
film espagnol de Alauda Ruíz de Azúa (2026)
Présentation officielle
Ainara, 17 ans, élève dans un lycée catholique, s’apprête à passer son bac et à choisir son futur parcours universitaire. A la surprise générale, cette brillante jeune fille annonce à sa famille qu’elle souhaite participer à une période d’intégration dans un couvent afin d’embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu.
Si le père semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, pour Maite, la tante d’Ainara, cette vocation inattendue est la manifestation d’un mal plus profond …
Avis de Valérie
Les Dimanches : foi, famille et modernité dans l’Espagne contemporaine
Ainara, une adolescente basque espagnole, se pose des questions sur la foi. Après avoir participé à une retraite, elle souhaiterait entrer dans les ordres. Sa famille tombe des nues. Son père est particulièrement dépassé : depuis la mort de sa femme, il a un mal fou à gérer son restaurant et ses enfants. Pour lui, c’est une hérésie, d’autant que la jeune fille est l’aînée et s’occupe de ses petits frères et sœurs. Mais c’est sa tante Maïté, athée convaincue, qui réagit le plus mal à ce qu’elle considère comme une trahison…
L’interprétation interpelle et rend cette histoire familiale très proche de nous. Malgré la distance culturelle, chaque spectateur français, ou presque, peut se retrouver plongé au cœur des débats dominicaux, entre disputes politiques, religieuses ou sociales. Si Ainara est jeune, elle sait ce qu’elle veut et a le droit de choisir son avenir. Mais ce faisant, elle abandonne une famille qui a besoin d’elle, tout comme son tissu social et amical. La jeune actrice est impressionnante et donne à son personnage une réelle crédibilité.
Mais c’est Maïté, la tante, qui apparaît comme le personnage le plus intéressant. Moderne, aimante, elle est une seconde maman pour les enfants de son frère, orphelins de mère. Elle entretient avec Ainara une relation à la fois filiale et amicale, et la décision de la jeune fille la cueille avec violence.
Dans une Espagne moderne, qui a largement coupé les liens avec une religion longtemps associée au franquisme, il lui semble impensable qu’une personne équilibrée puisse vouloir s’isoler totalement du monde. Les Dimanches offrent finalement une jolie réflexion sur la modernité qui prend le pas sur les traditions, un peu sur la foi, et beaucoup sur les liens familiaux. Le film présente une image de l’Espagne peu connue de ce côté des Pyrénées, portée par une réelle qualité de réalisation et d’interprétation.




Fiche technique
Sortie : 11 février 2026
Durée : 118 minutes
Genre : drame
Avec Blanca Soroa, Patricia López Arnaiz, Juan Minujin
Titre original : Los Domingos