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Cinquante nuances de romance au Salon du Livre
Onirik -> Culture -> Exposition, musée, Salon -> Dernière mise à jour : le mardi 26 mars 2013.

Signe de l’air du temps ? En tout cas, pour la première fois, la romance (plus au moins épicée) avait les honneurs du Salon du livre de Paris. Chronique d’un succès qui ne date pas d’hier !



Lieu : Paris

De l’eau de rose aux épices...

Une première au Salon du livre, le genre de la romance, longtemps relégué sous les étals des rayons de supermarché ou des relais de gares était à l’honneur cette année, sous la forme de deux conférences majeures, La littérature dans tous ses ébats avec la participation de Stéphane Marsan (directeur de la publication des éditions Bragelonne), l’auteur Sylvia Day (J’ai Lu) et la spécialiste de la romance, Callixta.

Cette première approche mettait en lumière un genre de littérature particulièrement prisé en ce moment, et qui a le vent Sylvia Dayen poupe dans les librairies, mais qui est loin d’être récent, et même bien compris. Il s’agit bien évidemment de la romance érotique.

La question posée par le débat était la suivante : « Comment expliquer l’engouement pour la mise en récit de ces nourritures terrestres ? » Au final, il en ressort que le maître-mot est de se faire plaisir et surtout de faire accepter l’idée que lire de la littérature érotique n’a rien de honteux.

L’effet nuances de gris

La seconde conférence, menée de main de maître par Agnès Caubet du site de référence Les Romantiques, à laquelle ont participé la rédactrice en chef d’Onirik, Valérie Revelut, ainsi que la talentueuse Karen Harroch du forum Au Boudoir écarlate, et dont l’intitulé s’inspirait très ouvertement du best-seller de E. L. James, qui a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois, est revenu sur le genre de la romance en général.

Les thématiques ont pris le parti de s’interroger l’effet "romance", phénomène de mode ou pas, ainsi que les différents genres qui la composent. Pour répondre à ces questions, deux auteurs, au style bien différent, sont venues parler de leur expérience, la britannique Elizabeth Aston (Milady Romance) et la française Cassandra O’Donnell (J’ai Lu).

Agnès Caubet a rappelé à juste titre la véritable définition de la romance, appellation choisie par les lectrices elles-mêmes, par opposition aux fameux termes péjoratifs de "littérature sentimentale", "à l’eau de rose" ou encore "féminine", qui ont une portée réductrice et par conséquent, tronquée.

La romance, (de l’anglais romance), c’est un roman dont l’intrigue principale est centrée sur une histoire d’amour, qui finit bien, avec un couple qui évolue, mais qui est clairement identifié dès le départ, et où les scènes d’amour (s’il y en a, ce n’est pas systématique) font partie intégrante du récit.

Tout ce qui brille...

L’un des objectifs de cette rencontre était de montrer que la romance est un genre littéraire au même titre que le polar par exemple, les chiffres à ce sujet sont d’ailleurs particulièrement éloquents aux Etats-Unis, pionniers en la matière.

La romance y occupe quelques 40% de parts du marché du livre, contre seulement 30% pour le polar. Plus révélateur encore, 50% de livres de poche vendus, toutes catégories confondues, sont des romances.

Il s’agit donc d’un marché à conquérir pour les éditeurs et les libraires français. Pourtant, même si la romance n’a pas encore les faveurs des têtes de gondoles de l’hexagone, la chose commence à se démocratiser toutefois, comme nous l’avons constaté dans les grandes enseignes culturelles.

A ce sujet, saluons les pionnières, les éditions Harlequin, J’ai Lu pour Elle, mais également les plus récentes Bragelonne/Milady Romance et les éditions Charleston. Ces dernières ont choisi de mettre l’accent sur le feel-good, en publiant des auteurs comme Debbie Macomber, bien Elizabeth Astonconnue des lectrices Harlequin.

Les lectrices et la romance, une histoire d’amour qui dure...

Alors, la romance est-elle un phénomène de mode ? Non, bien évidemment si l’on en croit les expertes qui ont brillamment défendu leur sujet. Si l’on s’accorde sur le fait que Jane Austen et ses romans ont largement contribué à inspirer le genre, la romancière britannique est d’ailleurs "le Mozart de la littérature" pour Elizabeth Aston, aujourd’hui, cette influence est particulièrement notable dans la romance historique.

Valérie Revelut est revenue avec beaucoup d’humour sur le fait que la romance va de pair avec l’évolution de la société. Souvent, bien des lecteurs ont une fausse image de la romance, qui souffre d’une certaine connotation rétrograde qui a eu cours avant les années 90.

La romance moderne (on entend par là une Valérie et Cassandra ODonnellromance où la femme n’a pas uniquement pour but d’être reléguée au rang d’épouse et de mère) n’est apparue que depuis environ 30 ans, se calquant sur l’évolution des moeurs et la place de la femme grandissante dans la société, et en particulier dans le monde du travail.

La romance, d’un point de vue sociologique, apparaît alors comme un instantané de la société à une époque donnée, et même, bien au-delà, à la place des femmes, et à leurs désirs et aspirations. La lectrice de romance, qui dévore approximativement en un mois ce que lit le Français moyen en un an, comme l’a rappelé Agnès Caubet, recherche avant tout l’évasion, le rêve, le plaisir.

Karen Harroch est revenue avec passion (et une bonne dose d’humour) sur les différents sous-genres de la romance (historique, contemporaine, paranormale, érotique et romantic-suspense), cette littérature qui réserve bien des surprises, et dans laquelle chacun peut y trouver son compte.

Pour clore cette conférence sans tabous ni complexes, c’est la malicieuse Cassandra O’Donnell qui a eu le mot de la fin, largement repris dans les réseaux sociaux, la romancière s’est fendue d’un très audacieux "J’aime la romance et je vous emmerde" ! Le public, conquis, plutôt nombreux et majoritairement féminin (oui, il y avait aussi des hommes !) était aux anges !


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