
film d’animation américain de Daniel Chong (2026)
Présentation officielle
Mabel, une adolescente passionnée par les animaux, saute (littéralement !) sur l’occasion d’essayer une nouvelle technologie révolutionnaire permettant de communiquer avec eux d’une manière totalement inédite… en se glissant dans la peau d’une adorable femelle castor.
Conçu par des scientifiques visionnaires, ce dispositif permet de transférer la conscience humaine dans le corps de robots-animaux plus vrais que nature. Mabel se lance alors dans une aventure unique et riche en découvertes au cœur du règne animal.
Avis de Valérie
Avec humour et émotion, Jumpers propose une fable écologique portée par une héroïne attachante et une faune aussi drôle que mordante. Un film d’animation à ne pas manquer.
Mabel traîne derrière elle un passé de criminelle. À plusieurs reprises, elle a tenté de libérer les animaux prisonniers des geôles de son école élémentaire. Punie, elle a souvent été mise en captivité chez sa grand-mère, qui lui a appris à canaliser ses emportements en s’immergeant dans la nature environnante, en se mettant à l’écoute de la faune.
Aujourd’hui âgée de 19 ans, les combats de Mabel pour protéger la nature ont pris une autre ampleur. Elle s’oppose au maire de Beaverton, Jerry, bien décidé à détruire la clairière où sa grand-mère et elle passaient tant de temps ensemble. Un lieu vivant, investi par des castors qui participaient pleinement à l’équilibre de cet écosystème.
Mabel a alors la possibilité — ou plutôt elle s’octroie le droit — de transférer son esprit dans un robot en forme de castor. Elle se rend dans la forêt afin de convaincre la faune de réinvestir les lieux et ainsi bloquer les travaux. Et cela fonctionne… même si, trop impulsive et colérique, Mabel provoque parfois autant de chaos qu’elle ne tente de réparer les erreurs humaines.
Sous couvert d’un énième film d’animation bon enfant, Jumpers déploie un scénario intelligent, remarquablement équilibré entre aventure, humour, émotion et personnages profondément attachants. Tout sonne juste, et la beauté de l’animation magnifie des sous-textes bien plus riches qu’il n’y paraît au premier regard. Les différentes factions animales sont délicieusement hilarantes, tout en restant parfaitement capables de se montrer dangereuses. Jumpers évoque sans détour les zigouillages, opposant insectes, oiseaux, poissons, batraciens et serpents à des humains étrangement peu regardants lorsqu’il s’agit des dégâts qu’ils infligent à la Nature… mais soudain très sensibles quand la riposte ne vient plus d’eux.
En parlant de protection de la nature, de colère légitime et de transmission entre générations, Jumpers réussit surtout à poser une question essentielle : comment agir sans reproduire les violences que l’on dénonce ? Le film rappelle avec finesse que l’écoute, la patience et le respect du vivant sont parfois plus puissants que l’affrontement frontal. Un film d’animation généreux, drôle et touchant, qui parle autant aux enfants qu’aux adultes, et qui laisse derrière lui une envie sincère de regarder le monde (et d’agir) autrement.
Sous ses airs de film d’animation joyeux et débridé, Jumpers cache une fable écologique étonnamment fine. Porté par une héroïne aussi impulsive qu’attachante, le film mêle humour, émotion et réflexion sans jamais sombrer dans le discours moralisateur. La faune, tour à tour drôle et inquiétante, devient un miroir grinçant de nos propres excès. Un film aussi divertissant que profondément intelligent, qui amuse tout en invitant à repenser notre place dans le vivant.




Fiche technique
Sortie : 4 mars 2026
Durée : 105 minutes
Genre : comédie d’aventure
Avec (voix) Mallory Wanecque, Piper Curda, Artus
Titre original : Hoppers