
Editeur : Pocket
roman d’Annabel Abbs
Présentation de l’éditeur
Annabel Abbs enquête sur les femmes pour qui la nuit et l’obscurité sont devenues des refuges, des lieux de réflexion et d’inspiration, avant de relier ces expérience à la sienne.
À la suite d’une série de deuils, Annabel Abbs découvre avec inquiétude que le sommeil ne veut plus d’elle. Heures blêmes, nuits blanches… c’est un monde obscur qu’elle découvre alors, un univers parallèle où sa personnalité semble vaciller. Qui est cette Annabel nocturne, façonnée par d’autres hormones, régie par une horloge décalée ?
Et si, grâce aux grandes noctambules que furent la plasticienne Louise Bourgeois, les écrivaines Sylvia Plath et Virginia Woolf, nous révisions nos a priori sur cette » deuxième vie » qu’est l’insomnie ? Pour ne plus, jamais plus, avoir peur du noir.
Avis de Claire
Dans ce récit élégant et intime, Annabel Abbs explore un territoire que beaucoup redoutent : la nuit et l’obscurité, non plus comme des ennemies, mais comme des refuges et des lieux d’inspiration. À travers ses expériences personnelles, liées à une série de deuils qui bouleversent sa vie, elle nous plonge dans un univers parallèle : celui d’une Annabel nocturne, façonnée par d’autres hormones, régie par une horloge décalée, où le sommeil refuse de venir.
Les heures blêmes, les nuits blanches, deviennent alors des moments de réflexion, de rencontre avec soi-même et de créativité . L’insomnie agit comme un véritable stimulateur d’inspiration. Annabel Abbs ne se contente pas de raconter son propre parcours . Comme elle l’avait fait dans son brillant essai Méfiez-vous des femmes qui marchent (2021), elle se tourne vers les grandes noctambules de l’histoire, la plasticienne Louise Bourgeois, les écrivaines Sylvia Plath ou encore l’incontournable Virginia Woolf. Elle démontre à quel point la nuit, vécue par les femmes, agit souvent différemment que chez les hommes, offrant un espace d’introspection, de rébellion et de création.
L’autrice ne masque pas les aspects perturbants de l’insomnie. Elle évoque par exemple des découvertes scientifiques troublantes selon lesquelles les cellules du cancer du sein se développent plus vite la nuit. Celle-ci n’est pas seulement un territoire poétique ou créatif, mais un univers où corps et esprit sont profondément liés et à la merci du temps qui s’écoule différemment.
Ce que l’on aime particulièrement dans ce livre, c’est la manière dont Annabel Abbs rend universel ce qui pourrait sembler purement personnel. Le récit commence par l’une des périodes les plus sombres de sa vie, où la succession de deuils semble avoir anéanti tout espoir. Peu à peu, elle apprend à apprivoiser la nuit, à s’y réapproprier son espace, et à transformer l’angoisse et la fatigue en lucidité et inspiration.
Annabel Abbs nous montre que la nuit peut devenir une alliée, un stimulant de créativité et un miroir de soi, même si elle recèle des mystères perturbants. Ce livre est à la fois un témoignage bouleversant et un hommage sensible à toutes celles et ceux pour qui l’insomnie n’est pas seulement un manque de sommeil, mais un voyage intérieur fascinant.
Soulignons que la traduction sensible de Béatrice Vierne (aussi traductrice de Jane Austen) restitue avec finesse la musicalité et l’intimité de la prose de l’autrice.
Fiche technique
Format : poche
Pages : 368
Editeur : Pocket
Sortie : 18 septembre 2025
Prix : 9 €