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Sale temps à l’hôtel El Royale - Avis +
Onirik -> Cinéma -> Critiques -> Dernière mise à jour : le mardi 6 novembre 2018.

Sale temps à l’hôtel El Royale nous retourne avec beaucoup d’intelligence tout en nous tenant fermement prisonnier de l’hameçon qu’on a avalé : de bons acteurs et un scénario original sortant magnifié par une réalisation de velours dans un gant de fer. Génial !



film américain de Drew Goddard (2018)

Présentation officielle

Janvier 1969. Alors que Richard Nixon entame son mandat comme 37e président des États-Unis, une nouvelle décennie se profile. À l’hôtel l’El Royale, un établissement autrefois luxueux désormais aussi fatigué que ses clients, sept âmes aussi perdues les unes que les autres débarquent.

Situé sur la frontière entre la Californie et le Nevada, l’El Royale promet la chaleur et la lumière du soleil à l’ouest, et l’espoir et les opportunités à l’est. Il incarne parfaitement le choc entre passé et présent. Autrefois, célébrités et personnalités politiques influentes s’y côtoyaient, au casino, au bar, à la piscine ou dans les suites somptueuses. Mais l’âge d’or du Royale est bel et bien révolu.

Dans cet hôtel oublié des riches et des puissants depuis longtemps, un prêtre, une chanteuse de soul, un voyageur de commerce, une hippie et sa sœur, un homme énigmatique, et le gérant de l’hôtel vont se retrouver par hasard… ou pas. Au cours d’une nuit comme seul le destin sait les orchestrer, tous auront une dernière chance de se racheter, avant que l’enfer ne se déchaîne…

Avis de Valérie

Trois personnes se retrouvent à attendre que le concierge de l’hôtel El Royale veuille bien venir les enregistrer. Le premier arrivé est Laramie Seymour Sullivan, et il tient à son avantage. Représentant en aspirateurs, il est à la fois charismatique et névrotique. Ex-aequo le père Flynn, qui semble un peu perdu, mais très prévenant, et Darlene Sweet, une femme noire qui n’est pas épargnée par les remarques mesquines et racistes du VRP.

Lorsque Miles, le manager, arrive enfin à l’accueil, une quatrième personne se présente, une jeune femme à l’allure hippie réclame une chambre. Évidemment, tous cachent un secret, tout comme cet hôtel qui de grandiose est devenu grandiloquent avec le passage du temps. Il a pourtant hébergé la fine fleur de la Californie et du Nevada, lors de gigantesques fêtes où acteurs et politiciens étaient invités.

Car l’hôtel est idéalement placé, à cheval sur la frontière entre les deux Etats, il possède des machines à sous d’un côté, mais l’autorisation de boire de l’alcool de l’autre. Seul commandant à bord, le jeune Miles semble pouvoir remplir toutes les tâches, mais apparaît fragilisé lorsqu’il comprend qu’un prêtre est son client.

Cette introduction ne permet pas de connaître toutes les surprises que ce scénario original réserve. À la fois rendu réaliste par la violence qu’il affiche, comme idéalisé grâce à la plongée dans le temps, le spectateur pense souvent savoir, mais voit surtout défiler les cauchemars de l’Amérique cristallisés par l’établissement.

Kennedy, la mafia, la ségrégation, la famille Manson, la guerre du Vietnam... tout cela blesse l’âme américaine qui va bientôt plonger dans le mouvement Peace & Love, pour ne pas vraiment en sortir grandie. Malgré 2 heures 20 de film, on ne s’ennuie pas, captivé par l’histoire et par la violence que cela entraîne. Pourtant tous ces problème socio-historiques ne sont qu’esquissés.

Outre un scénario en béton et une réalisation qui sait prendre son temps sans jamais nous ennuyer, l’atout du film est une interprétation au cordeau. On le savait, Dakota Johnson est géniale, mais ce n’est pas une surprise, tout comme Jeff Bridges ou Jon Hamm... Mais Chris Hemsworth dévoile autre chose que ses pectoraux et des abdos en béton, on ne l’imaginait pas aussi fin dans les nuances de gris qui virent au noir profond. Tout comme Cynthia Erivo dont la voix sublime permet d’oublier tout, même la violence ! Mais pourquoi on ne l’a jamais vue avant ?

Les deux révélations du film sont Cailee Spaeny et Lewis Pullman. Tous les deux sont jeunes mais incroyablement bons, surtout ce dernier qui n’en finit pas de donner des nuances à son jeu. Les voir nous entourlouper avec un tel talent permet de totalement nous captiver. Et d’attendre, consentants, la suite !

Sale temps à l’hôtel El Royale nous retourne avec beaucoup d’intelligence tout en nous tenant fermement prisonnier de l’hameçon qu’on a avalé : de bons acteurs et un scénario original sortant magnifié par une réalisation de velours dans un gant de fer. Génial !

Fiche Technique

Sortie : 7 novembre 2018

Durée : 222 minutes

Avec Jeff Bridges, Cynthia Erivo, Chris Hemsworth, Cailee Spaeny, Dakota Johnson, Lewis Pullman

Genre : thriller

Attention, le film contient de nombreuses scènes de violence

L'auteur Valérie Revelut
Son site : Onirik
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