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Les Protégés de Sainte Kinga - Avis +
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le mardi 16 février 2021.

Marc Voltenauer nous entraîne pas à pas, par petites touches, jusqu’au fond des mines de sel de Bex.



Éditeur : Slatkine et cie

roman de Marc Voltenauer

Présentation de l’éditeur

1826. Aaron Salzberg descend d’une diligence sur la place de Bex. Il a quitté le royaume de Pologne où il est né pour venir travailler dans les mines de sel qui ont fait la fortune de cette petite ville suisse.

2020. L’inspecteur Andreas Auer est appelé en urgence : une prise d’otages est en cours dans les mines de sel de Bex, toujours en activité.

Un wagon avec un homme solidement attaché à son bord sort de l’étroite galerie souterraine et s’embrase sous le regard stupéfait des négociateurs et des forces de l’ordre. Andreas et son équipe n’ont que quelques heures pour découvrir l’identité des ravisseurs et leurs motivations. Une enquête qui les conduira à remonter jusqu’à l’origine des mines.

Avis de Thérèse

Le démarrage du roman est lent et complexe. Il est extrêmement détaillé, précis et documenté sur le fonctionnement des mines et la préparation du sel, ainsi que sur les différences entre les techniques de travail et le niveau de sécurité en 1826 et de nos jours, mais aussi en Pologne et en Suisse. Un plan cartonné des mines de sel accompagne le livre, très utile pour suivre les déplacements des protagonistes tout au long du roman à travers les puits, les salles et les galeries (et comme marque-page).

Le livre s’ouvre sur la légende de Jean Bouillet à qui, il y a fort longtemps, des gnomes auraient fait découvrir le trésor que représentaient les mines de sel. De nos jours, un personnage appelé Kaddishel apprend la mort de sa grand-mère Hannah et récupère chez elle un vieux carnet de cuir portant une date : mardi 6 mai 1826.

L’inspecteur Andreas Auer et son équipe sont informés d’une prise d’otages en cours dans les mines de sel.

1826. Aaron Salzberg, Polonais, arrive à Bex pour travailler dans les mines. Le soir, il prend des notes dans son carnet de cuir.

Cela semble au premier abord totalement décousu, mais Marc Voltenauer prend soin de poser toutes les pièces sur l’échiquier avant de lancer la partie. Le lien entre ces événements, ces personnages et ces époques, c’est ce qu’on va découvrir progressivement. A partir de là, l’intrigue se met en place avec des chapitres courts, rapides, rythmés.

Parmi les otages : du personnel de la mine, des élèves d’une classe en visite scolaire et les membres d’une association qui avaient loué une salle de réunion, qui vont s’avérer être un groupuscule extrémiste appelé BIS (Bloc identitaire suisse).

Andreas Auer est chargé d’intervenir avec son équipe, rejoint par la cellule de négociation en situation de crise. Il faut établir le contact et lancer la négociation pour faire libérer les otages.

Un des preneurs d’otages apparaît à l’écran du négociateur : déguisé en Charlot, il refuse de parler et s’exprime par phrases écrites sur des pancartes, comme dans les films muets. Si sa première revendication est assez classiquement une importante somme d’argent, les suivantes sont plus inattendues.

Sans jamais soutenir les méthodes et l’extrême violence des actions de Charlot, Marc Voltenauer amène le lecteur à ressentir de l’empathie pour lui et sa révolte face à la montée de l’extrême-droite et des discours de haine et d’intolérance, son besoin désespéré d’attirer l’attention sur la bureaucratie inhumaine qui sépare des familles de réfugiés, sur les discours homophobes de la religion, sur l’antisémitisme.

Qui est Charlot ? Qui sont ses complices, dans la mine et peut-être à l’extérieur ? Et quel rapport avec l’histoire d’Aaron en 1826 ? Qui était Hannah et qui est Kaddishel ? C’est une enquête effrénée et palpitante pour arriver à libérer les otages, d’autant plus qu’Adam, le neveu d’Andreas Auer fait partie des otages et qu’il est diabétique.

Un excellent polar à lire absolument, où Marc Voltenauer mêle en finesse enquête policière, techniques de hackers, réflexion sur l’intolérance, rappels historiques, psychologie du preneur d’otages, questionnements sur les limites à franchir ou pas.

Un seul regret peut-être : Andreas Auer, même s’il est présent en permanence, est moins central que dans les romans précédents.

Les mines de Bex se visitent. Il paraît même que Marc Voltenauer organise parfois des visites avec des lecteurs…

Fiche technique

Format : broché
Pages : 541
Éditeur : Slatkine et cie
sortie : 1 octobre 2020
Prix : 21,90 €

L'auteur Thérèse Riu
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