Le Portail des dieux infernaux – Avis +

Éditeur ‏: ‎Lorestone

roman de Matt Dinniman

Présentation de l’éditeur

Une bulle. Cent cinquante crawlers. Quatre châteaux. Quinze jours.

Que devient le duo de choc le plus suivi de l’univers ?

Projetés dans l’une des 1 172 bulles qui composent le niveau 5, Carl, Donut et Katia n’ont que deux semaines pour conquérir les quatre bastions qu’elle contient et, ainsi, débloquer l’accès aux escaliers. Comme si cela ne suffisait pas, la plupart des crawlers avec lesquels ils sont forcés de collaborer sont soit des boulets incompétents, soit de niveaux trop faibles pour véritablement les aider.

Heureusement, Carl bénéficie toujours d’un atout de taille, bien caché dans son inventaire. Il doit cependant rester sur ses gardes : les maîtres du jeu – ainsi que Loita, la nouvelle agente de l’équipe – l’ont à l’œil, tolérant de moins en moins ses provocations. Au moindre soupçon, le Livre lui sera retiré ; au moindre écart, c’est l’accélération assurée.

Rien, pourtant, ne le fera dévier de sa nouvelle résolution. Ils ne le briseront pas. Jamais. C’est lui qui les brisera. Tous.

Ils l’appellent Dungeon Crawler World. Mais pour Carl et Donut, c’est tout sauf un jeu.

Avis de Valérie

Bordel de bordel !

Le quatrième tome des aventures de Carl, Donut, Katia et Mordecaï, dans cet escape game géant et mortel, nous entraîne dans un nouveau niveau — le cinquième — toujours aussi original. Le terrain de jeu est cette fois divisé en sphères, dans lesquelles tous les crawlers sont répartis, quelques centaines par zone. Ils vont devoir combattre en équipe afin de libérer quatre « châteaux », condition indispensable pour accéder aux escaliers menant au chapitre suivant.

Dungeon Crawler Carl – Tome 4 : Matt Dinniman repousse encore les limites du jeu !

Dans les faits, la difficulté augmente : elle repose sur la capacité d’individus étrangers, placés en situation de danger permanent, à s’associer pour obtenir un résultat commun. Bien sûr, parvenir à une telle étape suppose une certaine intelligence… ou une force brute dénuée de toute empathie, flirtant parfois avec une sociopathie bien affirmée. Mais puisque Carl a choisi la voie de l’artificier, il ne se gêne pas pour tout faire péter sur son passage.

Et puis il y a Donut… Cette chatte de concours, embarquée dans cette télé-réalité mortelle aux côtés de Carl, est devenue un être intelligent et puissant, qui s’exprime en permanence avec drôlerie et surtout une belle candeur. Elle apporte une fraîcheur bienvenue, et surtout une forme d’humanité auprès de personnages qui l’ont parfois perdue depuis plusieurs niveaux.

Toujours aussi addictive, la lecture dévore – ou savoure – ses 650 pages sans le moindre accroc. Cette série fait partie de ces œuvres que l’on brûle de terminer tout en freinant des quatre fers, pour profiter de chaque détail, de chaque arc narratif, de chaque blague ou renversement astucieux. Finalement, Dungeon Crawler Carl est une délicieuse torture, où chaque lecteur accepte le contrat tacite proposé par l’écrivain : on va en baver, mais quel pied !

Matt Dinniman est tout simplement incroyable. Il donne vie et profondeur à ses personnages, les rendant vivants et émotionnellement tangibles, sans jamais oublier l’action, l’aventure et les règles inhérentes aux jeux de rôle. Il est rare — voire exceptionnel — d’atteindre un tel niveau d’écriture, capable de rendre le fun aussi réjouissant sans jamais perdre en cohérence. Et cela est clairement à mettre au crédit de l’auteur.

Après un tome 3 particulièrement ardu, dont l’action se déroulait entièrement sur des lignes de chemin de fer, on retrouve ici une bien plus grande clarté dans l’environnement et les quêtes. En parallèle de la survie, Carl ( qui n’est décidément pas le plus costaud du cheptel, mais clairement le plus intelligent) appréhende cette histoire en trois dimensions. Il observe chaque détail de cette politique intersidérale et son esprit anarchiste traque les failles pour faire exploser l’establishment, quel qu’il soit.

On referme ce tome sur un épilogue qui donne la parole à des personnages mystérieux, ouvrant un pan encore plus énigmatique de cette mythologie. Bref, une fois encore, une seule envie s’impose : découvrir la suite. Bonne nouvelle, le tome 5 est heureusement prévu pour avril 2026.


Fiche technique

Format : broché
Pages : 656
Éditeur ‏: ‎Lorestone
Sortie : 4 décembre 2025
Prix : 16,90 €