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1666 - Avis +
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le dimanche 19 septembre 2010.

Un roman brillant qui nous transporte à Eyam dans le Derbyshire au temps de la grande épidémie de peste de 1666.



Editeur : 10/18

roman de Geraldine Brooks

Présentation de l’éditeur

1666
L’année de la grande peste en Europe. Punition de Dieu infligée aux hommes ou intervention du Malin ? Les passions s’exacerbent, la peur se répand et la trame fragile du tissu social se délite.

Eyam, un village perdu du centre de l’Angleterre, n’est pas épargné par l’épidémie et ses habitants décident de se mettre en quarantaine sous l’influence d’un pasteur au charme ambigu. Très vite, Anna Frith, une jeune servante qui élève seule ses deux enfants, se distingue par son abnégation dans les soins qu’elle prodigue aux malades et le courage qu’elle affiche lorsque la superstition renaît et entraîne une chasse aux sorcières meurtrière.

Dans cet huis clos suffocant où les hommes se révèlent diaboliques, cette jeune femme sans éducation fera triompher la générosité et la raison, au péril de sa vie.

Avis d’Enora

Pour son premier roman, Geraldine Brooks s’est inspirée de l’histoire authentique des habitants du village d’Eyam, dans le Derbyshire. En 1666 alors que la peste sévissait, ils prirent la décision de fermer leur village afin de ne pas répandre l’épidémie de peste à l’extérieur.

D’abord une précision, en lisant la présentation de l’éditeur on a l’impression de se retrouver dans une énième version des sorcières de Salem, il n’en est rien. 1666 est un roman à huis clos, dans lequel la peste ainsi que la peur de la mort vont exacerber le caractère de tous les habitants.

Certains vont révéler leur égoïsme ou leur mesquinerie, d’autres au contraire leur abnégation et leur courage. La méconnaissance de la propagation de la maladie va entraîner la recherche de boucs émissaires et comme la religion n’est jamais très loin des superstitions, les femmes libres qui connaissaient le pouvoir des plantes et le don de soigner, vont être accusées de sorcellerie. Car la méfiance, la bêtise et l’intolérance peuvent se révéler plus mortelles que le virus de Yersin.

Anna Frith est une très jeune veuve qui élève seule ses deux garçons et travaille au presbytère auprès du pasteur Michael Mompellion et sa femme Elinor. Entre ces trois personnages vont se créer des liens extrêmement complexes dont la résolution finale est surprenante d’originalité. Cette année de peste va apporter à Anna son lot de souffrance mais lui permettra aussi de se dépasser. Sa soif de connaissance mais aussi son amour des autres la feront aussi bien se pencher sur la médecine que la pharmacopée ou la mine.

A travers ce roman, Geraldine Brooks explore la vie d’un village anglais au XVIIe siècle, ses croyances, ses habitudes ainsi que la place des femmes. Elle brosse les portraits de deux très beaux personnages féminins, l’un appartenant à la riche bourgeoisie, l’autre à la servitude.

1666 est un roman initiatique qui nous amène à l’aube du monde moderne quand le fanatisme côtoyait les balbutiements de la science, une histoire de la vie d’hommes et de femmes ordinaires plongées dans des événements extraordinaires, un roman d’amour peu conventionnel aussi. Avec un réel talent de conteuse, Geraldine Brooks nous livre un premier roman historique, documenté, subtil et brillant.

A noter que son second roman La solitude du docteur March a été couronné par le Prix Pulitzer.

Fiche technique

Format : poche
Pages : 334
Editeur : 10/18
Collection : Domaine Etranger
Sortie : 2004
Prix : 7,40 €


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