
film hongro-américain de James Vanderbilt (2026)
Présentation officielle
1945. Il est temps d’instruire le procès du régime nazi à Nuremberg. Le psychiatre américain Douglas Kelley doit évaluer la santé mentale des dignitaires du IIIᵉ Reich. Face au manipulateur Hermann Göring, il se retrouve pris dans un rapport de force. S’ouvre alors un duel avec le mal absolu.
Avis de Valérie
Face à l’horreur de ce que les Russes et les Américains découvrent lors de la libération des camps, un procureur américain souhaite installer un tribunal à Nuremberg, en Allemagne, afin de juger les plus hauts dignitaires nazis. Un tribunal est ainsi mis en place là même où furent instaurées les premières lois antijuives.
Pour garantir la santé mentale des accusés, les déclarer aptes à être jugés et prévenir toute tentative d’échapper à la condamnation, un psychiatre militaire, Doug Kelley, est requis. Accompagné d’un traducteur, le médecin entame un véritable pas de deux avec Hermann Göring, numéro deux du régime après Hitler. Narcissique, manipulateur, brillant, l’homme fascine profondément l’Américain.
Peu à peu, Doug Kelley se rend compte qu’il tient là la matière d’un futur best-seller. Alors que le monde a besoin de croire que les dignitaires nazis étaient des monstres démoniaques, lui cherche à démontrer qu’ils sont des hommes – presque – comme les autres, placés face à un pouvoir total.
S’il n’y a, a priori, rien de réjouissant à regarder un film consacré au procès des plus grands criminels nazis encore en vie après la guerre, la mise en scène parvient néanmoins à captiver. L’approche psychologique est d’autant plus intéressante que l’on s’est tous interrogés, non sur le désir de guerre et de sang, mais sur la facilité avec laquelle la Solution finale a pu être pensée puis mise en œuvre.
Le casting est, bien sûr, excellent – notamment Rami Malek – mais c’est Russell Crowe qui s’impose dans ce qui est sans doute l’un des rôles les plus difficiles qui soient. Il incarne un monstre charmeur et manipulateur, jouant tour à tour de la sympathie et de l’autorité avec une finesse troublante. Il est si convaincant qu’il devient parfois difficile de penser à autre chose qu’à son jeu.
Il subsiste quelques ressorts trop hollywoodiens pour faire de Nuremberg un grand film ou un véritable témoignage historique. Mais il s’agit sans doute de l’une des approches les plus accessibles pour revisiter cette période épouvantable sans s’y perdre émotionnellement. Et surtout, le film rappelle avec force que si l’homme est capable du meilleur, il est salutaire de ne jamais oublier qu’il se distingue aussi, bien souvent, par le pire — pour peu qu’on lui en laisse l’occasion.




Fiche technique
Sortie : 28 janvier 2026
Durée : 2h 28min
Genre : drame historique
Avec Russell Crowe, Rami Malek, Richard E. Grant