Deep End – Avis +

Editeur : Hauteville

roman d’Ali Hazelwood

Présentation officielle

Tous les nageurs de D1 sont faits dans le même moule. Très grands. Très musclés. Souvent très beaux gosses. Épaules larges, torse élancé, longs bras. Ce n’est pas à cause de son physique que mon cerveau s’affole. Je suis physiologiquement incapable de produire un sourire. Parésie temporaire du nerf facial. Peu importe, car lui non plus ne sourit pas. Que fait-il, pieds nus, dans le jardin de mon entraîneur ? Et pourquoi me regarde-t-il comme ça ?

Scarlett Vandermeer nage à contre-courant. Plongeuse dans l’équipe universitaire de Stanford, à peine remise d’une grave blessure, elle se concentre sur le concours d’entrée en fac de médecine. Elle n’a absolument pas le temps d’être en couple. Capitaine de l’équipe de natation, Lukas collectionne les médailles et pulvérise les records. Lui non plus n’a pas le temps pour les distractions.

Le soir où elle le plaque, son ex a une illumination : puisque lui et Scarlett aiment les jeux de domination, ils devraient coucher ensemble ! D’abord sceptiques, ils finissent par se jeter à l’eau, se promettant qu’entre eux il n’y a que du sexe. Mais, à l’approche de compétitions importantes, se pose la question fatidique – qui montera sur la première marche du podium : leur carrière ou leur relation ?

Avis de Hiro

Scarlett est une plongeuse de haut niveau. Malgré un terrible accident en compétition, elle revient sur les plongeoirs et se surpasse pour retrouver ses compétences. Cependant, malgré tous ses entraînements, elle rencontre encore quelques blocages sur l’une des figures. Studieuse et assez discrète, la jeune femme n’aime pas particulièrement se mettre en avant.

Un soir, elle tombe sur une discussion animée entre Penelope et Lukas. Elle est plongeuse, lui nageur, et ils forment depuis longtemps un couple parfait, tous deux médaillés d’or. Pourtant, il semblerait qu’il y ait de l’eau dans le gaz : ils ne semblent plus vraiment se convenir sur le plan amoureux.

Lors d’une soirée étudiante, Penelope, qui apprécie énormément Scarlett tout autant qu’elle aime encore Lukas, leur propose alors, sous l’effet de l’alcool, de coucher ensemble. L’un aime dominer, l’autre aime être dominée : pour elle, c’est le match parfait. Et puis, Scarlett est attirée par un autre garçon, alors où serait le problème ?

Scarlett est une personne qui se livre peu, et Penelope est clairement la première fille avec qui elle devient réellement amie. Elle reste donc toujours un peu distante face à ce nouveau lien qu’elle commence à créer avec Lukas. Si ce n’est que pour du plaisir physique, ce n’est sans doute pas une trahison… surtout que Penelope les a poussés l’un vers l’autre, alors pourquoi pas ?

Lukas n’est pas du tout comme elle l’imaginait. En réalité, elle ne l’imaginait même pas, puisqu’elle ne le voyait pas vraiment jusqu’alors. Le Suédois se dévoile peu à peu et laisse apparaître des facettes inattendues de sa personnalité. Il éprouve un réel intérêt pour elle : il aime autant la tenir dans ses bras et dormir à ses côtés que l’écouter ou coucher avec elle. Souvent très doux malgré leurs jeux de domination, il la respecte profondément, et cela finit peu à peu par la séduire.

En parallèle de cette relation, Scarlett continue de se consacrer pleinement à son sport et à ses études. Son blocage sur un plongeon précis la paralyse et la frustre. Voir ses capacités réduites lui est insupportable : elle déteste perdre le contrôle. Étudiante ambitieuse, elle souhaite intégrer médecine. Pour appuyer son dossier, on lui permet d’assister à un projet scientifique, ce qui permet au passage de retrouver Olive Smith et Adam Carlsen1.

Outre une lecture efficace et parfois brûlante à travers ses scènes de sexe, certains éléments peuvent néanmoins finir par faire lever les yeux au ciel. Le roman souffre notamment de quelques longueurs en milieu de récit, ainsi que de certaines réactions répétitives de l’héroïne ; elle pleure énormément, et Lukas passe son temps à essuyer ses larmes du pouce. De plus, l’image presque parfaite de Lukas finit par lui faire perdre un peu de relief : dieu du sexe, dieu des bassins… le jeune homme semble rarement en difficulté et ne paraît jamais réellement prendre de risques. C’est dommage, car cela réduit quelque peu les enjeux autour de son personnage.

Néanmoins, Deep End reste un roman très agréable à lire. La plume d’Ali Hazelwood demeure un véritable régal. C’est un plaisir de retrouver la dimension scientifique chère à l’autrice, mais aussi de voir à quel point elle développe ici l’aspect sportif : la pression, les entraînements et la compétition prennent réellement vie au fil des pages.


  1. Les deux personnages principaux du roman The Love Hypothesis ↩︎

Fiche technique

Format : broché
Pages : 544
Editeur : Hauteville
Sortie : 1er avril 2026
Prix : 24,95 €