
Éditeur : Dargaud
de Jacques Ferrandez et Rodolphe
– J’envisage réellement de vendre la tour Eiffel !
1912, le paquebot France1 débute son premier voyage transatlantique. À son bord se trouve le Vicomte. Cet aristocrate et gentleman sympathise aisément avec les passagers de première classe. Il est intéressé par les parties de poker, mais ne joue pas. Il confie à un de ses compagnons de voyage que, sa famille ayant connu des revers de fortune, il est devenu par nécessité joueur professionnel.
Comme il est devenu l’un de ses amis, il ne peut se résoudre à lui prendre son argent. Son interlocuteur réfléchit. Allons, il est riche. Il peut se permettre de perdre une petite somme et, puis… le Vicomte est-il vraiment si bon que cela ? Ah, s’il insiste.
Il s’agit de la première des aventures du Vicomte qui ait attiré l’attention. D’autres suivront. Six histoires courtes2 relatent ses exploits à travers le monde en tant que joueur professionnel, faussaire et escroc, de 1912 à 1960. S’il s’est fait relativement discret, ces histoires bénéficient cependant des témoignages de certains complices ou victimes, et même d’un journaliste américain portant chapeau et lunettes, et se nommant Kent.
Le personnage du Vicomte correspond à celui de l’escroc Victor Lustig (1890-1947)3 qui réussit à vendre la tour Eiffel à un ferrailleur naïf (les 7 300 tonnes de la tour restèrent sur place).
Cet album4 repose sur le culot du personnage, n’hésitant pas à berner les représentants de la loi comme les dignitaires du Troisième Reich, et exploitant au mieux les failles présentes dans la personnalité de ses cibles. Habilement, le scénariste présente la psychologie des protagonistes, qui est ensuite parfaitement exploitée par le Vicomte.
- Pas celui de la chanson de Michel Sardou, mais celui de la Compagnie générale transatlantique, surnommé le Versailles des mers, qui assura la ligne Le Havre – New York de 1912 à 1932. ↩︎
- La grande classe – La boite à malice – Les pigeons de Broadway – La dame de fer – Der Truppenführer – Soleil bas. ↩︎
- L’Homme qui vendit la tour Eiffel (The Man Who Sold the Eiffel Tower) de James F. Johnson et Floyd Miller, chez Calmann-Lévy (1963) et la BD du même nom de Stéphane Marchetti et Joseph Falzon, chez Dargaud (2026) ↩︎
- Réédité dans Le vicomte et autres récits (Casterman, 2012) ↩︎
Fiche technique
Format : album
Pages : 55
Scénario : Rodolphe
Dessin : Jacques Ferrandez
Éditeur : Dargaud
Collection : Portraits souvenirs
Sortie : février 1986
Prix : 8 €