L’Île aux jardins enchantés – Avis +

Éditeur ‏:‎ Bragelonne

roman de Sarah Beth Durst

Présentation de l’éditeur

Parce qu’elle se sentait seule, Terlu Perna a enfreint la loi et s’est servie de magie pour créer une plante sentiente. En guise de punition, elle se voit changée en statue de bois et reléguée dans une alcôve de la Grande Bibliothèque d’Alyssium.

Son histoire aurait dû s’arrêter là… Mais un jour, Terlu se réveille en plein hiver, affamée et gelée, sur une île abritant des centaines de serres magiques. Le seul autre humain sur l’île est un jardinier grincheux. À la grande surprise de Terlu, il lui offre le gîte, des vêtements propres et des gâteaux au miel tout frais… du moins, jusqu’à ce qu’elle soit prête à reprendre la mer.

Mais Terlu ne peut rentrer chez elle, et n’en a d’ailleurs aucune envie. Toutes plus merveilleuses les unes que les autres, ces serres sont un rêve devenu réalité. Lorsqu’elle apprend que la magie qui les préserve est en train de disparaître, Terlu sait qu’elle doit agir. Quitte à enfreindre de nouveau la loi.

La différence, cette fois, est qu’elle n’est pas seule. Avec l’aide du jardinier et d’une rose sentiente, Terlu doit percer les secrets d’un défunt mage si elle veut sauver l’île… et avoir une nouvelle chance de connaître le bonheur et l’amour.

Avis de Valérie

L’Île aux jardins enchantés : une cosy fantasy poétique et lumineuse

Jeune bibliothécaire, Terlu a tant souffert de la solitude qu’elle a utilisé la magie – alors interdite aux non-mages – pour créer une plante sentiente. Caz est devenu un véritable ami, intelligent, aimant et aidant. Lorsque son acte a été découvert, Terlu est passée au tribunal, et le juge a choisi d’en faire un exemple : elle a été statufiée ad vitam æternam

Un beau jour, Terlu s’est réveillée de son état, sans savoir pourquoi ni où elle se trouve. Il neige, elle a froid, mais elle remarque un bâtiment. Elle finit par tomber sur la seule personne habitant cette île : Yarrow, un jardinier qui entretient une quantité phénoménale de plantes dans des serres enchantées, capables d’émuler les climats convenant à chaque espèce.

Elle comprend alors qu’elle a été envoyée pour réparer des sortilèges malades. Mais elle n’est qu’une bibliothécaire, et absolument pas une mage. Sans compter la peine encourue si elle était reprise à user de sortilèges… Pourtant, elle qui connaît toutes les langues oubliées, elle dont l’esprit résout les énigmes, pourrait peut-être essayer ?

Cette jolie histoire est un véritable enchantement. Si, pour certains, la cosy fantasy est une sorte de safe place où rien ne se passe, elle peut aussi être ce type de roman où chaque page est une découverte, celle d’un monde cohérent et merveilleux. Les personnages sont bien caractérisés, avec leurs talents, leurs doutes et leurs défauts.

Une vraie poésie se dégage des pages, et non une simple accumulation de jolies choses. On sent que l’autrice fait corps avec son texte, le travaille, le cisèle et le pare de mille couleurs. Les plantes parlantes et les animaux mystérieux sont particulièrement attachants, au point que l’on est immédiatement happé par cet univers dès l’ouverture du roman. Et si l’on ne s’ennuie jamais, c’est aussi parce qu’il existe une véritable intrigue, des rapprochements, et des enjeux importants.

À noter : L’Île aux jardins enchantés baigne dans le même univers que le précédent titre paru chez Bragelonne, La Petite Boutique de sortilèges. Il ne s’agit toutefois ni d’une suite ni d’une préquelle, et le roman se lit parfaitement de manière indépendante. Et comme souvent maintenant, l’objet en lui même est de toute beauté, avec un jaspage totalement évocateur de ce que renferme l’histoire. On salue également la superbe illustration de couverture, elle aussi initiatrice de ce monde dans lequel le lecteur va plonger. Un délice !

L’Île aux jardins enchantés est ainsi un roman qui célèbre la douceur sans renoncer à la profondeur. Il parle de solitude, de réparation et de transmission, avec une délicatesse rare. Une cosy fantasy lumineuse et sensible, qui rappelle que la magie ne réside pas seulement dans les sortilèges, mais aussi dans la connaissance, l’attention portée aux autres et la patience du vivant.


Fiche technique

Format : broché
Pages : 416
Éditeur ‏:‎ Bragelonne
Sortie : ‎11 février 2026
Prix : 22 €