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Onirik -> Cinéma -> Critiques -> Dernière mise à jour : le lundi 25 novembre 2013.

Images choc, silences lourds de sens et climat noir, très noir... Le film de Nicolas Winfing Refn s’impose comme un must du genre ! Le film a reçu le Prix de la mise en scène à Cannes en 2011.



film américain de Nicolas Winfing Refn (2011)

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Présentation officielle

Un jeune homme solitaire, "The Driver", conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et peu bavard, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant - et au volant, il est le meilleur !

Shannon, le manager qui lui décroche tous ses contrats, propose à Bernie Rose, un malfrat notoire, d’investir dans un véhicule pour que son poulain puisse affronter les circuits de stock-car professionnels. Celui-ci accepte mais impose son associé, Nino, dans le projet.

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C’est alors que la route du pilote croise celle d’Irene et de son jeune fils. Pour la première fois de sa vie, il n’est plus seul. Lorsque le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide pourtant de lui venir en aide. L’expédition tourne mal…

Doublé par ses commanditaires, et obsédé par les risques qui pèsent sur Irene, il n’a dès lors pas d’autre alternative que de les traquer un à un…

Avis de Claire

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Cela ressemble à un film de course-poursuite classique ou à un film de gangsters, mais Drive est bien plus que cela. Tourné dans un Los Angeles méconnaissable, limite déprimant, forêt de béton et de routes larges et implacables, le film impose avec délicatesse son atmosphère oppressante et décalée.

De notre héros, peu loquace, nous ne savons presque rien, on ne saura jamais son nom par exemple, il n’est que "le chauffeur", "un bon gars" ou "le voisin". Il est également tour à tour complice muet de braquages, cascadeur pour le cinéma, mécanicien à mi-temps, chevalier des temps modernes, véritable lonesome cowboy de la Cité des Anges.

Le jeune homme mène une vie solitaire, retirée. De jour, il bosse un peu dans un garage, son patron semble être son seul ami, et il joue sa vie à pile ou face dans des cascades périlleuses pour le cinéma. Une vraie tête brûlée. De nuit, il sert de chauffeur à des malfrats pour des braquages, leur offrant sa discrétion, quelques minutes de son temps et sa conduite impeccable.

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La scène d’ouverture est un véritable passage d’anthologie, entre accélérations et pauses, images feutrées de la ville la nuit, bande-son composée de radio locale et fréquence de la police, sirènes et coups de frein, pas besoin de dialogues. Les deux malfrats à l’arrière de la voiture, eux-mêmes, en restent comme deux ronds de flanc. Comme le spectateur, ils sont bringuebalés dans l’aventure et en ont le souffle coupé.

Le jeu de Ryan Gosling, qui trouve là un rôle extraordinaire et qui confirme son énorme potentiel après Crazy, stupid love et Blue Valentine, passe beaucoup par les yeux au bleu métallique, profond et intense, par la gestuelle contrôlée de sa silhouette longiligne, bref une vraie performance.

Son personnage peut passer en un instant d’une douceur absolue à la violence la plus extrême à la Tarantino, voire parfois à la David Lynch. Jouant à fond la carte du décalage, le réalisateur filme des courses poursuites inédites, alterne avec des scènes au ralenti, déstructurant ainsi le cliché du genre, bravant les codes [1].

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En archétype du héros au cœur d’or et malheureux, (la belle demoiselle en détresse qu’il rencontre, Irene, n’est pas libre, son mari sort bientôt de prison), Ryan Gosling est tout simplement parfait. Les deux hommes se comprennent, malgré la tension sous-jacente. D’ailleurs, le chauffeur vient en aide au mari (Oscar Isaac, vu il y a quelques mois dans Sucker Punch), "pour un dernier coup", chez les gangsters purs et durs, on sait bien ce que cela veut dire.

Dans le rôle de l’épouse, on retrouve l’anglaise Carey Mulligan [2], formidable, dont on sait qu’elle tenait absolument à jouer ce personnage complexe, fragile en apparence, qui apparaît comme un double féminin du héros, parlant peu mais exprimant beaucoup avec des regards appuyés, des gestes mesurés, des silences étudiés.

Le piège se referme, et le jeune homme n’a pas d’autre choix que de céder à la violence pour protéger ceux qu’il aime, Irène et son fils Benicio, image d’Epinal d’une famille qu’il rêve d’avoir. Sans pitié, de chauffeur, il devient vengeur, traquant impitoyablement des hommes de la pire espèce...jusqu’au final, magistral ! [3]

Fiche technique

Sortie : 5 octobre 2011
Durée : 100 minutes
Avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Albert Brooks, Oscar Isaac, Christina Hendricks, Ron Perlman, Cesar Garcia
Genre : action

[1] Le générique est par exemple écrit tout en rose avec une connotation très seventies

[2] On l’avait adorée dans Never let me go où elle volait littéralement la vedette à Keira Knightley

[3] On pense inévitablement à Clint Easwood, époque Inspecteur Harry

L'auteur Claire Saim
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