
film d’animation japonais d’Isao Takahata (1988)
Présentation officielle
Japon, été 1945. Après le bombardement de Kobé, Seita, un adolescent de quatorze ans et sa petite soeur de quatre ans, Setsuko, orphelins, vont s’installer chez leur tante à quelques dizaines de kilomètres de chez eux. Celle-ci leur fait comprendre qu’ils sont une gêne pour la famille et doivent mériter leur riz quotidien. Seita décide de partir avec sa petite sœur. Ils se réfugient dans un bunker désaffecté en pleine campagne et vivent des jours heureux illuminés par la présence de milliers de lucioles. Mais bientôt la nourriture commence cruellement à manquer.
Avis de Claire
Le Tombeau des Lucioles : le chef-d’œuvre déchirant d’Isao Takahata fête ses trente ans en France !
Ce 1er juillet 2026, Le Tombeau des Lucioles ressort sur nos écrans pour célébrer les trente ans de sa première sortie dans l’hexagone : une occasion unique pour les jeunes générations de le voir au cinéma, alors qu’il est aussi disponible sur le catalogue Netflix. A l’époque, ce chef-d’œuvre d’Isao Takahata sort au Japon en 1988, mais il a fallu attendre 1996 pour qu’il atteigne les écrans français.
L’histoire nous transporte dans le Japon de l’été 1945. Après le bombardement de Kobe, Seita, quatorze ans, et sa petite sœur Setsuko, quatre ans, perdent leur mère, tandis que leur père militaire est porté disparu. Accueillis chez la tante paternelle qui leur fait vite comprendre qu’ils sont devenus un fardeau, ils décident de partir vivre seuls dans un abri désaffecté, en pleine campagne. Au milieu des lucioles qui illuminent leurs nuits et dans l’insouciance de la vie en plein air, les deux enfants connaissent quelques instants de bonheur, avant que la faim, l’indifférence des adultes et les conséquences de la guerre ne les rattrapent.
Ce long-métrage s’appuie sur une nouvelle largement autobiographique de Akiyuki Nosaka, l’un des plus grands romanciers japonais de l’après-guerre, publiée en 1967, et inspirée de la propre enfance de l’auteur pendant la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle il perdit plusieurs membres de sa famille. Raconté à travers le regard de deux enfants, le récit se met constamment à leur hauteur, oscillant entre conte sombre et effrayant de réalisme et fable sociale. Il ne cherche cependant jamais à dénoncer, mais montre simplement les ravages de la guerre sur les âmes innocentes.
Réputé comme l’un des films les plus bouleversants jamais réalisés, Le Tombeau des Lucioles choisit pourtant de révéler dès les premières minutes le destin de ses héros, dans un choix narratif qui n’atténue en rien l’émotion. Au contraire, chaque instant avec Seita et Setsuko devient encore plus précieux. De notre côté, nous avons partagé cette expérience avec un ado de seize ans qui en est resté sans voix et la larme à l’oeil. Ce n’est donc pas un film à conseiller aux plus jeunes tant son intensité dramatique est grande.
La version originale japonaise contribue énormément à cette force émotionnelle. Setsuko est interprétée par la petite Ayano Shiraishi, originaire de Kobe et donc pourvue du bon accent, qui allait sur ses cinq ans au moment de l’enregistrement. Les anecdotes de tournage racontent qu’elle n’a pas toujours mesuré la portée dramatique de son rôle. Elle livre pourtant une interprétation d’une spontanéité bouleversante. Face à elle, Tsutomu Tatsumi prête sa voix à Seita avec une justesse remarquable. Pour créer Setsuko, le réalisateur s’est notamment inspiré de la gestuelle de la jeune Brigitte Fossey dans le film français Jeux interdits (1952), dont le duo d’enfants n’est pas sans rappeler celui du Tombeau des Lucioles.
Longtemps, le film a eu du mal à trouver son public, y compris au Japon. Son réalisme, son extraordinaire sens du détail dans la reconstitution du Japon de 1945 et des ravages du conflit armé, ainsi que son regard profondément humain sur l’enfance en temps de guerre en faisaient une œuvre difficile à affronter. Le succès est arrivé peu à peu, sous l’impulsion des différents autres réussites du studio Ghibli, notamment Mon voisin Totoro, sorti au même moment.
Mais au-delà de son ancrage dans l’histoire du Japon, Le Tombeau des Lucioles est une œuvre universelle, une méditation sur l’amour fraternel, la perte, la résilience et l’absurdité de la guerre. Sachez le, c’est un film qui prend aux tripes, qui retourne le cœur et dont on ne ressort jamais tout à fait indemne. Une expérience éprouvante, certes, mais aussi profondément nécessaire.



Fiche technique
Sortie : 1er juillet 2026
Durée : 90 minutes
Genre : animation, drame
Avec (voix) : Ayano Shiraishi, Tsutomu Tatsumi, Yoshiko Shinohara
