Onirik
L’Etrange Festival 2017 - films hors compétition
Onirik -> Cinéma -> Critiques -> Dernière mise à jour : le vendredi 22 septembre 2017.
Lieu : Paris

du 6 au 17 septembre 2017

L’Étrange festival ne propose pas que des films en compétition, il y a également de nombreux films en hors compétition. Et c’est vraiment intéressant car il y a là beaucoup de films un peu spéciaux qu’on n’aurait pas l’occasion de voir autrement.

Dans ce nouvel article, nous vous parlerons ainsi des autres films que nous avons pu voir au cours de ces 11 jours de folie !

Nous mettons ici les films classés dans l’ordre alphabétique.

Cold Skin, film franco-espagnol de Xavier Gens (2017)
Cold Skin est un film qui a pris beaucoup de temps pour voir le jour, en effet, le projet est dans les tuyaux depuis 12 ans, et finalement, l’attente n’a pas été vaine, car cela a permis d’utiliser des techniques d’effets spéciaux plus convaincants qu’à l’époque. Il est aussi à noter que c’est l’adaptation du roman La peau froide d’Albert Sánchez Piñol.

On est ici en 1914, mais le contexte historique n’est pas vraiment utile étant donné que dans cette histoire, le héros arrive sur une île quasiment déserte (son seul compagnon humain est un fou dans un phare) où il va vivre 1 an. L’intérêt ? C’est qu’il est météorologue et il doit tenir à jour un carnet avec les vents et changement atmosphérique du lieu. L’utilité ? Fondamentalement, on ne sait pas trop. Mais il se retrouve seul, et dès son premier jour dans ce lieu, il découvre que ses soirées ne seront pas aussi calmes que prévu.

Le soir, d’étranges créatures attaquent sa maison, l’isolement et la solitude sont deux éléments qui s’ajoutent à cette angoisse. Et pour survivre, il va devoir demander l’aide de Gruner, le seul autre humain habitant l’île, mais qui est un homme caractériel et peu amical.

Cold Skin est un très beau film, les plans sont magnifiques et le rendu des couleurs également. Cela lui donne une atmosphère froide et particulière, on en est presque à sentir l’eau salée de la mer sur notre langue. Mais ce n’est pas tout, les créatures sont également parfaitement maîtrisées, tout comme l’angoisse qu’elles font peser sur les deux individus. Elles sont tellement nombreuses qu’on ne sait comment ils vont faire sur le long terme et on s’inquiète vraiment pour nos deux personnages humains. Il est cependant dommage que certains éléments ne soient pas plus explicites, on ne comprend pas vraiment pourquoi les créatures ne les attaquent pas en journée alors qu’il semblerait qu’elles le pourraient. Et d’autres petits questionnements font surface. C’est cependant un film vraiment passionnant et envoûtant. (Sortie nationale : date à venir)

Death Of Game, film franco-canadien-américain de Sébastien Landry et Laurence Morais-Lagace (2017)
Premier film du réalisateur, Death of Game reprend un filon classique du survival game. Mais on proposera ici quelques nuances et des questions sur la survie des individus.

Nous avons ici un groupe d’adolescents en vacances chez l’un d’entre eux. Piscine, alcool, drogue et sexe sont de la partie et chacun campe des personnages assez clichés. Ils s’amusent bien jusqu’au moment où ils tombent sur un vieux jeu de société Death of Game et comme ils n’ont jamais vu de film de ce genre, ils vont y jouer une partie. C’est là que vient la nuance dont on parlait, ici, les adolescents ne sont pas obligés de s’entre-tuer comme on peut souvent le voir, non, ici le chiffre 24 leur est attribué et c’est le nombre de personnes qui doivent mourir pour terminer la partie. Autrement, s’ils ne tuent personne, leur tête explose chacun leur tour.

Entre le couple de frère-sœur incestueux et ceux qui veulent les arrêter, le groupe se divise. D’autant plus lorsque la fratrie décide de tuer de sang-froid le nombre de personnes désigné. Ce film est un divertissement plus qu’autre chose. Il effleure quelques questions concernant la mort et qui mérite de mourir. Mais il ne va jamais beaucoup plus loin et s’amuse avec les meurtres. Sans être exceptionnel, on peut passer un bon moment surtout que la réalisation est propre, même si on peut parfois sentir le manque de moyens.

Death Row Family, film japonais de Yuki Kobayashi (2017)
En première mondiale (sortie japonaise en novembre), nous avons pu voir Death Row Family en présence de son réalisateur, Yuki Kobayashi, en jogging doré. Et il faut avouer que le film est tout autant barré que ce monsieur, dans le bon sens du terme. Nous suivons ici une famille de malfrats, deux frères et leurs parents. Les frérots veulent récupérer de l’argent auprès d’une personne qu’ils soupçonnent cacher son argent. L’idée est ainsi de le tuer et de retrouver ces billets, mais dans cette maison, deux autres personnes y vivent, ce qui ne leur facilite pas la tâche.

Ce film est vraiment spécial, les personnages ont une grande nonchalance et les scènes sont très crues. Les scènes de meurtres sont assez longues, car il y a une touche de fantaisie, en effet, les victimes prennent du temps pour mourir… Beaucoup de temps et après maintes et maintes fois. Ils ont beau dire que l’être humain est solide, on vous déconseille de suivre les exemples donnés.

Ajoutons une petite mention spéciale, car à la fin de la projection, le réalisateur nous a gentiment proposé de nous étrangler avec sa serviette, et s’est même proposé en cobaye. Bref, un monsieur sympathique qui incarne vraiment l’âme de ses personnages.

El Ataud de Cristal, film espagnol de Haritz Zubillaga (2016)
Pour ce premier long-métrage, le réalisateur nous amène, comme il le souligne, en enfer, mais le fait de manière distinguée car il nous embarque en limousine.

On suit ici Amanda, une actrice reconnue qui va recevoir un prix pour l’intégralité de sa carrière. Cependant, sa soirée ne se passe pas comme prévue, car elle se fait kidnapper. Une personne ayant du ressentiment contre elle va se venger en la séquestrant et en l’obligeant à faire des actes dégradants. Il s’en suit ainsi d’une soirée de terreur et de violence pour l’actrice.

Malheureusement, les motivations semblent finalement assez faibles, et quelques longueurs persistent alors que la durée du film est assez courte. L’idée de départ est plutôt bonne, pendant un long moment, on est curieux de savoir pourquoi on lui fait subir ces épreuves. On reconnaît tout de même que le réalisateur a une bonne maîtrise des lumières et de la mise en scène. L’esthétisme du film est prononcé et donne une touche particulière au film. Mentionnons également que l’actrice est vraiment convaincante, tout comme un maquillage vraiment soigné.

Kodoku : Meatball Machine, film japonais de Yoshihiro Nishimura (2017)
Ce film est un préquel au film Meatball Machine sorti en 2005. Il a été réalisé par Yoshihiro Nishimura qui est surtout connu pour ses costumes et maquillages ultra poussés (chose qu’on comprendra avec ceux du film). Mais Yoshihiro Nishimura a aussi la possibilité de faire des films complètement déjantés, avec des monstres, des filles dénudées et du sang qui gicle de manière spectaculaire.

Mais pour Kodoku, petit changement dans une première partie de film. Curieusement, nous n’entrons pas dans le vif du sujet très vite. On fait d’abord la connaissance de notre héros quinquagénaire qui veut reprendre sa vie à zéro. Il veut repartir d’un bon pied, sauf que tout ne se passe pas vraiment comme prévu, bien au contraire. Jusqu’au moment où une espèce de sphère géante en verre tombe sur une partie de la ville qui se fait alors envahir par des extra-terrestres parasites qui rentrent littéralement dans le crâne de leurs victimes.

La première partie du film est différente et un peu ennuyeuse même s’il y a déjà plein d’éléments assez loufoques. Mais on sent que c’est une présentation poussée des personnages et des différents protagonistes qu’on retrouvera par la suite sous une autre forme. Car la deuxième partie est simplement jouissive ! Certains humains se font donc parasiter, ils utilisent les boyaux comme armures et se battent avec des têtes ou bras arrachés. Nous sommes dans de l’absurdité, mais aussi dans le divertissement pur et franchement, à partir de ce moment, on ne s’ennuie plus du tout. Nous sommes dans de l’absurdité, mais aussi dans le divertissement pur et franchement, à partir de ce moment, on ne s’ennuie plus du tout.

Mutafukaz, film d’animation franco-japonais de Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard (2017)
est l’adaptation de la bande dessinée du même nom publiée aux éditions Ankama. Ce film d’animation diffusé en film de clôture n’a pas encore de diffuseur, ce qui est plutôt dommage, car le film est vraiment de bonne facture. C’est Orelsan qui donne sa voix au héros à la grosse tête noire, Angelino, et Gringe offre son timbre à son meilleur pote, le squelette Vinz.

Ces deux-là ont une vie de loser dans une ville sans perspective d’avenir. Il va croire que cela est dû au choc, mais une bande armée essaye de se débarrasser de lui, ce qui prouve que quelque chose a bel et bien changé.

Mutafukaz narre ainsi l’histoire d’un garçon au physique déjà bien différent qui n’est finalement pas totalement humain. En plus de la présence de personnages complètement barrés et d’un environnement vraiment hostile, on nous offre la possibilité de découvrir le passé de notre héros, mais également la vérité concernant les dirigeants de notre monde. (Oui, ce film est déconseillé aux complotistes.) Et même si parfois le style des dessins n’est pas parfait et que le rythme peut sembler un peu lent ou inhabituel par rapport aux réalisations du même genre, il est agréable à voir et nous donne vraiment envie de découvrir la BD. C’est aussi un genre de production à soutenir, car il faut bien admettre qu’il y a peu de films d’animation plus dirigés pour les adultes. (Sortie nationale : date à venir)

Ni juge ni soumise, film-documentaire franco-belge de Jean Libon et Yves Hinant (2017)
Documentaire franco-belge, c’est en Belgique que nous allons suivre les déboires d’une vraie juge d’instruction. La présentation de ce film-documentaire nous annonce de faire attention pour les âmes sensibles car humour noir et non-politiquement correct sont au rendez-vous. Notre juge d’instruction a en effet la langue pendue et à force d’années elle se permet des réflexions qu’on n’aurait pas crues. Mais elle est aussi très humaine et curieuse, on sent qu’elle s’intéresse aux gens malgré les bêtises qu’ils peuvent lui dire. Elle a un self-control assez fort car beaucoup d’entre nous seraient soit énervés du comportement des personnes qu’on lui présente, soit en train de mourir de rire.

Mais outre les différents cas que l’on suit sans qu’il n’y ait de continuité, on reprend également la réouverture d’une affaire vieille de plus de 20 ans. Il est intéressant de voir la procédure suivis et de se rendre compte qu’on a aussi finalement des espoirs de sa résolution, mais il faudra voir le documentaire pour savoir le fin mot de l’histoire. Voilà un film-documentaire où on ne voit pas le temps passer, la juge d’instruction est vraiment une personnalité intéressante et amusante. Et puis, c’est vraiment drôle de voir ses interactions avec les policiers, les avocats et les personnes qu’on lui amène. (Sortie nationale le 7 février 2017)

Sweet Virginia, film américain de Jamie M. Dagg (2017)
Premier film du réalisateur, Sweet Virginia débute fort par le meurtre de sang-froid de trois individus dans un restaurant. Mais la suite se révèle décevante, le tueur va venir loger dans un petit motel dirigé par notre héros, gérant amant d’une épouse veuve. Rapidement sont montrés les liens entre les différents protagonistes. Une autre veuve commanditaire du meurtre de son époux qui doit payer un tueur près de ses sous. Et une amitié qui semble naître entre ce gérant et ce tueur.

On aurait clairement pu avoir une intrigue pleine de tension et nous faisant frissonner. Mais ce n’est malheureusement pas le cas, l’ambiance noire donnée fait un flop et on s’ennuie à de nombreux moments. Il est triste de voir que même les moments où les personnages bougent un peu sont mous. De plus, on ne s’attache pas aux personnages, on n’arrive pas à s’attacher non plus à eux, sauf peut-être la relation du gérant et de sa fille de coeur qui se révèle touchante. Mais on ne sait pas assez de choses pour nous émouvoir plus.

Ce film avait du potentiel, mais il s’essouffle beaucoup trop vite.

The Villainess, film sud-coréen de Byeong-gil Jeong (2017)
(Sortie DVD : en février 2018) On suit l’histoire de Sook Hee qui commence par décimer tout un gang avant de se faire arrêter par la police. La jeune femme est ensuite transférée au sein d’une organisation de tueurs professionnels. Elle veut mourir et abandonner sa vie, elle découvre cependant qu’elle était enceinte. Un contrat est alors mis en place entre elle et l’organisation, elle doit donner 10 ans de sa vie puis pourra vivre sa vie comme elle l’entend.

Le film est violent, sanglant, avec des scènes d’action magnifiquement chorégraphiées. Il y a cependant quelques soucis, d’abord dans la narration, il y a des sauts dans le temps, et de multiples flash-back, et au début, on se perd un peu, car il n’y a aucune transition et rien est expliqué. Rajoutons également que la mise en scène empêche d’apprécier toute la saveur des combats, car on se retrouve avec des images parfois un peu brouillons qui bougent dans tous les sens. Mais outre cela et le scénario qui est finalement assez classique, c’est un film solide et intéressant que nous avons ici.

Les longueurs ne se ressentent pas trop et l’atmosphère sombre nous emporte. On aura un petit faible pour Sung Joon qui joue Hyun Soo, un beau garçon de l’organisation qui tombe amoureux de notre héroïne, et le charisme inébranlable de la cheffe de mission qui crève vraiment l’écran. Il faut également mentionner Kim Ok Bin (Sook Hee) qui est convaincante en tueuse et qui nous bluffe lorsqu’elle change de visage. (Sortie nationale : DVD en février 2018.)

Tokyo Vampire Hôtel, film japonais de Sion Sono (2017)
Tokyo Vampire Hôtel  est un film réalisé par Sono Sion, ce film est en réalité la reprise de la série télévisée du même nom diffusée sur Amazon Prim. (9 épisodes de 30 minutes). Il nous a été précisé que le film reprend environ les 2 premiers épisodes avec des scènes additionnelles et une fin alternative. Ces informations en main, on comprend alors plus facilement pourquoi certains éléments sont passés sous silence et pourquoi on ne sait pas ce qui arrive à certains personnages.

On nous invite dans ce film à découvrir une nouvelle race de vampire qui essaie d’éradiquer les descendants de Dracula venus de Roumanie. En 1999, trois enfants sont nés à un moment spécial, ces enfants pourront aider l’une ou l’autre partie à dominer l’autre. C’est pourquoi, le soir où elle va fêter ses 22 ans, Manami va se faire pourchasser. La jeune femme d’abord insouciante aura à ses trousses, Yamada (et ses costumes douteux) mais aussi l’intrigante K, à qui elle aura aussi du mal à faire confiance.

Voilà un film avec hémoglobine et couleurs, mais on ne se lasse pas tant le rythme et les combats sont ajustés avec brio à la bande son. On nous conditionne à frémir d’avance quand les scènes d’action arrivent et on en redemande. De plus l’extravagance des lieux et des personnages font qu’on n’arrive pas à détester les « méchants » et qu’on les apprécie même. Voilà une histoire survoltée qui ne plaira pas à tous vu le style déjanté, mais rempli parfaitement son rôle de divertissement. Attention, il ne faut pas détester le sang et les morts spectaculaires.

Une prière avant l’aube, film français de Jean-Stéphane Sauvaire (2018)
Une commande faite au réalisateur, Une prière avant l’aube est l’adaptation cinématographique de l’autobiographie du même nom de Billy Moore. Il y narre son histoire lorsqu’il était boxeur clandestin et dealer de drogue en Thaïlande. Suite à cela, il se fait attraper par les forces de police locale et se retrouve enfermé dans une prison de Klong Prem.

Il ne connaît pas la langue, il est le seul occidental au milieu des tatoués et délinquants thaïlandais, c’est une cible facile. On nous montre aussi la violence et la dureté de cette prison où les prisonniers vivent entasser les uns sur les autres et où la mort ou le viol est si vite arrivé. On nous montre une réalité crue et sans fioriture. D’ailleurs, les prisonniers sont tous des acteurs non-professionnels qui sont déjà passés par la case prison afin de donner une touche de réalisme en plus.

Comme le héros, on ressent parfois l’angoisse de la solitude, jusqu’au moment où il décide de s’en sortir en découvrant le club de boxe thaïlandaise. Ce lieu est une providence dans la brutalité de la prison, c’est un statut à part d’arriver là. Voilà un film qui nous montre ainsi comme Billy Moore a vécu et pu survivre dans le milieu carcéral thaïlandais. Une prière avant l’aube touche, et même si on n’arrive pas à s’identifier à Billy tant son milieu semble différent du notre, la conclusion est bouleversante. (Sortie nationale : 31 décembre 2017)


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