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Ghost in the Shell - Avis +/-
Onirik -> Cinéma -> Critiques -> Dernière mise à jour : le mercredi 29 mars 2017.

Le film réussit là où on l’attend, dans le divertissement d’action autant visuel que sonore et nous embarque dans un univers futuriste et réaliste qui n’a pas l’ambition de faire réfléchir le spectateur, ce qui est plutôt dommage



film américain de Rupert Sanders (2017)

Présentation du film

Le Major, hybride humain-cyborg - première du genre – est un agent spécial à la tête de l’unité d’élite Section 9.

Chargée d’arrêter les plus dangereux criminels et extrémistes, la Section 9 va affronter un ennemi dont l’unique but est d’anéantir les avancées en cyber technologie de la société Hanka Robotic.

Avis de Hiromichi

Ghost in the Shell est un film qui a été tourmenté dans sa préparation, notamment à cause de la polémique concernant le choix de son actrice principale pour incarner le Major. C’est Scarlett Johansson qui prête ses traits et son talent au personnage androïde. Une héroïne sombre et peu expressive relevant de sa condition robotique.

Le Major est la première en son genre, la première de sa « race » relevant d’un transhumanisme et d’une immortalité que beaucoup recherche. Pour l’entreprise Hanka Robotic, qui est sa créatrice, elle est une arme, la première version d’un élément subordonné et invincible. Elle est à la tête de l’unité de la Section 9, une cellule spéciale anti-terroristes et auteurs de crimes particulièrement graves, ainsi, c’est son équipe qui est sur le coup lorsque plusieurs scientifiques de la fameuse entreprise se font assassiner.

On se plonge ainsi dans un monde cyber-punk où la modification du corps s’apparente à un changement de vêtements plus ou moins onéreux. Une meilleure vue, un changement d’organe afin de le rendre plus résistant, une ville noyée sous les hologrammes, les trafiquants d’amélioration cybernétiques, et quelques humains qui ne veulent pas changer ou n’ont pas les moyens. Cependant, toutes ces modifications faisant qu’on est sans cesse connecté laissent champ libre à une cybercriminalité accrue permettant une accessibilité directe à l’esprit de chacun. La manipulation est au coeur du sujet, et on se pose l’éternelle question de ce qu’est l’humanité.

On suit ainsi le Major avec ses questions existentielles, ses nouveaux bugs liés à un virus, et un criminel hackeur qui semble vouloir lui faire passer un message. Le Major va découvrir que le monde n’est pas si manichéen que ce qu’elle peut bien l’imaginer et que les nuances existent chez tout le monde.

Ce film est visuellement très puissant même s’il y a un peu de moins de combats que ce qu’on aurait pu imaginer, chacun d’entre eux est une danse chorégraphiée de manière impeccable. Les effets de lumière, les ralentis, c’est un style qu’on apprécie… Ou pas, de plus c’est accessible pour ceux qui n’aiment pas vraiment l’hémoglobine, car les individus étant souvent robotisés, ça ne gicle pas dans tous les sens, bien qu’on ait parfois un accès direct sur la chaire de certains personnages.

C’est un film qui se trouve cependant parfois à la limite du jeu vidéo, on sent l’inspiration et on a l’impression d’être au coeur d’une cinématique. Il est d’ailleurs vraiment regrettable que la fin ne soit pas aussi léchée que la première intervention du Major. Les adversaires nous semblent, en effet, plus faibles que dans les premières minutes du film. Il y a un clair essoufflement, comme il y a le choix de certains raccourcis.

Il est aussi dommage qu’on ne voit pas plus le Major avec son équipe de la section 9, à part Batou et Aramaki, on apprend à connaître très peu les autres personnages, on ne s’y attache pas – limite, on ne connaît pas leur nom - même si certaines de leurs répliques vont nous faire sourire. C’est également le cas avec le Major au début du film, mais heureusement, plus son histoire avance plus on a envie de la soutenir dans son isolement, il émane du personnage une sorte de froideur et solitude découlant directement de sa condition, il est, de ce fait, agréable de la voir évoluer, son masque se craquelle et nous permet de voir sa détresse.

Nous avons ici un film de divertissement qui en met plein la vue et les oreilles, la bande son est vraiment bonne, mais qui manque de profondeur dans le scénario et l’attache entre les personnages. De plus, certaines personnes trouveront sans doute qu’il y a parfois un abus sur les effets spéciaux ce qui peut détacher du film.

Avis de Chris

Le Major est une humaine unique en son genre : sauvée d’un terrible accident et dotée de capacités cybernétiques, elle est devenue un agent à la tête d’une unité d’élite, chargée de mettre les plus dangereux criminels hors d’état de nuire. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule capable de l’anéantir.

Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti. Rien ne l’arrêtera plus dans sa recherche de vérité sur son passé.

Basé sur le manga de renommée internationale Ghost in the Shell de Masamune Shirow, Le film Ghost in the Shell a été entièrement tourné en prises de vue réelles. Les effets spéciaux sont ici particulièrement importants et bluffants.

Les premières images du film ainsi que la bande sonore donnent le ton : sérieux, sombre, graphiquement osé et centré sur le personnage du Major, joué par Scarlett Johansson. On nous la présente directement comme une jeune femme unique en son genre et très puissante, partagée entre son humanité (le Ghost) et sa robotisation (le shell). De plus, elle possède des pouvoirs cybernétiques la rendant quasi invulnérable. Nous la suivons dans un monde futuriste où la technologie est omniprésente. Néanmoins, le spectateur n’est pas perdu malgré une plongée dans les rues bruyantes et bondées entourées d’immeubles et de spots publicitaires (les sponsorisations sont à peine dissimulées) en images de synthèse.

Les humains peuvent tous être améliorés ou se cacher derrière une technologie de pointe qui leur permet de communiquer télépathiquement ou d’améliorer leur capacité. Là où ça devient dangereux, c’est qu’étant connectés tout le temps, lorsqu’un ennemi peut contrôler les esprits en les hackant, l’unité anti-criminelle de la section 9 entre en oeuvre, avec à sa tête le Major.

Le film est une super-production aidée de têtes d’affiche connues sur le plan international. Le jeu des acteurs est plutôt bon avec une mention spéciale à Scarlett Johansson qui arrive à insuffler de l’émotion à son corps robotique. Mais les autres acteurs n’ont pas à pâlir. Le jeu de Michael Pitt dans le rôle de Kuze est le plus touchant. Sa souffrance autant psychologique que physique est palpable. Le caractère bourrin au coeur tendre de Batou (Pilou Asbæk) et la scientifique non modifiée (Juliette Binoche) donnent cet élan d’humanité qui manque au film. En effet, on ne voit que très peu d’humain non modifiés à croire que cet univers fait passer la technologie avant le reste.

Nous ne savons pas exactement où se situe la région qu’on nous présente, mais ça se rapproche très fortement du Japon ou d’un pays asiatique, où toutes les ethnies sont représentées, ainsi que la multitude de langues dont les principales sont le japonais et l’anglais. Nous pourrions également nommer le langage informatique qui fait partie intégralement de la vie.

La bande son est très présente ce qui met le spectateur dans une ambiance instable et futuristes avec des sonorités électro-rock qui collent parfaitement au film.

Quant à la réalisation, elle anoblie la 3D. D’ailleurs, on sent que ça été pensé pour que la 3D ne soit pas futile. Certains plans rendent toute la profondeur des lieux et donnent du peps aux images de synthèses.

De plus, il y a de belles chorégraphies visuelles qui mettent à l’honneur l’environnement, comme la bataille se passant dans une vaste étendue inondée. Outre la violence, les combats sont presque dansants et stylisés. Des ralentis font la part belle à des coups portés réfléchis et millimétrés pour l’esthétique du film.

Côté scénario, il est assez simple, mais efficace. Pas mal de scènes attendues, tandis que d’autres sont rehaussées par une photographie sublime. La prévisibilité de scènes importantes donne à penser que le film a été conçu surtout pour le visuel et moins pour la profondeur de l’histoire qui aurait pu être plus complexe. Néanmoins, cela permet au spectateur ne connaissant pas l’œuvre originale de pouvoir s’approprier les codes et l’univers sans se voir noyer par les informations. De plus, il reste beaucoup de points en suspens. Peut-être qu’une suite serait envisageable puisque le film raconte les origines du Major.

En revanche, on ne connait pas bien les enjeux autour des personnages secondaires ni leurs liens. Nous suivons seulement le Major, mais nous ne connaissons pas les liens qui l’unissent avec les autres personnages si ce n’est qu’avec la scientifique, le Dr Ouelet. Seulement, il aurait été appréciable de connaître aussi les enjeux de Daisuke Aramaki, le passé de Batou et le fait qu’il soit si proche du Major…

Plusieurs scènes laissent perplexe quant au choix des enchaînements des situations. C’est d’ailleurs assez cliché : le repenti qui se sacrifie, les méchants qui finissent par tomber, les gentils qui survivent et un bon gros boss peu habile. On ne comprend pas pourquoi le début est si beau et technique alors que la fin est si peu aboutie et clichée, elle fait vraiment penser à une confrontation de dernier boss de jeu vidéo.

Cependant, le film nous fait un peu réfléchir sur la dualité qui s’exerce entre les nouvelles technologies et l’humain. Jusqu’où l’humanité peut-elle aller éthiquement parlant ? La technologie est-elle un bien fait ou au contraire quelque chose qui nous asservit ? Bien que ces questions soient posées, les réponses restent assez en surface et sont vite oubliées pour laisser place à la quête identitaire du personnage principal.

Enfin, le film réussit là où on l’attend, c’est-à-dire dans le divertissement d’action autant visuel que sonore, qui nous embarque dans un univers futuriste et réaliste que beaucoup souhaiteraient vivre, mais qui n’a pas l’ambition de faire réfléchir le spectateur, ce qui est plutôt dommage.

Fiche technique

Sortie : 29 mars 2017
Durée : 107 minutes
Avec : Scarlett Johansson, Pilou Asbæk, Michael Pitt, Juliette Binoche...
Genre : Action, Science fiction, Thriller


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