Voyage au centre de la Terre – Avis +

Éditeur : Larousse

roman de Jules Verne

Sommes-nous toujours sur la mer ? Oui, et emportés avec une vitesse incalculable. Nous avons passé sous l’Angleterre, sous la Manche, sous la France, sous l’Europe entière, peut-être !

Axel Lidenbrock, neveu du géologue et naturaliste allemand Otto Lidenbrock, a été incorporé dans la recherche menée par son oncle : un obscur message codé rédigé au XVIe siècle en anciens caractères runiques1. L’alchimiste islandais Arne Saknussemm y affirme avoir découvert un passage menant au centre de la Terre. L’entrée se situant au cœur d’un volcan éteint nommé Sneffels, les deux Lidenbrock (l’oncle très enthousiaste et le neveu beaucoup moins) partent donc pour l’Islande. Ils y recrutent le troisième membre de leur expédition le guide islandais Hans Bjelke.

C’est ainsi que les trois hommes descendent dans les profondeurs de la Terre, parvenant jusqu’à une gigantesque caverne où se trouve une mer souterraine qui sera baptisée Mer Lidenbrock (en toute simplicité). Naviguant sur un radeau ou bien parcourant à pied les côtes, ils découvrent que ce monde intérieur est peuplé d’animaux préhistoriques et peut-être également d’un hominidé « un Protée2 de ces contrées souterraines, un nouveau fils de Neptune, gardait cet innombrable troupeau de mastodontes. ».

Cette brève vision sera par la suite écartée (« Non ! C’est impossible ! Nos sens ont été abusés, nos yeux n’ont pas vu ce qu’ils voyaient ! Nulle créature humaine n’existe dans ce monde subterrestre »). Cette position se retrouvera dans Autour de la Lune lorsque Michel Ardan refusera de croire qu’il a réellement aperçu des ruines sur la surface lunaire. On remarquera le gigantisme de la créature (« Sa taille dépassait douze pieds », soit plus de 3,60 mètres.) similaire à celui des animaux préhistoriques et celui des champignons géants.

Ce roman relate les compétences scientifiques en spéléologie, paléontologie et minéralogie à l’époque de sa rédaction (1864). Apparenté à de la science-fiction par le caractère rationnel des possibilités scientifiques, il s’en écarte parfois avec un élément fantastique. Mais l’esprit cartésien des explorateurs rejette cette idée. Ce qu’ils ont entraperçu n’étant plus visible n’existe donc pas.


  1. Hormis quelques séquences dramatiques (la séparation d’Alex Lidenbrock de ses compagnons d’aventure, la remontée spectaculaire) l’essentiel du texte concerne des données scientifiques établies ou spéculatives. On retrouve la science de la cryptologie qui, visiblement, passionnait Jules Verne (Mathias Sandorf, La Jacanda, Les Enfants du Capitaine Grant). C’est également dans ce roman que le thème de la caverne (L’Île mystérieuse, Hector Servadac, Les Indes noires) est le plus utilisé. ↩︎
  2. Divinité de la mythologie grecque, gardien des troupeaux de phoques de Poséidon. ↩︎

Fiche technique

Format : broché
Pages : 288
Éditeur : Larousse
Sortie : 8 octobre 2025
Prix : 19,99 €