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L’Iliade - Avis +
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le dimanche 27 mai 2012.
Editeur : divers

de Homère

Présentation de l’éditeur

Voilà dix ans que les Achéens font le siège de la ville de Troie pour délivrer Hélène, enlevée par Pâris. Alors que les combats font rage, une dispute éclate entre le chef de l’expédition, Agamemnon, et Achille, chef des Myrmidons…

Avis de David

Alors que de nouveaux ouvrages sortent chaque jour, il est parfois bon de revenir aux sources. Ainsi l’idée de faire une chronique sur l’Iliade peut paraître étrange de prime abord. En effet, ceux qui connaissent n’ont nul besoin qu’on leur en parle et ceux qui n’en ont jamais entendu parler ou ne l’ont jamais lu éprouvent souvent de l’indifférence à l’égard de ce poème épique. Cet article s’adresse donc à eux en premier chef, afin d’expliquer l’importance de lire ce chef d’oeuvre.

Chef d’oeuvre le mot est dit. On peut se demander ce qui permet d’attribuer ce titre certes pompeux à un texte. En premier il est aisé de constater que l’Iliade n’est pas un poème de quelques lignes mais bien de 15 337 hexamètres.

Ensuite il est aussi significatif de rappeler que cette œuvre a été terminée il y a plus de 2700 ans et a survécu jusqu’à à ce jour. Mais toutes ces informations ne sont que des qualités "techniques" et aucunement artistiques.

D’ailleurs étant une œuvre remaniée - l’existence d’Homère fait débat et il est manifeste que le texte a subi des altérations au cours des siècles - elle n’est pas exempte d’incohérences. Ainsi tel héros meurt puis se retrouve au cœur de la mêlée quelques vers plus loin. Mais cela n’est que broutille.

Les raisons qui en font une œuvre majeure, un chef d’œuvre pour revenir à cette expression, sont toutes autres. Il s’agit tout d’abord d’un témoignage vivant et riche de la langue et de la culture grecque.

Cette langue toute en métaphores ce, Quelque chose qui nous touche "indépendamment ou au-delà du savoir, avec, comme dit le poète, une force plus grande que ce savoir et une sorte d’immédiateté. [1].

Ne donnons qu’un exemple, cette tirade du chant VI : La génération des hommes est semblable à celle des feuilles. Le vent répand les feuilles sur la terre, et la forêt germe et en produit de nouvelles, et le temps du printemps arrive. C’est ainsi que la génération des hommes naît et s’éteint.

Jacqueline de Romily  [2] d’ailleurs ne cherche pas autre chose qu’à montrer combien les métaphores employées par Homère on eut "une riche postérité non seulement à Rome mais dans les littératures européennes, comment ces images sont reprises ensuite par d’autres poètes grecs qui les chargent d’un sens qui lui est personnel."

Nous avons là la raison majeure qui fait de l’Iliade une œuvre à lire impérativement : il s’agit d’un texte fondateur, le premier d’une lignée qui continue jusqu’à nos jours. La connaissance de ce poème épique est ainsi une clef essentielle pour donner plus de profondeur aux œuvres contemporaines que ce soit dans les caractères des personnages, leurs relations, leurs conflits, l’univers mythologique mais aussi dans la narration même.

Dans l’Iliade, lorsque deux héros se rencontrent avant de combattre ils se demandent mutuellement leur filiation. Retenons cette leçon justement et demandons à nos auteurs contemporains quelle est leur filiation. Il y a fort à parier qu’elle remonte jusqu’à Homère.

[1] Philippe Laccottet cité par Jacqueline de Romily dans "Petites leçons sur le grec ancien , Le Livre de Poche, p. 132

[2] ibid

L'auteur Freyr
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