunze ne se formalise pas, et imagine une Sarah Chagal subjuguée par le comte Von Krolock, ce qui donne lieu à un duo d’amoureux bien inattendu...

Fort heureusement, les interprètes se donnent tous à fond, avec une mention particulière pour Daniele Carta Mantiglia (qui a la lourde double tâche de succéder à Roman Polanski dans le rôle d’Alfred et d’ouvrir le spectacle), Stéphane Métro (Comte Von Krolock, bluffant et sexy ! Là où l’on attendait pas du tout le comte à vrai dire !), Pierre Samuel (hilarant Chagal), et enfin David Alexis (épatant professeur Abronsius). Mais tout le casting est à la hauteur, que ce soit en chant ou en danse, des performers de haut niveau. Rappelons que certains réussissent l’exploit de chanter avec des canines pointues, tout en gardant leur élocution intacte !

Les décors, à l’enchaînement remarquable (on passe de la forêt sous la neige, à la chaleur d’une auberge des Carpates, puis à un gigantesque château avec ses escaliers démesurés, sa crypte et son cimetière en un clin d’oeil), ont été judicieusement pensés. Avec d’efficaces jeux de lumières, l’illusion est quasi-parfaite. Même sentiment pour les costumes et les maquillages, exceptionnels.

Roman Polanski a su s’approprier la superbe salle du Théâtre Mogador, construit d’après le très londonien Palace, en 1913. Ainsi, certaines scènes emblématiques du film ont pu être reconstituées, comme la course poursuite entre Alfred et le vampire Herbert, ou encore quelques passages où les vampires investissent la salle, pour le plus grand plaisir du public de l’orchestre, qui a ainsi le sentiment d’être au coeur de l’action.

Si l’on perd un peu de vue cet aspect très sérieux du film qui faisait que ce dernier louchait autant, de manière fort érudite, du côté du Bildungsroman que de l’observation de la transgression des valeurs judéo-chrétiennes et des tabous de la société occidentale, ne reste que le côté gothico-romantique, saupoudré d’un humour bon enfant, qui rend ce spectacle accessible à un public plus jeune.

Au final, on en sort quand même ravi, parce qu’on en a pris plein les yeux, et même les oreilles (fan de Meat Loaf et Bonnie Tyler ou pas !). La salle entière finit en liesse et en standing ovation, après tout, c’est exactement ce qu’on en attendait, du bon divertissement !

© VBW Credit photo : BRINKHOFF / MÖGENBURG/ © Julien Benhamou (dernière photo)

Informations pratiques

Page Facebook

Le Bal des Vampires
Mise en scène de Roman Polanski
Théâtre Mogador
25 rue de Mogador 75009 Paris
TÉL. : 01 53 33 45 30
De 25 à 99 euros
Séances tous les jours à 20h, sauf dimanche
Matinées samedi et dimanche à 15h
Relâche lundi

Site officiel

[1] Elle a d’ailleurs été créée pour la première fois à Vienne en 1997 et a conquis plus de 7 millions de spectateurs


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