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Les Adieux à la reine - Avis +
Onirik -> Cinéma -> Critiques -> Dernière mise à jour : le vendredi 17 février 2012.

De beaux personnages de femmes comme on en voit que trop rarement au cinéma, servis par une esthétique exceptionnelle avec un magnifique travail sur les lumières...



film français de Benoît Jacquot (2012)

Présentation officielle

En 1789, à l’aube de la Révolution, Versailles continue de vivre dans l’insouciance et la désinvolture, loin du tumulte qui gronde à Paris. Quand la nouvelle de la prise de la Bastille arrive à la Cour, le château se vide, nobles et serviteurs s’enfuient…

Mais Sidonie Laborde, jeune lectrice entièrement dévouée à la Reine, ne veut pas croire les bruits qu’elle entend. Protégée par Marie-Antoinette, rien ne peut lui arriver. Elle ignore que ce sont les trois derniers jours qu’elle vit à ses côtés.

Avis d’Artémis

Les Adieux à la reine, en compétition à la Berlinale 2012, est l’adaptation du roman éponyme de Chantal Thomas, pour lequel elle a reçu le Prix Fémina en 2002. Film exigeant, qui peut paraître lent, voire trop lent à certains spectateurs, ce nouveau long-métrage de Benoît Jacquot est une œuvre superbe qui mérite d’être vue.

L’intrigue nous fait vivre 3 jours à Versailles, à partir de la date fatidique du 14 juillet 1789, dans l’agitation de cette période historique charnière. Et c’est au travers des yeux de Sidonie, lectrice de la Reine, que nous assistons à ces moments-clés.

Le parti pris de ce film est particulièrement intéressant : choisir le point de vue de cette jeune femme discrète et attachée à la Reine, sans jamais se détacher de ce personnage. Loin d’être un énième film en costumes sur la révolution française, il se concentre sur des moments de vie, sur le destin de ses personnages qui, loin de Paris, ne se rendent pas encore compte de l’importance de ce qui se passe.

Ce film est remarquable par sa galerie de personnages féminins, superbement interprétés : Léa Seydoux en Sidonie, Diane Kruger en Marie-Antoinette, Virginie Ledoyen (trop rare sur nos écrans) dans le rôle de la sulfureuse Mme de Polignac, ou encore Julie-Marie Parmentier, excellente, toute en justesse. N’oublions tout de même pas le personnage de l’historiographe Moreau, interprété par Michel Robin qui nous prouve une fois de plus qu’il est un de nos grands acteurs français.

C’est aussi l’incroyable esthétique du film qui reste au spectateur : le travail des lumières est impressionnant avec des clairs-obscurs, des éclairages à la bougie... On se croirait projeté au cœur d’un tableau d’un grand maître.

Les gros plans des actrices les subliment, et nous donnent à lire leurs sentiments sur chacun de leurs visages. Les costumes sont magnifiques (oh la robe verte de Mme de Polignac…) et l’ambiance superbement reconstituées (notamment le plan remarquable de l’enfilade de salles).

Enfin, impossible d’évoquer ce film sans mentionner son propos et les questions qu’il provoque : la disparition d’un régime et la crise politique qu’elle accompagne. Dans le film, on voit les rapports entre domestiques et royauté : Sidonie est d’une loyauté à toute épreuve, mais d’autres n’hésitent pas à exprimer leur avis et leur sentiment d’injustice, leur soif d’indépendance. Et d’ailleurs, l’attachement de Sidonie à la Reine est absolu, loin d’être une simple mission qu’elle accomplie de manière soumise.

Un film maîtrisé, formellement sublime, et qui donne à penser et à s’interroger. A voir donc !

Fiche technique

Sortie : 21 mars 2012

Durée : 100 minutes

Avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen, Xavier Beauvois, Julie-Marie Parmentier, Noémie Lvovsky, Michel Robin

Genre : drame historique

L'auteur Artémis
Son site : Curieuse Artemis
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