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La Recluse de Wildfell Hall - Avis +
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le samedi 16 juin 2012.

Un classique de la littérature britannique, bien trop méconnu encore en France, à découvrir absolument !



Editeur : Phébus

roman de Anne Brontë

Présentation de l’éditeur

Publié en 1848, La Recluse de Wildfell Hall, qui analyse sans concession la place des femmes dans la société victorienne, est considéré comme l’un des tout premiers romans féministes. Ce titre méconnu entretient, comme l’a souligné la critique moderne, de nombreux liens avec Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. on y retrouve notamment les mêmes thèmes : alcoolisme, violence masculine corruption de l’enfance...

Qui est la mystérieuse nouvelle locataire de Wildfell Hall ? On ne sait pas d’où vient cette artiste qui se fait appeler Mrs Graham, se dit veuve et vit comme une recluse avec son jeune fils. Son arrivée alimente toutes les rumeurs dans la petite communauté villageoise et éveille l’intérêt puis l’amour d’un cultivateur, Gilbert Markham. La famille de Gilbert. est apposée à cette relation et petit à petit, Gilbert lui-même se met à douter de sa secrète amie. Quel est le drame qu’elle lui cache ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ?

Orpheline de mère à un an, la cadette des Brontë (1820- l849) fut élevée sévèrement par son père, un pasteur vivant dans les landes du Yorkshire. Dans un cercle familial fermé, l’écriture tenait lieu de divertissement et Anne composa très tôt contes, nouvelles et journaux en collaboration avec son frère et ses sœurs. Elle est l’auteur de deux romans, Agnès Grey (1847) et La Recluse de Wildfell Hall.

Avis de Claire

Bien souvent considérée (et ô combien à tort !) comme la moins douée des sœurs Brontë, Anne est victime d’une grande injustice. Moins populaire que la talentueuse Charlotte ou la mystérieuse Emily, on la dédaigne souvent au profit de ses aînées, véritables icônes de la littérature britannique.

Dans La Recluse de Wildfell Hall, Anne Brontë nous invite à rencontrer l’une de ces héroïnes littéraires que l’on aimerait réellement connaître, à l’instar de Jane Eyre. Son personnage de Helen est extrêmement fort, passant remarquablement de l’innocente enfant à la femme mâture, non pas par l’âge, mais par les tourments de sa vie.

Le récit, passionnant, est celui du jeune Gilbert Markham, héros attachant mais trop émotif. Un second récit enchâssé nous donne à lire le journal intime d’Helen. Héroïne féministe avant l’heure, la jeune fille, contrairement à de nombreuses femmes de sa condition, a eu la joie de faire ce que l’on appelle communément "un mariage d’amour". Pourtant le chemin sera long et difficile pour arriver à la félicité.

Si le procédé du journal intime paraît quelque peu simpliste, notamment quand il s’agit de clore celui-ci, cela n’enlève rien à la puissance de la narration. Il s’agit, pour le lecteur, de savoir si oui ou non l’héroïne que décrit Gilbert est telle qu’il le pense et si elle connaîtra un jour le bonheur.

Il y a du mystère et du romanesque dans ce roman, non du véritable romantisme, mais après tout, il s’agit bien de cela. L’amour naît (ou pas), les couples se font et se défont, et l’on se surprend sans cesse à s’étonner que tant de vérités et de détails aient été narrés avec une telle aisance par une jeune fille de la campagne.

Comme ses sœurs, Anne a le don d’imagination, certes, mais également celui de se réapproprier les évènements et les drames qui jalonnent sa propre existence. Elle sait en tirer l’essentiel avec pudeur et discernement. Comment en effet ne pas penser au tourmenté Branwell, ce frère tant aimé, qui a certainement servi de modèle au personnage d’Arthur, époux dépravé de notre héroïne ?

Ce roman n’est pas sans défaut cependant. Loin de posséder la maîtrise du récit de Charlotte ou la poésie d’Emily, le texte souffre parfois de quelques longueurs, notamment dans les dialogues, qui peuvent également nous sembler trop moralisateurs.

Quintessence du roman victorien, La Recluse de Wildfell Hall nous offre cependant à voir toute l’étendue de son talent. Qui sait ce qu’il serait advenu de cette âme tourmentée si la maladie ne l’avait pas fauchée en pleine jeunesse ? Sans doute garderait-on en mémoire au moins autant Anne que Charlotte ou Emily.

Fiche technique

Format : broché
Pages : 472
Editeur : Phébus
Sortie : 28 février 2008
Prix : 22,50 €


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L'auteur Claire Saim
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