La Petite Boutique de sortilèges – Avis +

Éditeur ‏: ‎Bragelonne

roman de Sarah Beth Durst

Présentation de l’éditeur

Kiela a toujours eu du mal avec les gens. Par chance, son travail à la Grande bibliothèque d’Alyssium lui a permis de vivre en recluse parmi les livres de sortilèges les plus précieux de l’empire. Mais lorsqu’une révolution éclate et que la bibliothèque part en fumée, Kiela et son assistant, Caz, une plante sentiente créée par magie, sauvent autant de livres qu’ils le peuvent et mettent le cap sur une île lointaine où Kiela était certaine de ne jamais retourner : la terre de son enfance.

Kiela espère faire profil bas dans la chaumière délabrée héritée de ses défunts parents. À son grand désarroi, en plus d’écoper d’un voisin aussi fouineur que séduisant, elle découvre que le village est dans un triste état. L’empire néglige depuis des années les gens qui dépendent de ses interventions magiques pour des récoltes fructueuses, et pire encore, la magie censée les aider a engendré des tempêtes destructrices qui ont fait des ravages sur l’île. Kiela résout de trouver un moyen d’arranger les choses… en ouvrant la toute première sortilègerie secrète de l’île.

Son plan n’est pas sans danger : partager la magie avec les gens du peuple est passible de mort. Et pour se faire une place parmi les habitants bienveillants et excentriques de son île, elle devra apprendre à abattre les remparts qu’elle a érigés.

Avis de Valérie

La Petite Boutique de sortilèges : une cosy fantasy envoûtante signée Sarah Beth Durst

Kiela est une jeune femme totalement satisfaite de son isolement, qu’elle considère comme l’un des avantages de son travail de bibliothécaire à Alyssium. Amoureuse des livres, elle accepte avec bonheur de rester sur place, d’y manger, voire d’y dormir. Son assistant est une plante sentiente, Caz, créée sans autorisation par une collègue1 qui a été durement punie pour cette transgression. Leur train-train quotidien se voit bouleversé lorsque des révolutionnaires renversent le pouvoir en place et mettent le feu à la ville.

Caz et Kiela fuient en mer avec six caisses de livres de sortilèges, juste avant que l’immense bibliothèque ne soit totalement la proie des flammes. Mais que faire ensuite ? Kiela les conduit sur une petite île du Nord, Caltrely, dans la maison que ses parents avaient quittée pour rejoindre la capitale. Cependant, même si la révolution a tout renversé, un problème de taille demeure : seuls les mages officiels ont le droit de pratiquer la magie, sous peine de mort. Pourtant, la voilà en possession d’un immense savoir, de nombreuses possibilités… et d’un village accueillant qui a bien besoin d’aide.

La cosy fantasy n’est pas une narration édulcorée. C’est un récit qui se doit d’être aussi passionnant et intéressant que n’importe quel autre, mais dont l’environnement est particulièrement soigné, au point de devenir un personnage à part entière. Surtout, l’anxiété et la tension y sont fortement atténuées. Et, disons-le franchement, Sarah Beth Durst est l’une des meilleures autrices du genre.

Kiela et Caz forment un duo complémentaire et particulièrement attachant. Bien qu’ils soient totalement différents — une humaine à la peau bleue constellée de taches de rousseur magenta et une plante araignée sentiente — chacun respecte l’individualité de l’autre tout en continuant à se découvrir. Sortis de leur nid douillet qu’était la bibliothèque, ils doivent désormais apprendre à vivre en société. Kiela n’est guère douée pour interagir avec les villageois, notamment avec le très serviable Larran, tandis que Caz redoute par-dessus tout de croiser un amateur de salade… et il n’aimerait vraiment pas ça.

On découvre également Bryn, la boulangère reine des roulés à la cannelle, Ivor le guérisseur, Ulina, Eadie, mais aussi des équitritons (mi-chevaux, mi-poissons), des sirènes, des ondins, une succulente sautillante et tout un bestiaire fantastique enthousiasmant. La Petite Boutique de sortilèges est un véritable bonbon de lecture, doux et coloré, qui valorise les bons sentiments sans jamais tomber dans la mièvrerie.

Il faut également saluer la beauté de la couverture, délicieusement fantastique, onirique et pleine de douceur. La fabrication de l’ouvrage a d’ailleurs bénéficié d’un soin particulier, avec un superbe jaspage qui prolonge parfaitement cette atmosphère de fantasy réconfortante et chaleureuse.


  1. Il s’agit de l’histoire du deuxième tome traduit chez Bragelonne,, qui se lit d’une manière indépendante : L’Île aux jardins enchantés ↩︎

Fiche technique

Format : broché
Pages : 416
Éditeur ‏: ‎Bragelonne
Sortie : ‎ 9 avril 2025
Prix : 22 €