Les Enfants du bois – Avis +

Éditeur ‏: ‎Drakoo

de Andrea Casaran

Présentation de l’éditeur

Un conte sombre où une étrange fratrie affronte différents monstres, à commencer par leur propre père… Pour son anniversaire, Aliénor reçoit un cadeau particulier de la part de son père inventeur : un petit frère au corps de métal.Malade depuis des années, la jeune fille espérait autre chose.

Surtout que le jouet se nomme Blaise, comme le petit frère qu’elle n’a jamais connu. Et que son père prétend qu’il a une âme… Flanquée du garçonnet qui l’agace, Aliénor va un jour découvrir la vérité sur sa soi-disant maladie.

Les deux enfants fuient alors dans les bois, où fantômes, goules et secrets les attendent…

Avis de Valérie

Aliénor est orpheline de mère et fête son quatorzième anniversaire. Alors qu’elle espère que son père se souviendra de la très jolie robe rouge dont elle rêve, elle reçoit un tout autre cadeau : un petit frère. Inventeur de génie, son père est parvenu à attacher une âme à un robot prenant les traits de Blaise, son fils disparu. Une idée troublante, et surtout loin de correspondre aux attentes de l’adolescente.

Lors d’une fête de village, une vérité éclate, bouleversant profondément la perception qu’Aliénor a du monde qui l’entoure. Elle prend alors la fuite dans la forêt avec Blaise, cherchant à échapper à un père qui affirme aimer sa famille sans jamais réellement agir pour son bien.

Le sujet, ambitieux et profondément chargé, se heurte à la contrainte du one-shot. L’autrice fait le choix de ne pas alourdir son récit, quitte à recourir à quelques ellipses qui peuvent laisser un sentiment de manque. Pourtant, la narration reste fluide, portée par des dessins expressifs qui accompagnent efficacement l’action et les émotions.

Dès les premières pages, une tension s’installe autour de sentiments familiaux dévoyés. L’amour y apparaît trouble, presque inquiétant, flirtant avec une forme de violence silencieuse. Le récit oscille alors entre fantastique, horreur diffuse et esthétique steampunk, dans un univers que l’on sent maîtrisé mais volontairement contenu. Ce choix, s’il préserve la lisibilité, peut aussi frustrer : certaines pistes esquissées auraient mérité d’être davantage explorées, tant leur potentiel est fort.

Conte sombre aux allures de fable moderne, Les Enfants du bois fascine autant qu’il laisse sur sa faim. Mais peut-être est-ce là sa force : suggérer plus qu’il ne montre, et laisser au lecteur le soin d’habiter ses zones d’ombre. Car ici, les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit, et c’est sans doute ce qui rend le récit si troublant.


Fiche technique

Format : album
Pages : 80
Éditeur ‏: ‎Drakoo
Sortie : ‎25 février 2026
Prix : 17,90 €