Onirik
Swallow - Avis +
Onirik -> Cinéma -> Critiques -> Dernière mise à jour : le samedi 11 janvier 2020.
Distributeur : UFO Distribution

film franco-américain de Carlo Mirabella-Davis (2020)

Présentation officielle

Hunter semble mener une vie parfaite aux côtés de Richie, son mari qui vient de reprendre la direction de l’entreprise familiale. Mais dès lors qu’elle tombe enceinte, elle développe un trouble compulsif du comportement alimentaire, le Pica, caractérisé par l’ingestion d’objets dangereux.

Son époux et sa belle-famille décident alors de contrôler ses moindres faits et gestes pour éviter le pire : qu’elle ne porte atteinte à la lignée des Conrad... Mais cette étrange et incontrôlable obsession ne cacherait-elle pas un secret plus terrible encore ?

Avis de Chris

Peur d’avaler de travers ? Des difficultés à avaler un comprimé peu importe sa taille ? Alors ce film sera une épreuve pour vous. Pour les autres, découvrez le monde étriqué de Hunter, une jeune femme qui va tenter de combler l’ennui et de reprendre le contrôle de sa vie d’une façon atypique.

Hunter est l’épouse de Ritchie, un descendant d’une riche famille et rarement à la maison. Le quotidien de la jeune épouse est morne et rythmé par les petits plats impeccables qu’elle concocte pour lui faire plaisir. Sans loisir, ni activité ou passion, Hunter s’ennuie. Un jour, elle lira une phrase dans un livre qui sera une révélation. Enfin elle réussira à contrôler et à prendre le pouvoir de sa vie. Ne plus n’être qu’un faire valoir, qu’un objet que l’on pose dans un coin ou qu’un incubateur sur pattes, voilà ce qui va provoquer en elle le Pica, un comportement alimentaire qui peut avoir de graves conséquences.

Au-delà du fait qu’Hunter soit atteinte de Pica [1], cette femme a toujours été sous la coupe de quelqu’un ou de quelque chose. Cette obsession de manger des objets provient, en effet, de cette presque déshumanisation qu’elle ressent à travers une belle-famille contraignante qui lui dicte tous les bons gestes et attitudes à avoir. Jamais elle n’a été maîtresse d’elle-même. Ainsi le Pica est une délivrance pour elle, comme un moment orgasmique qui n’appartient qu’à elle. A l’instar d’un tueur en série, Hunter garde ses trophées et les étale tel un autel ou une oeuvre d’art qui l’enthousiasme.

Malheureusement, lorsque son mari et sa belle-famille découvrent le pot aux roses, elle va peu à peu perdre pied. Il faut dire qu’elle porte l’héritier en elle. Épiée et piégée, sa prison dorée va encore plus se refermer sur elle. Alors, Hunter va avoir bien du mal à échapper à ses angoisses...

En outre, la décoration épurée de l’appartement maintient une atmosphère assez dérangeante. On dirait une maison témoin. La déshumanisation d’Hunter est aussi imposée par cette maison, certes spacieuse et de rêve, mais surtout impersonnelle. Malgré le fait qu’elle a la possibilité de décorer la maison comme elle le souhaite, en apparence, ses goûts et ses envies sont bridés par le patriarcat qu’impose son mari. C’est quasi un huis clos pour cette femme dont l’espoir unique est d’échapper à la pression que lui met sa belle-famille.

La réalisation fait la part belle à Hunter campée par Haley Bennett. Grâce à des gros plans et une bande son discrète, mais qui collent parfaitement aux scènes, toute la psychologie qu’il y a derrière ce personnage est bien retranscrit. De plus, le film se veut avant tout féministe. C’est d’ailleurs en visionnant la fin que tout cet aspect se révèle. Pouvant être choquante, cette fin conclut pourtant très bien l’histoire de cette femme pour qui la vie n’a jamais été clémente envers elle.

Carlo Mirabella-Davis, le réalisateur qui s’est inspiré de sa grand-mère, elle-même atteinte de TOCs, insiste aussi beaucoup sur des aliments ou des objets, fixant l’objectif plusieurs secondes sur eux. Quelques détails insignifiants sont eux aussi mis en valeur par des gros plans. Mais ces détails sont le reflet de la vie de l’héroïne, aussi morne qu’inutile. Chaque fois qu’elle ingère un objet, on a l’impression qu’il s’agit d’un bonbon ou d’un morceau de chocolat. C’est toujours avec une extrême douceur qu’elle choisit et ingurgite un objet. Du moins, jusqu’à ce qu’elle soit découverte et qu’elle doive accomplir son plaisir en toute discrétion et rapidement.

Bien sûr l’aspect psychologique entre en jeu et cette jeune femme bien sous tout rapport cache un secret en lien avec sa grossesse. D’ailleurs, on sent que c’est un passager qu’elle n’a pas vraiment envie de choyer. Il n’y a aucune tendresse envers ce futur enfant, comme si elle niait le simple fait de son existence.

Swallow est donc un film qui peut se visionner plusieurs fois avant d’en comprendre toute l’étendue psychologique qu’il y a derrière chaque scène. De multiples interprétations peuvent être énoncées. En une heure et demi, le spectateur va passer par plusieurs émotions, mais la caméra pudique du réalisateur permet de révéler une actrice dont les émotions passent par de simples gestes du quotidien.

Bande annonce

Fiche technique

Sortie : 15 janvier 2020
Durée : 95 minutes
Casting : Haley Bennett, Austin Stowell, Elizabeth Marvel, David Rasche...
Genre : drame
Distributeur : UFO Distribution

[1] Les personnes atteintes de cette maladie ingèrent des choses non comestibles, durant au moins 1 mois. Les plus fréquentes ingestions sont la terre, les cailloux ou la craie.

L'auteur Christelle Rio
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