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Le rêve de Marigny - Avis +
Onirik -> Littérature -> Critiques -> Dernière mise à jour : le samedi 15 septembre 2012.

Un splendide roman historique retraçant la vie du petit frère de la marquise de Pompadour, dont l’influence sur le Paris architectural d’aujourd’hui est immense. Un texte passionnant, qui nous transmet l’extraordinaire enthousiasme de Marigny pour l’architecture



Editeur : JC Lattès

roman de Monique Demagny

Présentation officielle

Peut-on imaginer Paris sans la place de la Concorde (et l’hôtel de la Marine) ? Sans le Panthéon ? La Madeleine ? La grande percée des Champs-Élysées de la Concorde à Neuilly ? Sans le théâtre de l’Odéon ? Tout cela, nous le devons à Marigny. On l’a pourtant oublié, conservant seulement pour une mémoire très vague le carré Marigny, l’avenue Marigny, le théâtre Marigny, l’hôtel Marigny.

Alors qui était Marigny ? Lorsqu’il découvre la cour, c’est un jeune provincial, sans titre, sans terre et sans soutien, si ce n’est l’amour inconditionnel de sa sœur, la favorite du roi, la marquise de Pompadour. Elle a de grands projets pour lui. Grace à elle, il s’instruit, voyage en Italie, s’entoure des esprits les plus brillants qui deviendront ses plus fidèles amis : le graveur Charles Nicolas Cochin et l’architecte Jacques Germain Soufflot. À 23 ans, il est promu directeur des bâtiments du roi, charge écrasante. Vingt-deux ans plus tard, lorsqu’il quitte son ministère, Paris est transformé. Il a aimé, soutenu et protégé les arts et les artistes, apporté un goût nouveau, malgré les jalousies et ses nombreux ennemis.

Dans ce roman passionnant, Monique Demagny raconte l’homme, le visionnaire sensible, l’amoureux de l’Italie, des actrices, le « petit frère » de la marquise de Pompadour à qui il devait tant.

Avis d’Artemis

Le rêve de Marigny est un splendide et touchant roman historique, relatant la vie du petit frère de Jeanne Poisson, marquise de Pompadour, favorite du roi Louis XV.

Ce livre est écrit dans un style littéraire fluide et soigné. Monique Demagny, son auteur, a un véritable talent pour raconter des histoires, et raconter l’Histoire. C’est avec talent qu’elle nous narre l’intimité de ce personnage, son attachement réciproque fort à sa sœur, la passion qu’il développe pour l’architecture, sans oublier l’immense héritage architectural qu’il laisse à Paris.

L’auteur fait débuter son récit alors qu’Abel François Poisson doit se préparer à la charge de directeur général des Bâtiments du Roi. Sa grande sœur, « Reinette », le protège, l’encourage, l’aime. Car le climat n’est pas évident. La Pompadour, née Poisson est critiquée pour son manque de noblesse. Son frère est surnommé « marquis d’avant-hier », sobriquet trouvant son origine dans le titre récemment accordé par le roi de marquis de Vandières.

La première partie de la carrière de Vandières consiste donc à un long voyage pour le préparer à sa charge. Ce voyage en Italie va être déterminant pour l’homme comme pour le futur directeur. C’est tout d’abord l’histoire d’une magnifique amitié avec Soufflot, l’architecte lyonnais et Cochin, le dessinateur et graveur, qui l’accompagnent dans ce périple. Leur attachement personnel et professionnel continuera tout le long de leur vie. Le voyage contient aussi une dimension diplomatique, dans laquelle il excelle.

Côté apprentissage, Vandières est aussi marqué par ce voyage en Italie : tout le surprend, l’interpelle, le fascine, l’intéresse. A la lecture de cette partie du livre, le lecteur ressent le bonheur de la découverte, la curiosité qui anime les trois amis, l’envie d’apprendre… Cela va de la découverte du théâtre à l’italienne (à l’époque, cette structure n’est pas encore existante en France), ou encore la fascination pour la beauté pour les paysages d’Italie (pour l’Académie, les paysages n’existaient pas pour eux-mêmes mais accueillaient une scène ou un personnage).

La mort prématurée du directeur général des Bâtiments du roi sonne le début de la carrière de Vandières. Il peut alors prouver sa valeur, et mettre en place multiples projets qui redessineront Paris en partie, malgré les difficultés financières auxquelles sont soumis maints projets (notamment le Louvre, en piteux état). Il n’est alors plus seulement le petit frère, son travail et son enthousiaste dévouement à sa charge sont reconnus.

Et ce sont les architectes, plus que les peintres ou tout autre artisan qui fascinent Vandières :
Ceux-là bâtissaient bien plus que des maisons, des monuments, ils posaient les jalons de l’avenir, les repères de demain. Par le miracle de leur création, la ville, et la vie par là même, ne serait plus jamais pareille. Il y avait dans leur œuvre quelque chose d’immuable qui s’apparentait à l’éternité.  [1]

En un mot, Le rêve de Marigny [2] est une grande réussite qui nous raconte la vie de ce défenseur et amoureux des arts qu’a été le petit frère de la Pompadour.

Fiche technique

Format : broché
Pages : 343
Editeur : JC Lattès
Collection : Romans historiques
Sortie : 21 mars 2012
Prix : 19 €

[1] Extrait p.269

[2] Marigny étant le marquisat qu’il reçoit du roi au cours de sa carrière

L'auteur Artémis
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