Onirik
L’année brouillard - Avis +
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le vendredi 14 janvier 2011.

Un fabuleux roman sur le thème sensible de la disparition d’une enfant, un voyage hypnotique dans les rouages complexes du coeur humain.



Editeur : Pocket

roman de Michelle Richmond

Le Mot de l’éditeur :

Un froid matin brumeux sur Ocean Beach à San Francisco. Emma sautille sur le sable. Abby surveille la fillette de son compagnon qui court devant elle. Elle détourne un instant le regard, son oeil de photographe professionnelle a repéré quelque chose... Lorsqu’Abby se retourne à nouveau, la fillette a disparu.

Noyée ? Enlevée ? Perdue ? En l’absence de demande de rançon et faute d’indices matériels, la police clôt l’enquête. Jake, le père, s’enferme dans le chagrin et s’éloigne d’Abby. Elle seule continue de croire qu’Emma est vivante. Sa quête de l’enfant sera sa rédemption.

"Se rappeler", "à tout prix" : la plage, la vague, le parking, le van, le phoque échoué. Torturant sa mémoire, Emma traque l’indice majeur, l’instant fatal, la première minute de l’année brouillard...

Avis d’Enora

Tout d’abord il est important de préciser que ce n’est pas un roman policier sinon le lecteur qui l’aborderait sous cet angle risquerait d’être déçu. C’est un roman psychologique à suspense sur la perte, le deuil, la mémoire et la culpabilité.

Un jour de brouillard, Abby emmène la fille de son compagnon se promener sur la plage. Photographe de métier, elle ne peut s’empêcher de fixer les mouvances du matin brumeux ; quand elle relève la tète, la petite fille s’est volatilisée. Elle appelle, arpente la plage, le parking, mais Emma n’est plus là.

Commence alors pour Abby et Jake, le calvaire des parents dont l’enfant a disparu : faire face à la suspicion des policiers et prouver leur innocence ; ne pouvoir se soutenir car la culpabilité de l’un est accentuée par le ressentiment de l’autre ; et avec le temps qui passe, l’attente, le désespoir, le déni, l’abattement psychologique et le dépérissement physique, l’impossibilité de faire un deuil, de reprendre le cours de la vie.

L’écriture sensible et dénuée de pathos crée tout de suite chez le lecteur une empathie avec la narratrice. Ce roman sur l’amour « parental » est aussi une recherche sur la mémoire, à la fois complice et ennemie, qui déforme et transforme à l’instar de l’objectif du photographe, floutant les souvenirs comme le brouillard du jour de la disparition.

Le personnage d’Abby est particulièrement émouvant dans son rôle de belle-mère, rongée par la culpabilité et le souvenir de la relation difficile à sa propre mère mais qui, soutenue par l’amour qu’elle porte à la fillette, sera la seule à ne jamais baisser les bras. La jeune femme sensible et fragile choisira d’affronter la tragédie plutôt que de se laisser détruire par la douleur. La fin est heureuse mais non convenue et permettra à Abby de prendre un nouveau départ et d’avancer sur ce qu’on pressent être un chemin heureux.

Extrêmement bien analysé, maitrisé et écrit, ce roman est exceptionnel de part son thème et sa construction. Un livre qui hante longtemps après avoir été refermé.

Fiche technique

Format : poche
Pages : 533
Editeur : Pocket
Sortie : octobre 2010
Prix : 7,80 €

L'auteur Enora
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