
film franco-qatari-tunisien de Erige Sehiri (2026)
Présentation officielle
Marie, pasteure ivoirienne et ancienne journaliste, vit à Tunis. Elle héberge Naney, une jeune mère en quête d’un avenir meilleur, et Jolie, une étudiante déterminée qui porte les espoirs de sa famille restée au pays.
Quand les trois femmes recueillent Kenza, 4 ans, rescapée d’un naufrage, leur refuge se transforme en famille recomposée tendre mais intranquille dans un climat social de plus en plus préoccupant.
Avis de Valérie
En Tunisie, la question de l’immigration subsaharienne est devenue un sujet particulièrement sensible. Pour y répondre, le gouvernement multiplie les mesures drastiques : rafles au faciès, violences policières, incarcérations abusives, sans distinction entre personnes en situation régulière ou non. C’est dans ce climat de peur et de précarité que s’inscrit Promis le ciel.
Marie, jeune pasteure évangélique ivoirienne, tente de maintenir à flot sa petite communauté, plus ou moins tolérée par les autorités. Elle héberge Jolie, étudiante disposant d’un visa en règle mais frustrée par une vie mise entre parenthèses, et Naney, femme débrouillarde et charismatique, qui rêve de rejoindre l’Europe. Cette dernière survit grâce à de petits trafics, une activité risquée qui fragilise encore davantage une situation déjà instable.
Marie recueille une gamine rescapée d’un naufrage en mer et décide de ne pas la signaler aux services de l’enfance. Auprès d’elle, l’enfant est choyée, d’autant plus qu’elle n’a aucun souvenir de sa famille ni même de son nom. Dans le contexte actuel, la confier aux mains de l’État ne garantirait en rien sa sécurité.
Derrière ce récit difficile sur le racisme institutionnel, le film interroge aussi la condition féminine. Marie cumule toutes les fragilités possibles : femme, noire, célibataire, migrante, et responsable d’une Église évangélique dans un pays majoritairement musulman. Elle incarne une figure de résistance silencieuse, tiraillée entre la nécessité de survivre et une foi qui l’oblige à accueillir, aimer et protéger, sans considération pour sa propre sécurité.
Sans jamais verser dans le mélo, Promis le ciel montre comment la foi, la solidarité et la sororité deviennent des actes de résistance. Un film âpre et profondément humain, riche en émotions, qui décrit aussi l’abandon progressif de toutes certitudes comme condition de survie. Il donne à voir une réalité rarement montrée en France, mais met surtout en lumière des portraits ciselés, magnifiquement incarnés par Aïssa Maïga et, pour la première fois au cinéma, la remarquable présence de Deborah Christelle Lobe Naney.
Finalement, Promis le ciel est aussi un film sur l’espoir : celui d’une humanité qui résiste aux pressions iniques, dans une résonance troublante avec notre actualité. Une belle démonstration de la foi, quelle qu’elle soit, comme force de vie et de résistance.




Fiche technique
Sortie : 28 janvier 2026
Durée : 92 minutes
Genre : drame
Avec Aïssa Maïga, Deborah Christelle Lobe Naney, Laetitia Ky