Onirik
L’effet papillon - analyse
Onirik -> Cinéma -> Analyses -> Dernière mise à jour : le samedi 16 décembre 2006.

Si ce film est particulièrement efficace et permet de révéler ou d’asseoir le talent d’acteurs, réalisateurs et scénaristes, il comporte néanmoins quelques défauts dans sa ligne temporelle, mais penchons-nous plutôt sur ce qu’il nous apporte au point de vue humain.



film américain de Eric Bress (2004)

Pour rappel, le principe est simple : le héros a le pouvoir de retourner dans le temps grâce à son journal intime où il consignait tout ce qu’il vivait de difficile et pour lequel, après coup il n’avait aucun souvenir. Incidemment, il se rend compte qu’il peut modifier son présent (et ceux de ses amis) en changeant une action dans son passé. Alors s’enchaînent une succession de retours en arrière afin de trouver la meilleure combinaison pour lui et les gens qu’il aime.

Altruisme
Si l’idée de départ du héros Evans (Ashton Kuchter) est louable, il va apprendre laborieusement combien il est difficile d’interagir dans la vie des gens, combien il est illusoire de forcer le destin de ceux que l’on côtoie avec comme unique argument que l’on sait (ou voit !) ce qui est mieux pour eux. Sans appeler le Destin, ou essayer de savoir si effectivement on est préformaté pour telle genre de vie, on apprend ce que la psychanalyse prône depuis Freud : la petite enfance conditionne le futur de l’individu.

L’exemple à la fois le plus troublant et le plus douloureux est la maltraitance. Evans a comme amis Tommy (William Lee Scott) et Kayleigh (Amy Smart). Il va souvent jouer avec eux sous la garde du père divorcé (Eric Stoltz) de ces deux derniers. Comme c’est malheureusement trop souvent le cas, le père indigne profitera d’Evans et Kayleigh tout en rejetant son fils Tommy qui assistera caché à toute la scène.

Si cet inceste transformera Tommy en psychopathe violent ; Kayleigh en dépressive suicidaire ; Evans, à cause ou grâce à ses black-out, pourra se reconstruire après ce crime et les suivants (lire d’ailleurs à ce sujet le livre de Boris Cyrulnik : Le murmure des fantômes).

Retour
Lorsqu’à l’âge de 18 ans, il relit ses écrits enfantins, il comprend ce qui s’est passé ce jour-là, dans la cave, sous la surveillance de l’ami de la famille et de sa caméra. Il tentera de modifier à plusieurs reprises cet instant (parmi d’autres) afin de préserver ses amis. Il utilisera différents moyens, mais chaque action débouchera sur un précipité inattendu qui rendra son nouveau présent insupportable et le poussera à retenter sa chance.

Sacrifice
Si le seul moyen qu’il trouvera est de se priver de l’amour de son amie afin que jamais son frère ni elle ne puissent tomber sous les pattes du pédophile, que sa propre mère ne meurt pas de chagrin, que son autre meilleur ami ne tombe pas en catatonie après un crime... Si la conclusion est pessimiste, elle résume néanmoins l’attitude protectionniste que des parents (souvent impuissants face aux agressions de l’extérieur) peuvent avoir sans pour autant être la bonne solution.

On peut tirer de ce film nos propres conclusions, mais si pour nous il s’agit surtout de faire au mieux avec ce que l’on a à notre disposition, pensons à notre progéniture et faisons en sorte de toujours bien réfléchir avant d’épouvanter nos petites têtes blondes, brunes ou rousses pour qu’elles puissent à leur tour changer ce monde impitoyable dans lequel nous survivons.

Psy
D’un point de vue psychiatrique, la démarche d’Evans est très intéressante car elle représente le travail que chaque personne serait sensée faire en analyse. En effet, Evans affronte à l’âge adulte son passé afin de l’évaluer avec sa maturité, de l’appréhender avec la confiance qu’il a en lui ainsi que la puissance de sa détermination avec pour but : régler leur sort à ses vieux démons, ou bien accepter ceux-ci comme étant une part de la route, quelques fois accidentée, qui le mènera à la sérénité.

L’effet papillon au petit écran

Drew Carrey
Un épisode d’une série américaine Drew Carey racontant la vie banalement piteuse d’un cadre en ressources humaines d’un grand magasin de Cleveland qui est malmené par les autres employés, humilié par sa hiérarchie, abusé par ses amis et souvent malheureux en amour. La vie n’a jamais été tendre avec lui, lorsqu’il y a une tuile, c’est pour lui. Son parcours est tellement accidenté qu’il n’a aucune confiance en lui. N’ayant nulle autorité, il est toujours la dernière roue du carrosse. Pourquoi ? Un jour, on nous donne l’explication. Après un retour dans le temps, on découvre qu’un groupe de personne s’associe contre lui pour différentes raisons (Drew, par négligence, les a chacun offensé). Pendant toute une décade, ils saboteront en permanence son outil informatique, mineront ses relations sociales et hiérarchiques, scieront sa chaise et jour après jour cela générera en lui une telle animosité que son existence ne peut qu’être cette succession de ratages qu’elle est devenue. Un conseil d’ami, pensez à vous avant de mal répondre à l’un de vos subordonnés !

Faux départ
Veronica’s closet est une autre série comique américaine dont un épisode a été consacré au fantastique. On nous montre en parallèle ce que serait devenue la vie d’une directrice de mode et son équipe rapprochée s’ils n’avaient pas raté leur avion. D’un côté, on a des personnes ayant pris leur vol à temps, détendus, accessibles, prêts à rencontrer d’autres gens. L’héroïne fait par exemple la rencontre de sa vie en se trouvant côte à côte avec un ancien ami, ils se découvrent de nombreux points communs et une attraction physique explosive. Un autre revoit sa femme dont il est en instance de divorce, il la charme et repartent ensemble comme en quarante. Mais, comme en réalité ils ont raté leur vol, ils arrivent échevelés à l’aéroport, on leur trouve des places dans la correspondance suivante en classe économique, ils se coltinent problème sur problème et arrivent sans avoir pu ni régler leurs souci perso, ni avoir la chance de rencontrer l’âme sœur !

Pile ou face
Vous êtes vous déjà demandé ce que serait votre vie si vous aviez choisi tel chemin, ou pris tel train plutôt qu’un autre ? C’est aussi ce qui arrive à Gwyneth Paltrow dans Sliding doors (Pile et face) qui en arrivant juste au moment où les portes se ferment voit sa vie basculer pour peu qu’elle monte in extremis ou attende la prochaine rame.

L'auteur Valérie Revelut
Son site : Onirik
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