Nadja – Avis +

film américain de Michael Almereyda (1994)

Présentation officielle

Après la mort de son père, le comte Dracula, Nadja, jeune vampire désenchantée, erre à travers New York, espérant que cette disparition la libérera enfin du poids d’une existence éternelle. En chemin, elle fait la rencontre de Lucy, une jeune femme perdue et mélancolique : un lien intense, mêlé de désir et de fascination, naît immédiatement entre elles.

Entretemps, le Dr Van Helsing, responsable de la mort du comte, sort de prison grâce à son neveu Jim, le mari de Lucy. Obsédé par l’idée d’éradiquer cette lignée de vampires, il se lance à la poursuite de Nadja…

Avis de Aude

Nadja : le film gothique de Michael Almereyda au cinéma

Nadja, vampire new-yorkaise, tente de renouer avec son frère à l’annonce de la mort de leur père.

Nadja a été réalisé en 1994 par Michael Almereyda. Sorti aux États-Unis en 1995, il arrive pour la première fois sur les écrans français grâce à Carlotta Films, qui nous le propose dans une nouvelle version restaurée en 4K.

Ce film présente plusieurs spécificités. Il a été coproduit par David Lynch, qui y fait d’ailleurs une brève apparition. L’influence de ce célèbre artiste est notable, notamment à travers les atmosphères très travaillées de cette œuvre underground américaine. Avec un budget très restreint, estimé à un million de dollars, le long-métrage revendique une forte identité de cinéma d’art et d’essai. Il constitue un véritable exemple de cinéma indépendant. Le réalisateur a notamment utilisé la caméra PXL-2000, également connue sous le nom de Pixelvision, pour filmer certaines scènes. Lancé en 1987 par Fisher-Price, ce jouet produisait des images granuleuses et floues qui ont séduit de nombreux cinéastes indépendants. Tous ces éléments font de Nadja un long-métrage à part, doté d’une personnalité marquée.

Michael Almereyda est également le scénariste de ce récit vampirique, dans lequel il réunit les thèmes chers au gothique. Personnages torturés, secrets de famille peu reluisants et culpabilité sont autant de sujets qu’il explore au fil de cette aventure. Sa mise en scène est particulièrement marquante. Les atmosphères gothiques sont sublimées par un noir et blanc qui permet au magnifique travail de Jim Denault, le directeur de la photographie, de prendre toute son ampleur. Les clairs-obscurs soulignent les aspects lugubres des lieux et des situations, leur conférant une beauté qui contraste avec ce qu’ils racontent. Les décors de Kurt Ossenfort, notamment ceux des lieux isolés, mettent en exergue l’intensité des relations entre les protagonistes. Les costumes de Prudence Moriarty sont à la fois élégants et désuets, en parfaite adéquation avec la personnalité singulière du film.

Le rythme est assez lent et les scènes tournées en Pixelvision ne sont pas toujours d’un grand confort visuel. Pourtant, il émane de Nadja un charme exceptionnel. Celui-ci tient aussi à la présence de la très belle et talentueuse Elina Löwensohn, qui incarne l’héroïne avec une grande intensité. Les acteurs sont tout à fait convaincants, qu’il s’agisse de Peter Fonda dans le double rôle de Dracula et de Van Helsing, de Martin Donovan dans celui de Jim, de Jared Harris en Edgar ou encore de Karl Geary, qui interprète Renfield.

Nadja est un film culte et, en le découvrant, il est aisé de comprendre pourquoi. Ses accents fantastiques et horrifiques fascinent grâce à ses splendides atmosphères gothiques. Il propose une expérience cinématographique singulière et marquante, à côté de laquelle il ne faut pas passer à l’occasion de sa sortie dans les salles françaises.


Fiche technique

Sortie : 21 octobre 2026
Durée : 93 minutes
Genre : comédie d’épouvante
Avec Elina Löwensohn, Nic Ratner, Peter Fonda