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Le Musée des Merveilles - Avis +/-
Onirik -> Cinéma -> Critiques -> Dernière mise à jour : le lundi 13 novembre 2017.
film américain de Todd Haynes (2017)

Présentation officielle

Adapté du roman de Brian Selznick, l’auteur de Hugo Cabret, Le Musée des Merveillles suit sur deux époques distinctes les parcours de Ben et Rose. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente ; Ben rêve du père qu’il n’a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d’une mystérieuse actrice (Julianne Moore).

Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère (Michelle Williams) l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.

Avis d’Anna

We are all in the gutter and some of us are looking at the stars (« Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains regardent les étoiles »), écrivait Oscar Wilde (Lady Wildemere’s Fan, 1893). Cette citation que l’on trouve au début du film sonne comme une injonction pour les personnages principaux. À travers les quêtes personnelles et singulières de Ben et Rose, c’est la narration d’un puzzle familial qui est en jeu. Ces enfants, l’un frappé par le deuil, et l’autre par une autre forme de perte, sont déterminés à trouver ce qui leur manque le plus au monde : l’amour mais aussi leur famille.

C’est sur le récit croisé de ces deux destins que repose Le Musée des Merveilles. Le ressort narratif des récits enchâssés est utilisé pour raconter l’histoire de deux familles américaines sur plusieurs générations, d’une période allant de 1927 à 1977, de Hoboken (New Jersey) au Minnesota, en passant par New York. Ce procédé consiste à raconter simultanément, par un montage court et dynamique des scènes, des vies ou des événements qui renseignent par l’illustration du passé, le temps présent des protagonistes principaux. Et Todd Haynes le maîtrise clairement. Cependant, à force de vouloir trop en dire et montrer, le réalisateur perd le spectateur.

En effet, l’astuce tombe à l’eau car le montage beaucoup trop rapide, par moment, déraille l’élan narratologique. Cela fait que la concentration du spectateur en pâtit. Cette technique tourne au gimmick, ne sert pas le propos du film et lui donne des longueurs superflues.

Si la famille et l’enfance sont des thèmes exploités, ils servent ici de faire-valoir à un personnage colossal et inattendu du film : la ville. Mais ce n’est pas n’importe quelle ville. Le film paye un hommage tout en subtilité à New York.

Miette par miette, on note des similitudes dans les intentions esthétiques. À commencer par la diversité des décors new-yorkais et la mise en perspective de son éclectisme et de sa grandeur. Ce n’est pas pour rien que la carrière de l’actrice, jouée par Julianne Moore, y explose et la transforme en héroïne nationale.

Les médias de l’époque font sur cette sorte de Miss America un battage médiatique. Ce n’est pas non plus un hasard que l’histoire culmine à l’American Museum of Natural History et au Queens Museum, deux lieux riches en histoire pour la ville, mais aussi sa population.

Les héros y trouvent leurs points d’accroche et leurs origines. Tel un historien, Haynes peint à travers le cinéma, une histoire plus importante que celle de ses personnages. Ces familles éparpillées et ces destins singuliers incarnent l’essence même de New York, dont l’histoire est intrinsèquement liée aux flux migratoires. La Grosse pomme est un énorme composite, à l’image de ces personnages et de leurs quêtes.

Cette ville encapsule tous les espoirs des héros et est le terrain d’un jeu de piste où enfance, imagination, amitié et famille tiennent une place proéminente. C’est sa mise en avant comme terre de toutes les promesses et réussites que le réalisateur accomplie. Ce n’est pas tant l’histoire qui capte les yeux du spectateur mais l’attention prêtée aux détails qui font de New York une ville et une vie rêvées, digne des écrans de cinéma. Elle est la terre promise de Ben et de Rose qui s’y découvrent et se connectent à leurs histoires familiales.

Par ailleurs, le magnifique diorama à la fin du film est une excellente métaphore pour la quête des héros. Ainsi, cette ville devient la métaphore du cabinet des merveilles pour ces enfants. L’émerveillement est dans la ville et ses opportunités.

Fiche technique

Sortie : 15 novembre 2017
Durée : 117 minutes
Avec Oakes Fegley, Julianne Moore, Michelle Williams, Millicent Simmonds
Genre : drame
Distributeur : Metropolitan Film Export

L'auteur Anna Rabe
Son site : Kulture Fokus
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du 11 au 19 novembre 2017


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