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De rouille et d’os - Avis +
Onirik -> Cinéma -> Critiques -> Dernière mise à jour : le dimanche 20 mai 2012.
film franco-belge de Jacques Audiard (2012)

Présentation Officielle

Ça commence dans le Nord.

Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau.

A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau.

Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions. Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre.

Avis de David

Film terriblement efficace.

On pouvait craindre une histoire vue de trop nombreuses fois sur le pauvre paumé qui redonne le goût de vivre à la petite bourgeoise meurtrie. Jacques Audiard n’est pas tombé de la dernière pluie et évite le pathos et le déjà-vu cinématographique.

Le réalisateur va ainsi à l’essentiel : la compassion [1] n’est qu’une utopie, quand on souffre c’est toujours seul. Que cette souffrance soit consécutive à un accident handicapant, à sa situation de caissière paupérisée luttant pour "joindre les deux bouts", ou dans le cas d’Ali, père célibataire, la violence à fleur de peau qu’il ne peut laisser s’exprimer que dans des combats de rue.

Pour affronter cette solitude intrinsèque à la condition humaine, les destins se lient avec une simplicité qui peut prêter à sourire, quand par exemple Ali offre ses services sexuels à Stéphanie pour vérifier que ’tout fonctionne’. L’essentiel réside dans cette simplicité. Reconnaître simplement sa souffrance, sa violence enfouie, sa solitude, ses sentiments, ses besoins. En parler avec simplicité, sans honte ni fards.

La force du film est de mettre en avant cette simplicité de manière juste et précise sans intellectualisme, sans jugement, et sans la complexifier, sans trop en dire. Nul besoin de dire ce qu’on comprend avec un regard, une hésitation, un mouvement de main.

Les acteurs y sont pour beaucoup évidemment avec certes Marion Cotillard mais surtout le remarquable Matthias Schoenaerts. La photographie du film est aussi remarquable et se marie parfaitement avec l’histoire.

Film en compétition à Cannes, gageons qu’il ne va pas repartir bredouille.

Fiche Technique

Sortie : 17 mai 2012

Avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Armand Verdure...

Genre : drame

Durée : 95 minutes

[1] ’souffrir avec’ par étymologie

L'auteur Freyr
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