Nous qui avons connu Solange – Avis +

Editeur : Flammarion

roman de Marie Vareille

Présentation de l’éditeur

« Le jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles. »

Sarégnac, Corrèze. Célestine grandit dans la ferme familiale, bien décidée à réussir ses études pour échapper à la vie de labeur qui l’attend aux champs.

Cadiran, Gironde. Solange est internée dans une école de préservation pour jeunes filles où sont envoyées des adolescentes jugées « déviantes ».

Quel secret lie ces deux jeunes femmes ? Pourquoi Solange déteste-t-elle tant Célestine ? Et comment cette dernière a-t-elle pu commettre l’irréparable ?

De la France de nos grands-parents jusqu’à nos jours, cette intrigue poignante ménage autant de suspense que de rebondissements. À travers les destinées de quatre générations de femmes puissantes, Marie Vareille retrace l’extraordinaire évolution de notre monde depuis un siècle et nous rappelle ce que nous devons tous à la persévérance et au courage de nos aînées.

Avis de Claire

«Je vais commencer, ma Biquette, par te dire ceci : le jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles. » Voilà une phrase qui s’imprime immédiatement, qui intrigue, qui dérange, et surtout, qui ne vous quitte plus, comme une petite musique, comme une strophe de poésie.

Avec ce nouveau roman, Marie Vareille confirme une fois de plus son talent unique pour tisser des récits à la fois intimes et profondément universels. De Sarégnac, en Corrèze, à Cadiran, en Gironde, en passant par Paris, elle fait se croiser les destins de Célestine et Solange, deux jeunes femmes que tout oppose en apparence, mais qu’unit un lien indéfectible, impossible à briser, quoi qu’il en coûte.

Dès les premières pages, la tension s’installe. Qui est cette meurtrière ? Qui est mort ? Et pourquoi ? Et surtout, qui se cache derrière ce mystérieux « Biquette », surnom tendre venu d’un autre temps ? Comme souvent chez l’autrice, chaque détail compte. Chaque phrase semble semée d’indices que l’on ne saisit pleinement qu’après coup, avec ce léger vertige propre aux romans qui nous dépassent.

On suit alors une fresque familiale sur plusieurs générations, où des voix de femmes puissantes résonnent avec force. Marie Vareille explore à nouveau des thèmes graves, ancrés dans le réel, dans la continuité de La Dernière Allumette. Son écriture s’est affinée au fil des années, depuis son pétillant Ma vie, mon ex et autres calamités, pour atteindre aujourd’hui une justesse émotionnelle remarquable.

Au cœur du récit, il y a surtout une mémoire : celle d’un monde pas si lointain où les femmes devaient demander l’autorisation d’un homme pour travailler, ouvrir un compte bancaire ou disposer de leurs propres enfants. Un monde dont les échos résonnent encore. À travers ces destins entremêlés, le roman rappelle que ces droits, conquis au prix des larmes, de la sueur et du sang, restent fragiles et jamais définitivement acquis.

C’est un texte qui serre le cœur autant qu’il captive, une histoire qui prend aux tripes et ne lâche plus. Et, comme toujours avec Marie Vareille, on referme le livre avec cette même impression, celle qui laisse notre coeur en miettes et pourtant réchauffé d’un irrésistible espoir.


Fiche technique

Format : broché
Pages : 413
Editeur : Flammarion
Sortie : 11 mars 2026
Prix : 22 €