
Lieu : Paris
du 18 mars au 6 juillet 2026
Présentation officielle
Depuis plus d’une décennie, la beauté coréenne s’invite partout, de nos salles de bains à nos écrans. Sous l’étiquette K-beauty, elle désigne une industrie cosmétique qui se déploie dans un vaste écosystème culturel et artistique.
Grâce à l’engouement mondial pour la création coréenne, qu’elle soit musicale (K-pop), télévisuelle (K-drama) ou culinaire (K-food), la K-beauty diffuse largement son langage esthétique extraoccidental.
Avis de Valérie
K-Beauty : quand la beauté coréenne raconte une histoire du monde
Au musée Guimet, l’exposition K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d’un phénomène propose bien plus qu’un simple regard sur les cosmétiques coréens : elle explore une véritable vision du monde, façonnée par des siècles d’histoire, de rituels et de transformations culturelles.
À travers près de 300 ans d’histoire, cette exposition retrace la construction d’un idéal esthétique à la fois profondément enraciné et résolument contemporain, aujourd’hui diffusé à l’échelle mondiale.
L’exposition s’ouvre sur l’époque Joseon, où la beauté féminine s’inscrit dans un cadre strictement codifié. Héritée du néoconfucianisme, elle repose sur la retenue, la discrétion et l’harmonie : teint pâle, gestes mesurés, élégance des vêtements.
Mais derrière cette apparente simplicité se cache une culture visuelle riche. Les célèbres portraits de beautés du peintre Shin Yun-bok révèlent une approche plus libre et parfois transgressive de la féminité. Courtisanes, coiffures audacieuses, couleurs vives : la beauté devient déjà un espace d’expression et de tension. Ce patrimoine visuel, loin d’être figé, irrigue encore aujourd’hui la mode, le cinéma ou les webtoons.
L’art du soin : une beauté indissociable du corps et de l’esprit
L’un des aspects les plus fascinants de l’exposition réside dans l’attention portée aux rituels de soin. Bien avant l’essor de la cosmétique moderne, la beauté coréenne repose sur une approche globale où santé, hygiène et esthétique sont intimement liées. Des traités médicaux comme le Donguibogam témoignent de cette vision : plantes, huiles, poudres, recettes naturelles composent une pharmacopée transmise de génération en génération .
Le 20e siècle marque un tournant. Sous les influences étrangères, notamment occidentales et japonaises, les codes évoluent rapidement. Les femmes raccourcissent leurs cheveux, les silhouettes changent, et une nouvelle image de la modernité émerge.
Photographie, cinéma et presse diffusent ces nouveaux modèles. La beauté devient un espace de négociation entre héritage et transformation, entre identité nationale et ouverture au monde. C’est à partir de la fin du 20e siècle que la K-Beauty s’impose comme un phénomène global. Portée par la vague coréenne – la Hallyu – elle dépasse largement le cadre de la cosmétique.
En réunissant œuvres anciennes, objets du quotidien, photographies et créations contemporaines, le musée Guimet propose une lecture dense et nuancée d’un phénomène souvent réduit à ses produits. K-Beauty révèle que derrière les routines de soin et les images parfaitement maîtrisées se cache une histoire complexe, où la beauté devient un langage culturel, social et politique.
Cette jolie et délicate exposition invite, finalement, à regarder autrement ce que signifie être beau, en Corée, comme ailleurs.
Fiche technique
Adresse 1 : Guimet – Musée national des arts asiatiques- 6 place d’Iéna – Paris 16e
Site internet : guimet.fr
Nos photos de l’exposition :
